{"id":2148,"date":"2022-02-26T21:43:09","date_gmt":"2022-02-26T20:43:09","guid":{"rendered":"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/?p=2148"},"modified":"2022-02-26T21:43:15","modified_gmt":"2022-02-26T20:43:15","slug":"les-cancers-et-le-taux-de-survie-a-5-ans","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/index.php\/2022\/02\/26\/les-cancers-et-le-taux-de-survie-a-5-ans\/","title":{"rendered":"Les cancers et le taux de survie \u00e0 5 ans"},"content":{"rendered":"<p>Le taux de survie en m\u00e9decine est un \u00e9l\u00e9ment statistique massivement utilis\u00e9 pour montrer l\u2019efficacit\u00e9 des d\u00e9pistages mise en place par les instances en place. Ce taux de survie entretien le mythe de l\u2019efficacit\u00e9 des examens de contr\u00f4les. C\u2019est avec l\u2019ancien maire de New-York, Rudy Giuliani qui avait lanc\u00e9 une publicit\u00e9 opposant ses chances de survivre \u00e0 un cancer de la prostate aux \u00c9tats-Unis de 82% avec celle de survivre \u00e0 ce m\u00eame cancer en Angleterre, avec seulement 44% avec une m\u00e9decine socialis\u00e9e, ou on ne <a href=\"https:\/\/www.roche.fr\/fr\/patients\/info-patients-cancer\/diagnostic-cancer\/dosage-psa.html\">teste pas le PSA<\/a> (<i>Prostate Specific Antigen<\/i>) en routine pour le cancer de la prostate. Pour l\u2019ancien maire, \u00e7a signifiait pour lui que ses chances de survie au cancer de la prostate semblaient deux fois plus \u00e9lev\u00e9es ici aux USA qu\u2019en Angleterre. Pourtant, malgr\u00e9 cette importante diff\u00e9rence statistique sur le taux de survie \u00e0 cinq ans, le taux de mortalit\u00e9 \u00e9tait \u00e0 peu pr\u00e8s le m\u00eame aux USA et au Royaume-Uni. Car tester le PSA a augment\u00e9 la survie de 44% \u00e0 82% n\u2019est en soit pas une preuve qu\u2019il sauve des vies (1). Pour deux raisons:<\/p>\n<ul>\n<li>La premi\u00e8re est le biais de temps d\u2019avance au diagnostic. Prenons le cas d\u2019un groupe de patients chez qui un cancer a \u00e9t\u00e9 diagnostiqu\u00e9 \u00e0 cause des sympt\u00f4mes \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 67 ans, tous meurent \u00e0 70 ans. Chaque patient, survit seulement 3 ans. La survie \u00e0 5 ans est donc de 0% ici. L\u2019autre groupe, subit un d\u00e9pistage. Le diagnostique est plus pr\u00e9coce. Supposons qu\u2019il soit vu chez tous les patients \u00e0 60ans. Mais, ils meurent tous \u00e9galement \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 70ans. Chaque patient ici survit 10 ans, amenant le taux de survie \u00e0 5 ans \u00e0 100%. Alors qu\u2019au final, la patient ayant subit le d\u00e9pistage, a subit un traitement contre le cancer pendant 7 ann\u00e9es suppl\u00e9mentaires, diminuant probablement sa qualit\u00e9 de vie. C\u2019est ici la premi\u00e8re fa\u00e7on dant les changements de taux de survie peuvent \u00eatre affect\u00e9s (fig.1)(2).<\/li>\n<li>La deuxi\u00e8me raison est le biais de sur-diagnostic, c\u2019est \u00e0 dire o\u00f9 l\u2019on d\u00e9tecte un cancer qui n\u2019aurait autrement jamais caus\u00e9 de probl\u00e8me. Par exemple, sans d\u00e9pistage, si l\u2019on prend 1000\u202fpersonnes avec un cancer progressif, seulement 400 sont vivants 5 ans plus tard. Donc sans d\u00e9pistage, le taux de survie \u00e0 5 ans est de seulement 40%. Mais avec le d\u00e9pistage, 2000 cancers suppl\u00e9mentaires sont d\u00e9tect\u00e9s via le sur-diagnostic. D\u00e9tectant ainsi des cancers qui n\u2019auraient jamais caus\u00e9s de probl\u00e8mes ou seraient m\u00eame probablement disparus d\u2019eux-m\u00eames. Comme le cancer \u00e9tait inoffensif, 5 ans plus tard, les 2000 personnes suppl\u00e9mentaires sont toujours en vie. Et l\u2019on passe ainsi avec un taux de survie \u00e0 5 ans \u00e0 80% avec pourtant le m\u00eame nombre de personnes d\u00e9c\u00e9d\u00e9s du cancer. C\u2019est une fa\u00e7on dont les taux de survie peuvent changer avec le d\u00e9pistage et ne pas \u00eatre en corr\u00e9lation avec des changements dans les taux r\u00e9els de mortalit\u00e9 par cancer (fig.1)(2).