{"id":1701,"date":"2019-01-15T11:00:41","date_gmt":"2019-01-15T10:00:41","guid":{"rendered":"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/?p=1701"},"modified":"2019-01-17T11:10:16","modified_gmt":"2019-01-17T10:10:16","slug":"loeuf-tous-les-jours-il-nous-bluffe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/index.php\/2019\/01\/15\/loeuf-tous-les-jours-il-nous-bluffe\/","title":{"rendered":"L\u2019\u0153uf, tous les jours il nous bluffe. [en cours]"},"content":{"rendered":"<h1>\u0152ufs et cancers<\/h1>\n<p>Une \u00e9tude nationale canadienne sur l&rsquo;apport alimentaire en cholest\u00e9rol en rapport avec le cancer a conclu que non seulement, r\u00e9duire l&rsquo;apport en cholest\u00e9rol aide \u00e0 pr\u00e9venir les maladies cardiovasculaires, mais peut aussi r\u00e9duire les risques de cancer. Par cons\u00e9quent, la limitation de graisse animale et cholest\u00e9rol est une \u00ab\u00a0mesure de sant\u00e9 publique favorable\u00a0\u00bb. Toutefois, l&rsquo;\u00e9tude n&rsquo;a pas trouv\u00e9 qu&rsquo;une consommation \u00e9lev\u00e9e de cholest\u00e9rol avait une corr\u00e9lation avec tous les cancers. Ils ont trouv\u00e9s une corr\u00e9lation positive entre un apport \u00e9lev\u00e9 en cholest\u00e9rol et le cancer de l&rsquo;estomac, du colon, du rectum, du pancr\u00e9as, du poumon, du sein, du rein et de la vessie. Mais \u00e9tait associ\u00e9 n\u00e9gativement au cancer de la prostate (1).<\/p>\n<p>Mais, si l&rsquo;on regarde des \u00e9tudes sur le cancer de la prostate, les \u0153ufs, qui sont l&rsquo;une des principales sources de cholest\u00e9rol dans l&rsquo;alimentation, une analyse group\u00e9e de 15 \u00e9tudes cohortes prospectives ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es que ceux qui mangent 25 grammes par jour ou plus d&rsquo;\u0153ufs (\u00e9quivalent \u00e0 un demi-\u0153uf par jour), avaient 14% de plus de risque de cancer de la prostate avanc\u00e9 et fatal. Sans en \u00eatre s\u00fbr, l&rsquo;explication probable serait que les \u0153ufs contiennent des quantit\u00e9s consid\u00e9rables de choline, que certaines mauvaises bact\u00e9ries dans l&rsquo;intestin peuvent transformer en TMAO toxique (2).<\/p>\n<p>Il semble y avoir \u00e9galement une relation dose-r\u00e9ponse. L&rsquo;augmentation de la consommation de cinq \u0153ufs par semaine peut augmenter le risque de cancer mortel de la prostate de 47%, mais pas de relation avec le cancer de la prostate en g\u00e9n\u00e9ral (fig.4). Le responsable ne serait pas forc\u00e9ment le cholest\u00e9rol, m\u00eame si une grande quantit\u00e9 de cholest\u00e9rol peut favoriser la prolif\u00e9ration rapide et la croissance des cellules canc\u00e9reuses, mais il y a aussi la choline et les prot\u00e9ines animales qui peuvent toutes lier la consommation d&rsquo;\u0153ufs au risque de cancers du sein, de l&rsquo;ovaire et de la prostate (3).<\/p>\n<p>Si l&rsquo;on regarde la progression du cancer de la prostate sur des hommes ayant d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 trait\u00e9 contre le cancer de la prostate, qui ont eut une prostatectomie radicale (ablation totale de la prostate), et essayant d&#8217;emp\u00eacher le cancer de revenir. En regardant l&rsquo;alimentation, une tr\u00e8s grande consommation d&rsquo;\u0153ufs (ici, un \u0153uf entier par jour) a \u00e9t\u00e9 associ\u00e9 \u00e0 une probabilit\u00e9 de r\u00e9currence de la maladie de haut grade, ce qui signifie une forme agressive de cancer revenant (4).<\/p>\n<p>La consommation d&rsquo;\u0153ufs est \u00e9galement associ\u00e9e \u00e0 un risque accrue de cancer de l&rsquo;ovaire, \u00e9l\u00e9ment connu depuis plus de 15 ans. Les \u0153ufs peuvent \u00e9galement \u00eatre une source d&rsquo;amines h\u00e9t\u00e9rocycliques, de produits chimiques canc\u00e9rig\u00e8nes qui se forment lors de la friture \u00e0 haute temp\u00e9rature (5). R\u00e9sultat coh\u00e9rent avec les donn\u00e9es sur le cancer de la vessie, sugg\u00e9rant que la consommation d&rsquo;\u0153ufs au plat pourrait doubler le risque de cancer, mais pas les \u0153ufs durs (6). Les chercheurs consid\u00e8rent la teneur \u00e9lev\u00e9e en cholest\u00e9rol des \u0153ufs, comme l&rsquo;explication la plus plausible du cancer de l&rsquo;ovaire. Manger beaucoup d&rsquo;aliments riches en cholest\u00e9rol peut augmenter la formation d&rsquo;acides biliaires toxiques, qui peuvent au minimum affecter le cancer colorectal et le cancer du poumon (5).