{"id":2685,"date":"2022-09-03T10:00:18","date_gmt":"2022-09-03T08:00:18","guid":{"rendered":"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/?p=2685"},"modified":"2022-09-03T10:04:47","modified_gmt":"2022-09-03T08:04:47","slug":"perdre-du-poids-sans-sensation-de-faim-hinhinhin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/index.php\/2022\/09\/03\/perdre-du-poids-sans-sensation-de-faim-hinhinhin\/","title":{"rendered":"Perdre du poids sans sensation de faim"},"content":{"rendered":"<p>Il est toujours possible de perdre du poids en mangeant moins de nourriture. C\u2019est d\u2019ailleurs ce principe de base qui est appliqu\u00e9 lors des recommandations di\u00e9t\u00e9tiques. Tout le monde peut donc \u00eatre mince et affam\u00e9. Expliquant ainsi pourquoi les r\u00e9gimes sont rarement durables, car la faim nous pousse \u00e0 manger. Du fait d\u2019un sentiment d\u2019insatisfaction des r\u00e9gimes hypocaloriques, insatiables. Car l\u2019Homme a certes, un certain niveau de contr\u00f4le volontaire, mais l\u2019instinct profond peut finir par l\u2019emporter. On peut faire l\u2019analogie avec la respiration. Il est possible de retenir consciemment son souffle. Mais combien de temps est-il possible de tenir avant que les m\u00e9canismes d\u2019auto-pr\u00e9servation du corps reprennent le dessus et d\u00e9passent l\u2019intention de ne pas ou de moins respirer ? Le corps a une certaine intelligence ind\u00e9pendante, avec des m\u00e9canismes de pr\u00e9servation tr\u00e8s efficace. Mais cette intelligence est limit\u00e9e et ne fonctionne pas dans notre monde d\u2019abondance. Notre corps, ne r\u00e9alise pas lorsque nous sommes en surpoids ou ob\u00e8se et ne laisse pas la possibilit\u00e9 de maigrir. Il est \u00e9galement possible que le corps envoi certains signaux pour \u00e9viter de le devenir, mais que ces signaux soient ignor\u00e9s.<\/p>\n<p>Tant de variables entrent dans le choix de ce que nous mangeons, ainsi que leurs quantit\u00e9s. D\u00e9pendant de facteurs psychologiques, sociaux, culturels et esth\u00e9tiques. Pour enlever tout \u00e7a et ne s\u2019en tenir qu\u2019au physiologique, des chercheurs de l\u2019Universit\u00e9 de Columbia ont con\u00e7u une s\u00e9rie d\u2019exp\u00e9riences \u00e0 l\u2019aide de distributeur de nourriture. Le distributeur de nourriture \u00e9tant un tube reli\u00e9 \u00e0 une pompe qui d\u00e9livrait une bouch\u00e9e d\u2019un liquide insipide \u00e0 chaque fois qu\u2019on appuyait sur le bouton (fig. 1). Les sujets de recherche ont \u00e9t\u00e9 instruit de manger autant ou aussi peu qu\u2019ils le voulaient \u00e0 tout moment. Manger \u00e0 donc \u00e9tait r\u00e9duit \u00e0 juste la pulsion de faim rudimentaire. Sans les attributs habituels de la sociabilit\u00e9, de la c\u00e9r\u00e9monie du repas, et les plaisirs du palais. Quelle quantit\u00e9 les gens seraient-ils pouss\u00e9s \u00e0 manger dans de telles conditions ? En mettant une personne de poids normal dans ce sc\u00e9nario et quelque chose de remarquable se produit. Jour apr\u00e8s jour, semaine apr\u00e8s semaine, avec rien de plus que leur faim pour les guider, ils mangent exactement autant qu\u2019ils en ont besoin, maintenant parfaitement leur poids. Ils avaient besoin d\u2019environ 3000 kcal par jour, et c\u2019est juste la quantit\u00e9 qu\u2019ils se sont donn\u00e9s sans le savoir (fig. 2). Leurs corps semblaient savoir quelle quantit\u00e9 ingurgit\u00e9, combien de fois appuyer sur ce bouton. En mettant une personne ob\u00e8se dans ce m\u00eame sc\u00e9nario et une chose tout aussi remarquable se produit. Pouss\u00e9 par la seule faim, sans le plaisir de manger, ils se contentent d\u2019un total de 275 kcal par jour (fig. 5). Ils