{"id":730,"date":"2018-10-16T19:05:25","date_gmt":"2018-10-16T17:05:25","guid":{"rendered":"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/?p=730"},"modified":"2022-06-01T11:36:59","modified_gmt":"2022-06-01T09:36:59","slug":"diabete-de-type-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/index.php\/2018\/10\/16\/diabete-de-type-1\/","title":{"rendered":"Diab\u00e8te de type 1"},"content":{"rendered":"<p>Le diab\u00e8te de type 1 est une maladie auto-immune qui frappe g\u00e9n\u00e9ralement les enfants et les jeunes adultes, dans lequel leur propre syst\u00e8me immunitaire attaque et d\u00e9truit les cellules du pancr\u00e9as produisant l&rsquo;insuline. Non trait\u00e9, il est mortel, mais m\u00eame avec un apport correct d&rsquo;insuline, la dur\u00e9e de vie peut se voir retirer une dizaine d&rsquo;ann\u00e9e (1). L&rsquo;un des \u00ab\u00a0Saint Graal\u00a0\u00bb de la m\u00e9decin moderne est de comprendre ce qui fait que le corps s&rsquo;attaque lui-m\u00eame, dans l&rsquo;espoir de pouvoir le pr\u00e9venir et le gu\u00e9rir. La susceptibilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique joue un r\u00f4le important, mais la concordance pour le diab\u00e8te de type 1 est de seulement 50% environ chez des jumeaux identiques (signifiant que, m\u00eame si une personne avec le m\u00eame ADN a la maladie, il n&rsquo;y a que 50% de chance de l&rsquo;avoir). Des facteurs externes doivent exister (2).<br \/>\nCertains pays ont des taux faibles, d&rsquo;autres des taux \u00e9lev\u00e9s. Par exemple, le japon a un taux de diab\u00e8te de type 1, 18 fois plus faible que les \u00c9tats-Unis. Et ce n&rsquo;est pas que la g\u00e9n\u00e9tique, car quand les enfants \u00e9migrent, ils ont tendance \u00e0 acqu\u00e9rir le risque de leur nouvelle patrie. Ce qui sugg\u00e8re que \u00e7a doit avoir un rapport avec l&rsquo;environnement, l&rsquo;alimentation ou le mode de vie (3).<br \/>\nLes taux d&rsquo;incidence varient de plus de 350 fois dans le monde entier. Certains pays ont des taux 100 fois plus \u00e9lev\u00e9 que les autres (4). Et c&rsquo;est en hausse dans le monde entier. Les chercheurs ont \u00e9tudi\u00e9 37 populations dans le monde entier et l&rsquo;incidence est en hausse d&rsquo;environ 3% par an. Ils n&rsquo;ont d&rsquo;ailleurs trouv\u00e9 aucune population allant dans l&rsquo;autre direction. Une augmentation de 3% n&rsquo;explique pas le caract\u00e8re g\u00e9n\u00e9tique. Nos g\u00e8nes ne changent pas aussi vite. La croissance a d\u00e9marr\u00e9e aux alentours de la Seconde Guerre mondiale (5). Les meilleurs preuves disponibles sugg\u00e8rent que le diab\u00e8te de type 1 a montr\u00e9 une incidence stable et relativement faible sur la premi\u00e8re moiti\u00e9 du 20\u00e8me si\u00e8cle, suivi d&rsquo;une nette augmentation vers le milieu du si\u00e8cle (6). Le tout est de savoir pourquoi.<br \/>\nUn certain nombre de facteurs ont \u00e9t\u00e9 avanc\u00e9s pour le d\u00e9clenchement du diab\u00e8te chez les enfants, notamment une carence en vitamine D, l&rsquo;exposition au lait de vache ou certaines infections (7).<\/p>\n<h1>La probable incidence du lait dans le d\u00e9veloppement du diab\u00e8te de type 1<\/h1>\n<p>Des comparaisons internationales ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es il y a des d\u00e9cennies, qui ont montr\u00e9 une corr\u00e9lation \u00e9troite entre la consommation de lait et l&rsquo;incidence du diab\u00e8te de type 1, le diab\u00e8te insuline-d\u00e9pendant (fig. 1) qui d\u00e9bute dans l&rsquo;enfance et qui ont montr\u00e9 que jusqu&rsquo;\u00e0 94= de variation g\u00e9ographique de l&rsquo;incidence pourrait \u00eatre expliqu\u00e9e uniquement par des diff\u00e9rences dans la consommation de lait (8). Le pays avec les taux les plus \u00e9lev\u00e9s, la Finlande, a men\u00e9 une grande partie des recherches dans le domaine (9).