<\/p>\n<p>Il semble d&rsquo;ailleurs y avoir un relation dose-r\u00e9ponse pour la consommation d&rsquo;\u0153ufs et les cancers de l&rsquo;intestin. M\u00eame quelques \u0153ufs par semaine (moins de trois \u0153ufs par semaine) peuvent \u00eatre associ\u00e9s \u00e0 19% d&rsquo;augmentation du risque de cancer colorectal, mais manger trois \u0153ufs ou plus par semaine peut augmenter le risque jusqu&rsquo;\u00e0 71% (7). Pour le cancer du sein, on note une augmentation significative du risque une fois que les femmes prennent environ 5 \u0153ufs par semaine (fig.2) (3).<\/p>\n<p>La mise en relation de toutes les \u00e9tudes ne changent en rien les conclusions pr\u00e9c\u00e9dentes. La consommation d&rsquo;\u0153ufs reste associ\u00e9e \u00e0 un risque accrue du cancer du sein. Une seule portion d&rsquo;\u0153ufs peut d\u00e9passer de 40% l&rsquo;ancienne limite quotidienne de 300mg (en France c&rsquo;est toujours la limite recommand\u00e9e) (8). Les nouvelles recommandations US pr\u00e9conisent de manger le moins possible de cholest\u00e9rol alimentaire possible (9).<\/p>\n<h2>Choline et cancer<\/h2>\n<p>Voir : <a href=\"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/index.php\/2018\/09\/08\/choline-et-cancer\/\">cet article<\/a><\/p>\n<h2>Les \u0153ufs et la flore intestinale<\/h2>\n<p>L&rsquo;Homme est une communaut\u00e9 ambulante compos\u00e9 non seulement de l&rsquo;homo-sapiens qui tient le r\u00f4le d&rsquo;h\u00f4te, mais \u00e9galement de milliards de micro-organismes symbiotiques commensaux dans l&rsquo;intestin humain et sur toutes les surfaces du corps humain. Il y a plus de cellules bact\u00e9riennes dans notre intestin que de cellules humaines dans l&rsquo;ensemble de notre corps. Seulement 10% de l&rsquo;ADN de notre corps est humain. Le reste est dans notre microbiome. Notre microbiote intestinal bact\u00e9rien sert de filtre pour notre plus grande exposition \u00e0 l&rsquo;environnement : \u00ab\u00a0ce que nous mangeons\u00a0\u00bb. Car la nourriture est techniquement parlant, un corps \u00e9tranger que nous ing\u00e9rons chaque jour en grande quantit\u00e9. Et la communaut\u00e9 microbienne en chacun de nous influence consid\u00e9rablement la fa\u00e7on dont nous faisons l&rsquo;exp\u00e9rience des repas. Par cons\u00e9quent, notre m\u00e9tabolisme et l&rsquo;absorption des aliments se produit \u00e0 travers ce filtre de bact\u00e9ries. Mais si nous mangeons beaucoup d&rsquo;aliments d&rsquo;origine animale, nous pouvons favoriser la croissance des bact\u00e9ries qui convertissent la <strong>choline et la carnitine<\/strong> de ces aliments en <strong>TMA<\/strong>, trim\u00e9thylamine, qui peuvent \u00eatre oxyder en <strong>TMAO<\/strong> et faire des ravages dans les art\u00e8res, augmentant le risque de crise cardiaque, d&rsquo;AVC et de mort (10). Cette transformation de choline en TMA est connue depuis plus de 40 ans. Le lien n&rsquo;\u00e9tait pas en rapport avec les maladies cardiovasculaires \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, mais parce que ces <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/M%C3%A9thylamine\">m\u00e9thylamines<\/a> pourraient former des <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Nitrosamine\">nitrosamines<\/a>, qui ont marqu\u00e9s l&rsquo;activit\u00e9 canc\u00e9rog\u00e8ne (11).<\/p>\n<p>La choline se trouve essentiellement dans la viande, les \u0153ufs, les produits laitiers et les c\u00e9r\u00e9ales raffin\u00e9es (12).<\/p>\n<p>En 1970, il existait d\u00e9j\u00e0 une relation entre les \u0153ufs et le cancer du c\u00f4lon, mais c&rsquo;\u00e9tait seulement sur des donn\u00e9es \u00e9cologique (table VI) (13), montrant que les pays ayant une forte consommation d&rsquo;\u0153ufs ont tendance \u00e0 avoir des taux de cancers plus \u00e9lev\u00e9s (fig.1) (14). Ce genre d&rsquo;\u00e9tude ne permettant pas de d\u00e9terminer ce lien de mani\u00e8re certaine.