pouvaient manger autant qu\u2019ils le voulaient, mais ils n\u2019avaient pas faim. Comme si leur corps savait qu\u2019ils \u00e9taient en surpoids et qu\u2019il r\u00e9duisait naturellement la faim \u00e0 presque rien. Un sujet a commenc\u00e9 \u00e0 180 kg et a r\u00e9guli\u00e8rement perdu du poids. Apr\u00e8s 252 jours \u00e0 siroter ce liquide fade, il a perdu 40kg (fig. 4). Cette d\u00e9couverte a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9 comme signifiant que l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 n\u2019est pas caus\u00e9e par une sorte de perturbation m\u00e9tabolique poussant les gens \u00e0 trop manger. L\u2019\u00e9tude ici sugg\u00e9rant l\u2019oppos\u00e9 de cette hypoth\u00e8se. La suralimentation semble plut\u00f4t \u00eatre fonction du sens que les gens attachent \u00e0 la nourriture au-del\u00e0 de son utilisation comme combustible qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une source de plaisir, ou peut-\u00eatre un soulagement de l\u2019ennui ou du stress. Ici, l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 semble plus psychologique que physique (1).<\/p>\n<p>Des exp\u00e9riences ult\u00e9rieures avec le distributeur de nourriture ont cependant renvers\u00e9s ces conceptions. Si l\u2019on prend des sujets maigres et que l\u2019on double secr\u00e8tement la concentration calorique de la formule, ils ont inconsciemment coup\u00e9 leur consommation de moiti\u00e9 pour continuer \u00e0 maintenir parfaitement leur poids (fig. 2a). Leur corps a en quelque sorte d\u00e9tect\u00e9 le changement dans la charge calorique et envoy\u00e9 des signaux au cerveau pour ingurgiter moins souvent et compenser. Par contre, en faisant la m\u00eame chose avec des personnes ob\u00e8ses, et rien ne change (fig. 2b). Ils continuent \u00e0 toujours se sous-alimenter. Leur corps semble incapable de d\u00e9tecter ou de r\u00e9agir au changement calorique sugg\u00e9rant une incapacit\u00e9 physiologique pour r\u00e9guler les apports. Le cerveau des personnes ob\u00e8ses serait peut-\u00eatre insensible aux signaux internes de sati\u00e9t\u00e9. Ici, les chercheurs ne savent pas si c\u2019est une cause ou un effet. C\u2019est peut-\u00eatre pour \u00e7a qu\u2019ils sont ob\u00e8ses en premier lieu, ou peut-\u00eatre le corps sait \u00e0 quel point il est ob\u00e8se et met fin \u00e0 la pulsion de faim, quelque soit la concentration calorique. En effet, les sujets ob\u00e8ses ont continu\u00e9 \u00e0 perdre r\u00e9guli\u00e8rement du poids en mangeant dans le distributeur, quelle que soit la concentration calorique de la nourriture (fig. 2b) (2). Il faut maintenant voir ce qu\u2019il est possible de faire dans le monde r\u00e9el pour permettre une perte de poids efficace pour les personnes en situation d\u2019ob\u00e9sit\u00e9.<\/p>\n<h2>Les aliments permettant de r\u00e9duire l\u2019app\u00e9tit<\/h2>\n<p>Les prot\u00e9ines sont souvent d\u00e9crites comme \u00e9tant le macronutriment le plus rassasiant. Les gens ont tendance \u00e0 penser qu\u2019ils se sentent plus rassasi\u00e9s apr\u00e8s avoir mang\u00e9 un repas riche en prot\u00e9ines par rapport \u00e0 un repas riche en glucides ou lipides (3). Le tout est de savoir si cette sati\u00e9t\u00e9 est durable. Du point de vue de la perte de poids, les indices de sati\u00e9t\u00e9 ne compte que s\u2019ils finissent par r\u00e9duire l\u2019apport calorique ult\u00e9rieur (4), et m\u00eame une \u00e9tude financ\u00e9e par les industries de la viande, des produits laitiers et des \u0153ufs a reconnu que cela ne semble pas \u00eatre le cas pour les prot\u00e9ines. Quelques heures plus tard, les prot\u00e9ines consomm\u00e9es plus t\u00f4t n\u2019ont pas tendance \u00e0 