<br \/>\nUne \u00e9tude montre que moins les b\u00e9b\u00e9s sont nourris au sein, plus le taux de diab\u00e8te de type 1 est \u00e9lev\u00e9 (fig. 2), ce qui a conduit \u00e0 la conclusion que le lait maternel prot\u00e8ge les nouveau-n\u00e9s (10). D&rsquo;autre part, s&rsquo;ils ne re\u00e7oivent pas de lait maternel, ils ont une formule qui contient des prot\u00e9ines de lait de vache. Au cours des premiers mois de la vie, l&rsquo;intestin est particuli\u00e8rement perm\u00e9able aux prot\u00e9ines. Donc peut-\u00eatre que quand notre syst\u00e8me immunitaire attaque les prot\u00e9ines \u00e9trang\u00e8res de vache, le pancr\u00e9as est pris dans le feu crois\u00e9. Mais cela est bas\u00e9 sur des exp\u00e9rimentations animales. Chez les souris sensible, une alimentation contenant de la cas\u00e9ine, prot\u00e9ine du lait de vache produit le diab\u00e8te mais pas chez les rats(9).<br \/>\nLes chercheurs ont pr\u00e9lev\u00e9 du sang d&rsquo;enfants atteints de diab\u00e8te de type 1 pour voir s&rsquo;ils avaient des taux \u00e9lev\u00e9s d&rsquo;anticorps qui attaquent les prot\u00e9ines bovines, par rapport aux t\u00e9moins. Chacun des enfants atteints avaient des anticorps anti-prot\u00e9ines bovines \u00e9lev\u00e9s qui circulaient dans le sang par rapport \u00e0 des niveaux beaucoup plus faible chez les sujets t\u00e9moins (fig. 1)(11).<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9tude de Dahl-J\u00f8rgensen (8) montre un cas \u00e0 part avec l&rsquo;Islande. Ils boivent plus de lait que la Finlande, mais ont cependant moiti\u00e9 moins de diab\u00e8te de type 1.<\/p>\n<p>La consommation de vache chez les enfants et les adolescents a \u00e9t\u00e9 corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 l&rsquo;incidence du diab\u00e8te de type 1, mais seulement si on exclut les donn\u00e9es islandaises. La question de la g\u00e9n\u00e9tique pourrait se poser avec de tels r\u00e9sultats. Le fait est que les islandais sont g\u00e9n\u00e9tiquement similaires \u00e0 d&rsquo;autres pays nordiques (12). Mais pas leur vaches. Le b\u00e9tail islandais a \u00e9t\u00e9 isol\u00e9 des croisements avec d&rsquo;autres races pendant plus de 1000 ans. Il y a deux principaux types de la prot\u00e9ine cas\u00e9ine, A1 et A2 et le b\u00e9tail islandais est diff\u00e9rent car il produit du lait principalement A2. \u00c7a peut expliquer la plus faible incidence du diab\u00e8te de type 1 en Islande (13). La cas\u00e9ine A1 se d\u00e9compose en casomorphine, et non la cas\u00e9ine A2. La casamorphine a des propri\u00e9t\u00e9s opio\u00efdes qui peuvent alt\u00e9rer la fonction immunitaire, augmentant peut-\u00eatre la sensibilit\u00e9 aux infections qui peuvent elles-m\u00eames d\u00e9clencher le diab\u00e8te de type 1 (14).\u00a0 C&rsquo;est le genre de lait d\u00e9livr\u00e9 par la vache Holstein (origine europ\u00e9enne, les classiques noires et blanches) qui repr\u00e9sentent une grande partie du cheptel mondial. \u00c7a a restaur\u00e9 la relation lin\u00e9aire \u00e9troite entre la consommation de lait et le diab\u00e8te de type 1 si on ne regarde que la consommation de cas\u00e9ine A1 (fig. 2) (15).<\/p>\n<p>Des centaines de fr\u00e8res et s\u0153urs de diab\u00e9tiques de type 1 ont \u00e9t\u00e9 suivi pendant une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es environ et ceux qui buvaient beaucoup de lait ont eu environ 5 fois (5,37) le risque de tomber malade (16). Dans les ann\u00e9es 90, un grand nombre d&rsquo;\u00e9tudes ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es. Dans l&rsquo;ensemble, elles ont trouv\u00e9 que l&rsquo;exposition pr\u00e9coce au lait de vache semble augmenter le risque de diab\u00e8te de type 1 d&rsquo;environ 50% (17).