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les taux de survies \u00e0 5 ans issue des d\u00e9pistages, peuvent ne pas \u00eatre en corr\u00e9lation avec des changements r\u00e9els de mortalit\u00e9 par cancer. En fait, la corr\u00e9lation est nulle (pearson r=0) (figure.gauche)\u00a0 (3). La mise en avant de ses statistiques biaisais et hautement trompeur pour les patients, car il n\u2019y a aucun moyen de d\u00e9m\u00ealer le biais de temps d\u2019avance au diagnostique et le biais de sur-diagnostic, \u00e0 partir des donn\u00e9es de survie du d\u00e9pistage, montrant que ses statistiques sont d\u00e9nu\u00e9es de sens quand il s\u2019agit de d\u00e9pistage, c\u2019est pourtant ce que l\u2019on peut voir dans les publicit\u00e9s (4), mais c\u2019est \u00e9galement ce qui est entendu des divers <a href=\"https:\/\/www.gouvernement.fr\/argumentaire\/cancer-du-sein-un-nouveau-programme-de-depistage-organise\">gouvernements<\/a> mais \u00e9galement de \u00ab\u00a0prestigieux\u00a0\u00bb <a href=\"https:\/\/www.ligue-cancer.net\/article\/25946_le-depistage-organise-premiere-arme-anticancer\">centres anti-cancer<\/a> qui essayent de leurrer le public (5).<\/p>\n<p>Le soucis, c\u2019est que m\u00eame les m\u00e9decins ont du mal avec les statistiques et n\u2019ont souvent jamais entendu parler de biais de sur-diagnostic ou de biais d\u2019avance de temps au diagnostic. 54 sur 65 m\u00e9decins interrog\u00e9s sur le biais d\u2019avance de temps au diagnostic ont dit ne pas savoir. Quand aux 11 restant, seuls deux personne ont su l\u2019expliquer (6). Et m\u00eame sans connaitre les termes de vocabulaires, ils ne comprennent pas non plus les concepts inh\u00e9rents aux biais. La majorit\u00e9 des g\u00e9n\u00e9ralistes ne savaient pas quelles statistiques de d\u00e9pistages fournissent des preuves fiables sur l\u2019efficacit\u00e9 du d\u00e9pistage. Ils \u00e9taient d\u2019ailleurs 3 fois plus susceptibles de dire qu\u2019ils recommanderaient certainement un d\u00e9pistage du cancer sur la base de preuves non pertinentes par rapport \u00e0 un test qui diminue effectivement la mortalit\u00e9 par cancer de 20%. Comment les m\u00e9decins peuvent-ils correctement conseiller leurs patients s\u2019ils ne comprennent pas eux-m\u00eames les statistiques clefs sur le cancer. (2). Les m\u00e9decins analphab\u00e8tes en statistiques sont condamn\u00e9s \u00e0 se fier \u00e0 leurs conclusions analphab\u00e8tes en statistiques, ou aux usages locaux, ou aux repr\u00e9sentants de l\u2019industrie et \u00e0 leurs informations (7).<\/p>\n<ol>\n<li><a href=\"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/bmj.f548.pdf\">Gigerenzer G, Wegwarth O. Five year survival rates can mislead. BMJ. 2013;346:f548.<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/0003-4819-156-5-201203060-00005.pdf\">Wegwarth O, Schwartz LM, Woloshin S, Gaissmaier W, Gigerenzer G. Do physicians understand cancer screening statistics? A national survey of primary care physicians in the United States. Ann Intern Med. 2012;156(5):340-9.<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/jama.283.22.2975.pdf\">Welch HG, Schwartz LM, Woloshin S. Are increasing 5-year survival rates evidence of success against cancer?. JAMA. 2000;283(22):2975-8.<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/woloshin2012.pdf\">Woloshin S, Schwartz LM. How a charity oversells mammography. BMJ. 2012;345:e5132.<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/10.2307@40062369.pdf\">Gigerenzer G, Gaissmaier W, Kurz-milcke E, Schwartz LM, Woloshin S. Helping Doctors and Patients Make Sense of Health Statistics. Psychol Sci Public Interest. 2007;8(2):53-96.<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/0272989X10391469.pdf\">Wegwarth O, Gaissmaier W, Gigerenzer G. Deceiving numbers: survival rates and their impact on doctors&rsquo; risk communication. Med Decis Making. 2011;31(3):386-94.<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/i1949-8357-5-2-340.pdf\">Wegwarth O. Statistical illiteracy in residents: what they do not learn today will hurt their patients tomorrow. J Grad Med Educ. 2013;5(2):340-1.<\/a><\/li>\n<\/ol>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le taux de survie en m\u00e9decine est un \u00e9l\u00e9ment statistique massivement utilis\u00e9 pour montrer l\u2019efficacit\u00e9 des d\u00e9pistages mise en place<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2148"}],"collection":[{"href":"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2148"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2148\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2159,"href":"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2148\/revisions\/2159"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2148"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2148"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2148"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}