r\u00e9duire la consommation de calories ult\u00e9rieur (5). Les aliments riches en fibres, peuvent supprimer l\u2019app\u00e9tit et r\u00e9duire la taille des futures repas plus de 10 heures plus tard, le lendemain (6), parce que son site d\u2019action est situ\u00e9 6 m\u00e8tres plus loin, dans l\u2019intestin inf\u00e9rieur (7). Car lorsqu\u2019on insuffle secr\u00e8tement des nutriments \u00e0 la fin de l\u2019intestin gr\u00eale, les gens mangent spontan\u00e9ment jusqu\u2019\u00e0 plusieurs centaines de Calories en moins lors d\u2019un repas. Le cerveau re\u00e7oit le signal qu\u2019il est plein de la t\u00eate aux pieds (8). Car l\u2019Homme est con\u00e7u pour la gloutonnerie. C\u2019est un m\u00e9canisme de protection contre les p\u00e9riodes de p\u00e9nurie. Ceux qui pouvaient s\u2019empiffrer le plus pour constituer les plus grandes r\u00e9serves \u00e9taient plus susceptibles de transmettre leurs g\u00e8nes. Donc nous sommes programm\u00e9 non seulement \u00e0 manger jusqu\u2019\u00e0 ce que notre estomac soit plein, mais jusqu\u2019\u00e0 ce que tout notre syst\u00e8me digestif soit occup\u00e9. Ce n\u2019est que lorsque notre cerveau sent la nourriture jusqu\u2019au bout que notre app\u00e9tit se calme totalement. Les aliments pauvres en fibres sont rapidement absorb\u00e9s d\u00e8s le d\u00e9but, donc une grande partie n\u2019arrive jamais jusqu\u2019\u00e0 l\u2019intestin inf\u00e9rieur. Donc, avec des repas pauvres en fibres, il n\u2019est pas \u00e9tonnant que nous ayons constamment faim et que l\u2019on mange trop ; notre cerveau continue d\u2019attendre la nourriture qui n\u2019arrive jamais. C\u2019est pourquoi m\u00eame les personnes qui ont subi une op\u00e9ration d\u2019agrafage de l\u2019estomac, les laissant avec une minuscule poche stomacale de la taille de deux cuill\u00e8res \u00e0 soupe, peuvent encore manger suffisamment pour reprendre la plupart du poids qu\u2019ils ont initialement perdu. Sans une quantit\u00e9 suffisante de fibres pour transporter les nutriments tout au long de notre tube digestif, nous ne pourrons jamais \u00eatre compl\u00e8tement rassasi\u00e9s (9). Et, comme d\u00e9crit dans la premi\u00e8re exp\u00e9rience sur la perte de poids, la nourriture distribu\u00e9e ne comportait pas de fibres. \u00c0 premi\u00e8re vue, on pourrait voir que supprimer les aspects plaisants de l\u2019alimentation am\u00e8nerait les gens \u00e0 moins manger, mais ce n\u2019est pas ce qui s\u2019est pass\u00e9. Les sujets minces ont continu\u00e9 \u00e0 manger la m\u00eame quantit\u00e9 en absorbant des milliers de calories par jours (fig. 3). Seuls ceux qui \u00e9taient ob\u00e8ses ont cess\u00e9 de manger des milliers de calories (fig. 5). Cela s\u2019est produit par inadvertance sans qu\u2019ils aient apparemment ressenti de diff\u00e9rence. Ce n\u2019est qu\u2019apr\u00e8s que l\u2019alimentation ait \u00e9t\u00e9 d\u00e9connect\u00e9 de la r\u00e9compense que le corps a \u00e9t\u00e9 capable de commencer \u00e0 perdre rapidement du poids (1).<\/p>\n<p>Il semblerait qu\u2019il existe deux syst\u00e8mes distincts de contr\u00f4le de l\u2019app\u00e9tit :\u202fle syst\u00e8me hom\u00e9ostatique et le syst\u00e8me h\u00e9donique. La voie hom\u00e9ostatique maintient notre \u00e9quilibre calorique en nous donnant faim lorsque les r\u00e9serves d\u2019\u00e9nergies sont faibles et supprime l\u2019app\u00e9tit lorsque les r\u00e9serves \u00e9nerg\u00e9tiques sont \u00e9lev\u00e9es. En revanche, la r\u00e9gulation h\u00e9donique, bas\u00e9e sur la r\u00e9compense, peut submerger notre voie hom\u00e9ostatique face aux aliments tr\u00e8s app\u00e9tissants (10). D\u2019une point de vue \u00e9volutif, c\u2019est tout \u00e0 fait logique. Dans