<br \/>\nL&rsquo;American Academy of Pediatrics a d\u00e9cid\u00e9 que la prot\u00e9ine du lait de vache peut en effet \u00eatre un facteur important dans l&rsquo;initiation du processus qui d\u00e9truit les cellules productrices d&rsquo;insuline. Ainsi, en \u00e9vitant les prot\u00e9ines du lait de vache, on peut r\u00e9duire ou retarder l&rsquo;apparition du diab\u00e8te de type 1. Une autre raison de mettre l&rsquo;accent sur l&rsquo;allaitement au sein. Et pour les personnes \u00e0 risque, ils les encouragent \u00e0 fortement \u00e9viter les produits contenant des prot\u00e9ines de lait de vache intactes par opposition \u00e0 la formule hydrolys\u00e9e dans laquelle les prot\u00e9ines du lait sont fragment\u00e9es en petits morceaux, qui est utilis\u00e9e pour les enfants souffrant d&rsquo;allergies au lait, ou pourrait potentiellement la rendre moins risqu\u00e9e (18).<\/p>\n<p>Bas\u00e9 sur des \u00e9tudes de populations et des m\u00e9ta-analyses de toutes ces \u00e9tudes d&rsquo;anticorps qui ont sugg\u00e9r\u00e9 que le lait de vache peut servir de d\u00e9clencheur du diab\u00e8te de type 1. Une \u00e9tude pilote a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e l&rsquo;ann\u00e9e suivante (1995) pour voir si les b\u00e9b\u00e9s \u00e0 haut risque g\u00e9n\u00e9tique seraient moins susceptibles de d\u00e9velopper des anticorps qui attaquent ensuite leur propre pancr\u00e9as s&rsquo;ils ont bu la cas\u00e9ine qui a d&rsquo;abord \u00e9t\u00e9 fragment\u00e9e (19). La formule hydrolys\u00e9e a bien sembl\u00e9 r\u00e9duire l&rsquo;apparition d&rsquo;au moins un des anticorps auto-immuns, non pas de deux ou plus, ce qui est plus pr\u00e9dictif de l&rsquo;\u00e9volution de la maladie (20).<br \/>\nCela a suffit pour que les enqu\u00eateurs lancent l&rsquo;\u00e9tude TRIGR (Tentative de r\u00e9duire l&rsquo;incidence du diab\u00e8te chez ceux qui ont un risque g\u00e9n\u00e9tique), un essai prospectif randomis\u00e9 et multinational impliquant la randomisation de milliers de nouveau-n\u00e9s dans 15 pays et s&rsquo;est conclue fin 2017 (19). L&rsquo;\u00e9tude TRIGR conclut qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de diff\u00e9rence entre le lait hydrolys\u00e9 et le lait de vache non modifi\u00e9 (21).<\/p>\n<p>Cette \u00e9tude n&rsquo;a regard\u00e9 qu&rsquo;un groupe particulier d&rsquo;enfant \u00e0 haut risque g\u00e9n\u00e9tique avec du diab\u00e8te dans la famille alors que la grande majorit\u00e9 des enfants qui ont le diab\u00e8te de type 1 n&rsquo;ont pas de famille proche atteinte (22). Mais comme soulign\u00e9 par les auteurs de l&rsquo;\u00e9tude eux-m\u00eames, peut-\u00eatre que le plus important c&rsquo;est que leur \u00e9tude n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue pour tester si le lait de vache est ou non un d\u00e9clencheur de la maladie, mais quel effet la formule \u00e0 la cas\u00e9ine hydrolys\u00e9e pourrait avoir (23). Peut \u00eatre que ce n&rsquo;est pas la cas\u00e9ine, peut \u00eatre que c&rsquo;est l&rsquo;insuline bovine le probl\u00e8me.