<\/p>\n<p>En 2014, une m\u00e9ta-analyse confirme que les \u0153ufs peuvent en effet jouer un r\u00f4le dans le d\u00e9veloppement (7). Alors qu&rsquo;aucune relation n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverte entre la consommation d&rsquo;\u0153ufs et le d\u00e9veloppement des polypes pr\u00e9canc\u00e9reux (16), ce qui sugg\u00e8re que les \u0153ufs pourraient \u00eatre plut\u00f4t impliqu\u00e9s dans la phase de promotion de la croissance du cancer, acc\u00e9l\u00e9rant sa croissance, plut\u00f4t que d&rsquo;initier le cancer en premier lieu (7).<\/p>\n<p>Il est alors possible que le <a href=\"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/index.php\/2018\/09\/05\/tmao-oxyde-de-trimethylamine\/\">TMAO<\/a> fait \u00e0 partir de la choline issue des produits d&rsquo;origine animale comme les \u0153ufs ou la viande est responsable de la promotion de la croissance du cancer (15). M\u00eame r\u00e9sultat dans une autre \u00e9tude, dans l&rsquo;\u00e9tude Initiative sur la sant\u00e9 des femmes, il a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 que les femmes ayant les plus haut niveaux de TMAO dans le sang avaient approximativement un risque 3 fois plus \u00e9lev\u00e9 du cancer du rectum, sugg\u00e9rant que les niveaux de TMAO peuvent servir comme pr\u00e9dicteur potentiel d&rsquo;un risque accru de cancer colorectal (16). Bien qu&rsquo;il existe plus de preuve pour un risque \u00e9lev\u00e9 de cancer du sein (fig.2 et fig.4) (3). Une \u00e9tude sur le TMAO et le cancer a examin\u00e9 le cancer de la prostate et a trouv\u00e9 un risque plus \u00e9lev\u00e9 (Table 4) (17).<\/p>\n<p>L&rsquo;alimentation a longtemps \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme un facteur primordial dans la sant\u00e9. Cependant, avec la r\u00e9volution du microbiome de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, nous avons commenc\u00e9 \u00e0 comprendre comment l&rsquo;alimentation peut affecter l&rsquo;aller-retour entre nous et notre int\u00e9rieur (18), et toute l&rsquo;histoire sur la TMAO est comme une preuve tangible dans les interactions\u00a0 bact\u00e9ries intestinales et maladie (19). Puisque la choline et la carnitine sont les principales sources de production de TMAO, la strat\u00e9gie logique d&rsquo;intervention pourrait \u00eatre de r\u00e9duire la consommation de produits d&rsquo;origine animale. Et une alimentation \u00e0 base de plantes durant une bonne p\u00e9riode de temps peut r\u00e9ellement changer nos communaut\u00e9s microbiennes intestinales, de sorte qu&rsquo;elles ne seraient plus en mesure de produire du TMAO m\u00eame si nous essayons (10). Il est maintenant prouv\u00e9 que nous sommes ce que nous mangeons (20).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1>Les \u0153ufs et le diab\u00e8te<\/h1>\n<p><a href=\"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/index.php\/2018\/10\/14\/diabete\/\">Voir ici.<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li><a href=\"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/hu2011.pdf\">Hu J, La vecchia C, De groh M, et al. Dietary cholesterol intake and cancer. Ann Oncol. 2012;23(2):491-500.<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Wu2016.pdf\">Wu K, Spiegelman D, Hou T, et al. Associations between unprocessed red and processed meat, poultry, seafood and egg intake and the risk of prostate cancer: A pooled analysis of 15 prospective cohort studies. Int J Cancer. 2016;138(10):2368-82.<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/keum2015.pdf\">Keum N, Lee DH, Marchand N, et al. 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Gastroenterology. 2015 May;148(6):1107-19.<\/a><\/li>\n<\/ol>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u0152ufs et cancers Une \u00e9tude nationale canadienne sur l&rsquo;apport alimentaire en cholest\u00e9rol en rapport avec le cancer a conclu que<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1701"}],"collection":[{"href":"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1701"}],"version-history":[{"count":23,"href":"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1701\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1751,"href":"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1701\/revisions\/1751"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1701"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1701"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1701"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}