les rares situations de notre histoire ancestrale o\u00f9 nous tombions sur une nourriture riche en calories, comme une cachette de miel non gard\u00e9e, il serait logique que notre instinct h\u00e9donique nous pousse \u00e0 engloutir cette denr\u00e9e rare. M\u00eame si nous n\u2019avions pas besoin de calories suppl\u00e9mentaires \u00e0 ce moment-l\u00e0, notre corps ne voudrait pas que nous passions \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de cette rare opportunit\u00e9 (11). Mais ces opportunit\u00e9s sont maintenant l\u00e9gion. Avec des aliments sucr\u00e9s et gras qu\u2019on peut trouver facilement \u00e0 tous les coins de rues, nos pulsions h\u00e9doniques peuvent se retrouver en contr\u00f4le perp\u00e9tuel, \u00e9crasant la sagesse intuitive de notre corps.<\/p>\n<p>La solution \u00e9vidente suite \u00e0 ses exp\u00e9riences, pourrait laisser penser qu\u2019il faudrait ne jamais manger de nourriture avec un bon go\u00fbt. Mais non. Par contre, il peut \u00eatre utile de reconnaitre les effets que les aliments hyper app\u00e9tissants peuvent avoir sur le d\u00e9tournement de nos app\u00e9tits en sapant le meilleur jugement de notre corps (syst\u00e8me hom\u00e9ostatique). Ironiquement, certains chercheurs ont sugg\u00e9r\u00e9 une strat\u00e9gie \u00e9volutive pour combattre l\u2019attrait des calories concentr\u00e9es. Tout comme le plaisir peut prendre le dessus sur notre r\u00e9gulation de l\u2019app\u00e9tit, la douleur aussi. Les aversions alimentaires conditionn\u00e9es est quand nous \u00e9vitions les aliments qui nous ont rendu malades dans le pass\u00e9 (12). Cela peut sembler \u00eatre du bon sens, mais c\u2019est une r\u00e9action profond\u00e9ment \u00e9volutionnaire pouvant d\u00e9fier la rationalit\u00e9 (13). M\u00eame si nous savons avec certitude qu\u2019un aliment particulier n\u2019\u00e9tait pas la cause d\u2019un \u00e9pisode de naus\u00e9es et de vomissements, notre corps peut inextricablement relier les deux (12). Cela arrive par exemple avec les patients canc\u00e9reux sous chimioth\u00e9rapie. Ce consolant eux-m\u00eames avec une friandise pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 avant le traitement peut conduire \u00e0 une aversion \u00e0 leur nourriture pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e si leur corps essaie de faire le lien (11). C\u2019est pourquoi les oncologues peuvent conseiller la strat\u00e9gie du bouc \u00e9missaire consistant \u00e0 ne manger des aliments avant le traitement pour lesquelles l\u2019on est d\u2019accord de ne plus jamais avoir envie de manger \u00e0 nouveau (12). Les chercheurs ont exp\u00e9riment\u00e9 en provoquant des aversions alimentaires en faisant go\u00fbter quelque chose aux gens avant de les faire tourner dans un fauteuil rotatif pour provoquer le mal des transports (14). Par la suite, des psychologues ont sugg\u00e9r\u00e9 ce genre de strat\u00e9gie comme un moyen d\u2019encourager les gens \u00e0 manger moins de nourriture malsaine : les rendre malades de la nourriture en les rendant malade par la nourriture. Ou bien, pourquoi ne pas utiliser le d\u00e9go\u00fbt pour promouvoir une alimentation plus saine ? Heureusement, il y a moyen d\u2019exploiter nos motivations instinctives sans avoir recours \u00e0 la r\u00e9pulsion, l\u2019aversion, ou la nourriture fade.