<\/p>\n<p>Les auto-anticorps de l&rsquo;insuline que le corps humain produit pour attaquer sa propre insuline, apparaissent souvent comme le premier signe chez les enfants pr\u00e9-diab\u00e9tiques. Comme le lait de vache contient de l&rsquo;insuline bovine, pendant que les autres chercheurs \u00e9tudiaient la cas\u00e9ine, cette \u00e9tude de recherche suivait le d\u00e9veloppement des anticorps li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;insuline chez les enfants nourris avec une formule de lait de vache. Ils ont trouv\u00e9 significativement plus d&rsquo;anticorps\u00a0 contre l&rsquo;insuline bovine dans le groupe formule lait de vache (groupe 1) par rapport au groupe allait\u00e9 exclusivement au sein (groupe 2) (fig. 1) (24). Groupe 2 qui peut seulement avoir \u00e9t\u00e9 expos\u00e9 \u00e0 quelques prot\u00e9ines de vache par le lait maternel, si leur m\u00e8re en a bu (25). En outre, les anticorps bovins ont fait une r\u00e9action crois\u00e9e avec l&rsquo;insuline humaine, potentiellement pris entre deux feux, car cela d\u00e9clenche au moins certains cas de diab\u00e8te de type 1 (fig. 2) (24).<br \/>\nComme l&rsquo;autre, une \u00e9tude en double aveugle randomis\u00e9e, mais cette fois, ils ont essay\u00e9 une formule de lait de vache d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;insuline bovine a \u00e9t\u00e9 \u00e9limin\u00e9e. Sans l&rsquo;exposition \u00e0 l&rsquo;insuline bovine, les enfants ont produit, de mani\u00e8re significative, moins d&rsquo;anticorps auto-immuns (26). Ce qui reste \u00e0 savoir, c&rsquo;est si \u00e7a se traduira par moins de cas de diab\u00e8te.<\/p>\n<h1>La probable incidence de la paratuberculose dans le d\u00e9veloppement du diab\u00e8te de type 1<\/h1>\n<h4>Cas du lait :<\/h4>\n<p>Une hypoth\u00e8se plausible est la mimique mol\u00e9culaire. Un g\u00e9n\u00e9rateur \u00e9tranger d&rsquo;anticorps comme une bact\u00e9rie ou un virus qui provoque une r\u00e9ponse immunitaire qui r\u00e9agit de fa\u00e7on crois\u00e9e avec une prot\u00e9ine similaire du pancr\u00e9as (27). Dans les ann\u00e9es 80, une prot\u00e9ine a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9e (28) et dans les ann\u00e9es 90, ils ont r\u00e9alis\u00e9s qu&rsquo;elle ressemblait beaucoup \u00e0 une prot\u00e9ine mycobact\u00e9rienne (29). Les mycobact\u00e9ries sont une famille de bact\u00e9ries qui provoquent des maladies comme la tuberculose et la l\u00e8pre (27). Et tous les enfants diab\u00e9tiques nouvellement diagnostiqu\u00e9s de type 1 ont des r\u00e9ponses immunitaires \u00e0 cette prot\u00e9ine mycobact\u00e9rienne (30). Pourtant la tuberculose et la l\u00e8pre sont en baisse dans le monde mais le diab\u00e8te de type 1 lui est en hausse constante. La possibilit\u00e9 est que l&rsquo;infection soit d&rsquo;origine bovine. Chez le b\u00e9tail, il existe une infection appel\u00e9e la paratuberculose qui a explos\u00e9 avec l&rsquo;industrialisation et la mondialisation de l&rsquo;agriculture animale, et qui provoque la maladie de Johne chez les animaux (31). Maladie reconnue comme un probl\u00e8me d&rsquo;ordre mondial pour l&rsquo;industrie de l&rsquo;\u00e9levage (32).<br \/>\nEn 2006, un chercheur se demandait si la mycobact\u00e9rium paratuberculosis pourrait \u00eatre un \u00e9l\u00e9ment d\u00e9clencheur du diab\u00e8te de type 1 (33) ? Des chercheurs de Harvard d\u00e9cident de tester cette hypoth\u00e8se trouv\u00e9 int\u00e9ressante. Ils ont test\u00e9 l&rsquo;association du MAP ( mycobact\u00e9rium avium paratuberculosis : nom complet) avec le diab\u00e8te de type 1 en recherchant chez les diab\u00e9tiques la pr\u00e9sence de bact\u00e9ries dans le sang. Et la plupart des patients diab\u00e9tiques \u00e9taient positifs \u00e0 la bact\u00e9rie (29\/46 63%) compar\u00e9 \u00e0 seulement une minorit\u00e9 des sujets t\u00e9moins sains (8\/50 16%). Cette preuve de la bact\u00e9rie MAP dans le sang des patients de diab\u00e8te de type 1 pourrait fournir une base importante \u00e0 l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;une cause infectieuse pour le diab\u00e8te de type 1. Ces r\u00e9sultats pourraient avoir des implications pour les pays qui ont les populations de b\u00e9tail les plus importantes et une incidence \u00e9lev\u00e9e de MAP et de diab\u00e8te (34).