<\/p>\n<h2>La vari\u00e9t\u00e9 comme \u00e9l\u00e9ment de suralimentation<\/h2>\n<p>Varier les aliments, peut tromper la sensation de faim et conduire \u00e0 la suralimentation. Ceci r\u00e9sulte d\u2019un m\u00e9canisme primitif permettant \u00e0 notre corps d\u2019obtenir tous les nutriments essentiels. En deux mots, il s\u2019agit de la diversit\u00e9 alimentaire. Car en mangeant une vari\u00e9t\u00e9 d\u2019aliments, nous augmentons nos chances de satisfaire tous les besoins. Si nous ne mangions que pour notre seul plaisir, nous pourrions nous contenter uniquement de l\u2019aliment ayant nos faveurs \u00e0\u00a0 l\u2019exclusion de tous les autres, mais nous avons une tendance inn\u00e9e \u00e0 changer les choses (15). Nous finissons par manger plus de calories lorsqu\u2019on nous propose trois parfums de yaourts diff\u00e9rents qu\u2019un seul, m\u00eame s\u2019il s\u2019agit de notre pr\u00e9f\u00e9r\u00e9. La variation peut l\u2019emporter sur la sensation (16). Ce caract\u00e8re semble \u00eatre inn\u00e9e et non acquis. En effet, sur une \u00e9tude datant de pr\u00e8s d\u2019un si\u00e8cle, sur des nourrissons fraichement sevr\u00e9s, il est montr\u00e9 que les b\u00e9b\u00e9s choisissent naturellement la vari\u00e9t\u00e9 m\u00eame par rapport \u00e0 leur aliment pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 (17). Cette tendance semble \u00eatre motiv\u00e9e par un ph\u00e9nom\u00e8ne connu sous le nom de sati\u00e9t\u00e9 sensorielle sp\u00e9cifique. Dans les deux deux minutes apr\u00e8s avoir mang\u00e9 un repas, le plaisir du go\u00fbt, de l\u2019odeur, de la texture et de l\u2019apparence des aliments consomm\u00e9s diminue par rapport aux aliments non consomm\u00e9s (15). Notre corps se lasse des m\u00eames sensations et recherche la nouveaut\u00e9 en ravivant notre app\u00e9tit chaque fois qu\u2019un nouvel aliment se pr\u00e9sente. Ceci aide \u00e0 expliquer l\u2019effet du dessert, o\u00f9 nous pouvons \u00eatre gav\u00e9s jusqu\u2019aux oreilles, mais retrouver un second souffle quand le dessert arrive. Ce qui \u00e9tait adaptatif pour nos anc\u00eatres pour maintenir une nutrition ad\u00e9quate peut s\u2019av\u00e9rer inadapt\u00e9 dans l\u2019\u00e8re de l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 (18). Si l\u2019on offre aux gens un repas de quatre plats, ils consomment 60% de calories en plus que lorsqu\u2019on leur pr\u00e9sente le m\u00eame aliment \u00e0 chaque plat (19). Ce n\u2019est pas simplement de l\u2019ennui, le corps a une r\u00e9action physiologique diff\u00e9rente. En leur donnant une gicl\u00e9e de jus de citron, on voit la r\u00e9ponse des glandes salivaires \u00e9voluer avec une s\u00e9cr\u00e9tion moindre de salive lorsqu\u2019on r\u00e9p\u00e9t\u00e9 l\u2019op\u00e9ration de multiples fois. Mais en passant \u00e0 la m\u00eame quantit\u00e9 d\u2019un autre jus, et la salivation remonte en fl\u00e8che (fig. 1). Car notre corps est programm\u00e9 pour r\u00e9agir diff\u00e9remment aux nouveaux aliments (20). Dans la m\u00eame assiette (fig. 1)(21), au m\u00eame repas (fig. 1)(22), ou m\u00eame les jours suivants (fig. 1)(23), plus la vari\u00e9t\u00e9 est grande, plus nous avons tendance \u00e0 manger. En donnant aux enfants le m\u00eame d\u00eener de macaronis au fromage cinq jours de suite, et ils finissent par manger des centaines de calories en moins le cinqui\u00e8me jour, par rapport aux enfants qui ont eu une vari\u00e9t\u00e9 de repas diff\u00e9rents (fig. 1A)(\u202f24). Le simple fait de changer la forme des aliments peut entra\u00eener une suralimentation. Le fait de changer la forme, fait que les enfants de l\u2019\u00e9tude mangent significativement plus (Similar)(fig. 2)(25). Les gens mangeraient jusqu\u2019\u00e0 77% de plus de M&amp;M\u2019s si on leur pr\u00e9sentait 10 couleurs diff\u00e9rentes au lieu de 7, m\u00eame si chaque couleurs ont le m\u00eame go\u00fbt (26).<\/p>\n<p>Mais plus la diff\u00e9rence est grande, plus l\u2019effet est important. L\u2019alternance d\u2019aliments sucr\u00e9s et sal\u00e9s peut avoir un effet particuli\u00e8rement stimulant pour l\u2019app\u00e9tit (15). On peut voir comment, de cette mani\u00e8re, ajouter ne serait-ce qu\u2019un soda \u00e0 un repas de fast-food peut conduire \u00e0 une surconsommation. L\u2019\u00e9ventail stup\u00e9fiant des choix alimentaires modernes peut \u00eatre l\u2019un des facteurs qui conspire \u00e0 saper le contr\u00f4le de notre app\u00e9tit (21). Aujourd\u2019hui, des dizaines de milliers d\u2019aliments diff\u00e9rents sont aujourd\u2019hui vendus. Le soi-disant \u00ab\u00a0r\u00e9gime de supermarch\u00e9\u00a0\u00bb est en fait l\u2019un des moyens les plus efficaces pour faire grossir les rats. Les chercheurs ont essay\u00e9s des granul\u00e9s alimentaires riches en calories, mais les rats mangeaient moins pour compenser. Ils ont donc eu recours \u00e0 un r\u00e9gime plus extr\u00eame en leur donnant des aliments achet\u00e9s dans un supermarch\u00e9, comme des cookies, des bonbons, du bacon et du fromage et les animaux ont pris du poids (27-28). L\u2019\u00e9quivalent humain pour maximiser la prise de poids exp\u00e9rimentale a \u00e9t\u00e9 surnomm\u00e9 le \u00ab\u00a0r\u00e9gime caf\u00e9t\u00e9ria\u00a0\u00bb (29). Il s\u2019agit ici de l\u2019oppos\u00e9 du dispositif de distribution de nourriture de la premi\u00e8re \u00e9tude (1). Ici, les chercheurs ont offert un acc\u00e8s gratuit et \u00e0 volont\u00e9 \u00e0 des distributeurs automatiques \u00e9labor\u00e9s remplis de 40\u202fplateaux avec un grand \u00e9ventail d\u2019aliments comme des p\u00e2tisseries et des frites. Les participants se sont trouv\u00e9s dans l\u2019impossibilit\u00e9 de maintenir un \u00e9quilibre \u00e9nerg\u00e9tique, consommant constamment plus de 120% de leurs besoins caloriques (29).<\/p>\n<p>Il nous faut utiliser cette compr\u00e9hension de la sati\u00e9t\u00e9 sensorielle utilis\u00e9e pour faire prendre du poids aux gens, pour l\u2019user \u00e0 notre avantage. Par exemple, est-ce que limiter la vari\u00e9t\u00e9 de collations malsaines aiderait les gens \u00e0 perdre du poids ? Deux essais randomis\u00e9s ont cherch\u00e9s dans ce sens, mais n\u2019ont pas r\u00e9ussi \u00e0 montrer une perte de poids significative dans le r\u00e9gime \u00e0 vari\u00e9t\u00e9 r\u00e9duite, mais ils n\u2019ont pas non plus r\u00e9ussi \u00e0 convaincre les gens de faire un changement dans leur r\u00e9gime alimentaire. La r\u00e9duction d\u2019un ou deux types d\u2019aliments semble insuffisant pour faire une grande diff\u00e9rence (30-31).<\/p>\n<h2>Exploitation de la sati\u00e9t\u00e9 sensorielle \u00e0 son avantage<\/h2>\n<p>Lorsque l\u2019on mange la m\u00eame chose encore et encore, on finit par l\u2019aimer de moins en moins avec l\u2019habitude. C\u2019est pourquoi par exemple, le dixi\u00e8me carr\u00e9 de chocolat \u00e0 moins bon go\u00fbt que le premier. Il existe un besoin biologique qui nous pousse \u00e0 varier les aliments, pour ainsi avoir plus de chance de coller \u00e0 toutes nos exigences nutritionnelles. Ce besoin, cette caract\u00e9ristique est si puissante que la simple consommation imagin\u00e9e r\u00e9duit la consommation r\u00e9elle. Si l\u2019on demande \u00e0 quelqu\u2019un d\u2019imaginer qu\u2019il mange du fromage encore et encore, et qu\u2019on lui en donne vraiment ensuite, il en mange moins que ceux qui ne se sont pas imagin\u00e9s en train de manger du fromage (32). De ce fait, l\u2019accoutumance pourrait bien \u00eatre une des raisons pourquoi les r\u00e9gimes mono comme le r\u00e9gime de pommes de terre, de la soupe aux choux, le r\u00e9gime flocons d\u2019avoine ou les boissons substituts de repas peuvent en fait r\u00e9sulter en une meilleure adh\u00e9sion et moins de sensation de faim compar\u00e9s \u00e0 des r\u00e9gimes moins astreignants (33). Dans l\u2019\u00e9tude rep\u00e8re \u00ab\u00a0Un index de sati\u00e9t\u00e9 des aliments communs\u00a0\u00bb, dans laquelle des douzaines d\u2019aliments ont \u00e9t\u00e9 test\u00e9s, il a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 que les pommes de terre bouillies \u00e9taient l\u2019aliment le plus rassasiant. 