<br \/>\nEn Sardaigne, la paratuberculose est pr\u00e9sente dans plus de 50% des troupeaux (35). Aux \u00c9tats-Unis, la derni\u00e8re enqu\u00eate en 2007 montre que 68% sont infect\u00e9s par le MAP, en particulier dans les grandes laiteries industrielles avec 95% des laiteries de plus de 500 vaches sont positives (fig. 5) (36).<\/p>\n<p>La voie de contamination la plus important du MAP dans la cha\u00eene alimentaire humaine semble \u00eatre le lait contamin\u00e9, les produits laitiers et la viande provenant des bovins infect\u00e9s, de moutons et ch\u00e8vres. La MAP ou de l&rsquo;ADN de MAP a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9 aussi bien dans le lait cru que pasteuris\u00e9, les laits maternis\u00e9s, la cr\u00e8me glac\u00e9e, les fromages, les tissus musculaires et les organes de la viande au d\u00e9tail (37).<br \/>\nPour d\u00e9montrer la r\u00e9sistance \u00e0 la pasteurisation, des chercheurs ont achet\u00e9 en magasin des centaines de pintes de lait et test\u00e9 la pr\u00e9sence de la bact\u00e9rie MAP vivante dans le lait de d\u00e9tail. R\u00e9sultat, 2.8% contenaient des bact\u00e9ries vivantes de paratuberculose avec pour la plupart des marques au moins un \u00e9chantillon positif. La bact\u00e9rie peut donc survivre \u00e0 la pasteurisation. Si la paratuberculose s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre un d\u00e9clencheur du diab\u00e8te de type 1, alors ces r\u00e9sultats permettre de remettre en cause le lait vendu dans le commerce. Lait qui devrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un vecteur de transmission (38).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Cas de la viande :<\/h4>\n<p>La MAP a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 dans le b\u0153uf, le porc et le poulet (Table 1) (39). Il s&rsquo;agit d&rsquo;un parasite intestinal et malheureusement, la f\u00e9condation f\u00e9cale des carcasses dans les usines d&rsquo;abattage est tout simplement in\u00e9vitable (40). Et \u00e0 moins de cuire excessivement, elle pourrait abriter des bact\u00e9ries de MAP vivantes. Concernant la viande, le b\u0153uf hach\u00e9 peut potentiellement, repr\u00e9senter le plus grand risque pour h\u00e9berger ces bact\u00e9ries de paratuberculose \u00e9tant donn\u00e9 qu&rsquo;une proportion important provient du b\u00e9tail laitiers abattu, qui ont peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 abattus parce qu&rsquo;ils ont le paratuberculose rentrant directement dans la cha\u00eene alimentaire humaine. Il y a \u00e9galement une plus grande pr\u00e9valence de contamination f\u00e9cale dans les ganglions lymphatiques dans la viande hach\u00e9e et le broyage peut enfoncer les bact\u00e9ries au plus profond du hamburger. Compte tenu des preuves et la gravit\u00e9 de l&rsquo;ampleur des probl\u00e8mes potentiels pour la sant\u00e9 humaine, prudence sugg\u00e8re qu&rsquo;il est temps de prendre des mesures afin de limiter l&rsquo;exposition humaine \u00e0 ce pathog\u00e8ne (41). Peut-\u00eatre devrions-nous cesser de faire passer les animaux que l&rsquo;on sait infect\u00e9s dans la cha\u00eene alimentaire humaine (42).<\/p>\n<p>On sait que l&rsquo;exposition au lait est associ\u00e9 avec le diab\u00e8te de type 1 (17), pour la viande, il y a eu une tentative pour d\u00e9m\u00ealer les facteurs nutritionnels, qui pourrait aider \u00e0 expliquer les \u00e9normes diff\u00e9rences dans les taux de diab\u00e8te de type 1 dans les diff\u00e9rentes parties du globe (4). Plus les populations mangent de produits laitiers, plus les taux de diab\u00e8te de type 1 sont \u00e9lev\u00e9s, mais la m\u00eame corr\u00e9lation est applicable pour la viande (fig. 1) donnant de la