240 calories de pommes de terre sont plus rassasiantes que le m\u00eame nombre de calories de n\u2019importe quel autre aliment test\u00e9. Aucun autre aliment ne s\u2019en approchait (fig.3) (34). La faible densit\u00e9 calorique joue \u00e9videmment un r\u00f4le. Pour manger 240 calories de pommes de terre, les chercheurs ont du donner presque 450g de pommes de terre, compar\u00e9 \u00e0 juste quelques biscuits, par exemple, mais justement ils ont d\u00fb donner aux gens encore plus de pommes, raisins et oranges et malgr\u00e9 \u00e7a, chaque fruit \u00e9tait encore environ 40% moins rassasiant que les pommes de terre. Le r\u00e9gime pommes de terre remporte donc la m\u00e9daille pour le r\u00e9gime le plus rassasiant, mais aussi le plus fade et monotone.<\/p>\n<p>Les r\u00e9gimes mono, o\u00f9 l\u2019on mange juste une chose, sont les champions en terme de non durabilit\u00e9. Et heureusement, car avec le temps, ils peuvent causer de s\u00e9rieuses carences en nutriments, comme avec les pommes de terre blanches, une possible c\u00e9cit\u00e9 due \u00e0 la carence en vitamine A (35). Mais, le pouvoir rassasiant des pommes de terre peut encore \u00eatre utile dans le cadre d\u2019une alimentation classique et non mono.\u00a0 Car les pommes de terre bouillies surpassent le riz et les p\u00e2tes comme plat rassasiant, \u00e9liminant jusqu\u2019\u00e0 200 calories de l\u2019apport calorique d\u2019un repas (36). Compar\u00e9es aux pommes de terre bouillies ou en pur\u00e9e, les frites, m\u00eame cuites au four, ne semblent pas avoir le m\u00eame effet rassasiant (fig. 1)(37).<\/p>\n<p>Pour exploiter l\u2019accoutumance pour perdre du poids, tout en conservant une abondance de nutriments, on peut limiter la vari\u00e9t des aliments mauvais pour la sant\u00e9, tout en accroissant la vari\u00e9t\u00e9 des aliments sains. Ainsi, on peut en m\u00eame temps profiter des effets \u00ab\u00a0coupe-faim\u00a0\u00bb de la monotonie tout en variant son portfolio de fruits et l\u00e9gumes (38). Des \u00e9tudes ont montr\u00e9 qu\u2019une plus grande vari\u00e9t\u00e9 d\u2019aliments denses en calories comme les sucreries et les snacks est associ\u00e9s \u00e0 trop de graisse corporelle, mais une plus grande vari\u00e9t\u00e9 de l\u00e9gumes semble nous en prot\u00e9ger (39). Avec une plus grande vari\u00e9t\u00e9 de fruits, de l\u00e9gumes et de condiments v\u00e9g\u00e9taux, il est possible de manger de plus grandes quantit\u00e9s, passant ainsi \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de choix moins sains (40-41-42).<\/p>\n<p>Comme conclu par deux di\u00e9t\u00e9ticiens de Harvard et de NYU dans un article sur une alimentation vari\u00e9e en tant que strat\u00e9gie n\u00e9glig\u00e9e pour contr\u00f4ler l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 et les maladies chroniques, \u00ab\u00a0choississez et pr\u00e9parez une plus grande vari\u00e9t\u00e9 d\u2019aliments v\u00e9g\u00e9taux\u00a0\u00bb, reconnaissant qu\u2019une plus grande vari\u00e9t\u00e9 d\u2019aliments moins sains pourrait \u00eatre contre-productif (38).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li><a href=\"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/j.1749-6632.1965.tb34828.x.pdf\">Hashim SA, Van Itallie TB. Studies in normal and obese subjects with a monitored food dispensing device. 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