cr\u00e9dibilit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;hypoth\u00e8se selon laquelle l&rsquo;augmentation des apports alimentaires en prot\u00e9ines animales apr\u00e8s la seconde guerre mondiale peut avoir contribu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;augmentation de l&rsquo;impact du diab\u00e8te de type 1. Il y avait une corr\u00e9lation n\u00e9gative, c&rsquo;est \u00e0 dire protectrice entre la consommation de c\u00e9r\u00e9ales et le diab\u00e8te de type 1 pouvant s&rsquo;ins\u00e9rer dans le contexte g\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;une pr\u00e9valence r\u00e9duite des maladies chroniques chez ceux ayant une alimentation \u00e0 base d&rsquo;aliments d&rsquo;origine v\u00e9g\u00e9tale (fig. 1) (43). Au fil du temps, l&rsquo;augmentation de consommation de viande semble avoir un d\u00e9veloppement parall\u00e8le \u00e0 l&rsquo;incidence accrue de la maladie. Il faut tout de m\u00eame faire preuve de prudence quand \u00e0 l&rsquo;interpr\u00e9tation de ces comparaisons pays par pays, \u00e9tant donn\u00e9 le fait qu&rsquo;un pays mange d&rsquo;une fa\u00e7on particuli\u00e8re ne veut pas dire que les individus qui tombent malades ont mang\u00e9s de cette fa\u00e7on (44). Par exemple, une \u00e9tude similaire recherchant sp\u00e9cifiquement dans l&rsquo;alimentation des enfants et des adolescents entre diff\u00e9rents pays a renforc\u00e9 la recherche pr\u00e9c\u00e9dente sur l&rsquo;incidence du lait de vache et des produits animaux sur le diab\u00e8te de type 1, mais ils ont \u00e9galement constat\u00e9 que dans les pays o\u00f9 ils ont tendance \u00e0 manger le plus de sucre, les enfants ont tendance \u00e0 avoir des taux plus r\u00e9duits de maladie (fig. 4) (non significatif statistiquement (p=0.068) car pas assez de pays)(45).<br \/>\nSi on analyse l&rsquo;alimentation des gens qui sont effectivement malades, un risque accru de diab\u00e8te de type 1 a \u00e9t\u00e9 associ\u00e9e au lait, sucre, pain, soda, \u0153ufs et consommation de produits carn\u00e9s (46). En Sardaigne, ou c&rsquo;\u00e9tait la premi\u00e8re fois que lien avait \u00e9tabli entre le paratuberculose et le diab\u00e8te de type 1. Une relation statistiquement significative, dose-r\u00e9ponse a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverte, signifiant que plus de viande entraine plus de risques, surtout pendant les deux premi\u00e8res ann\u00e9es de vie de l&rsquo;enfant. La consommation \u00e9lev\u00e9e de viande semble \u00eatre un cofacteur important dans l&rsquo;enfance pour le d\u00e9veloppement du diab\u00e8te de type 1, cependant ils ont \u00e9crit avoir besoin de plus de donn\u00e9es (47).<br \/>\nEn 2015, des chercheurs, sur des milliers de paires m\u00e8re-enfant, a constat\u00e9 que manger de la viande pendant l&rsquo;allaitement a \u00e9t\u00e9 associ\u00e9e \u00e0 un risque accru de diab\u00e8te de type 1, pr\u00e9cliniques et \u00e0 part enti\u00e8re, une fois que l&rsquo;enfant a atteint l&rsquo;\u00e2ge de 8 ans. Ils pensaient que \u00e7a pouvait \u00eatre d\u00fb aux glycotoxines PTG (AGE (Glycation end products)) trouv\u00e9 dans la viande cuite\u00a0 qui peuvent \u00eatre transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 travers l&rsquo;allaitement (48). Mais ce qui peut aussi \u00eatre transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 travers le lait maternel humain, ce sont les bact\u00e9ries de paratuberculose (49).<\/p>\n<p>Une confirmation de l&rsquo;\u00e9tude de Harvard (34) a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 en confirmant une culture directement sur leur sang. Mais ce n&rsquo;est pas parce que \u00eatre infect\u00e9 et diab\u00e8te de type 1 semblent aller de paire, que nous pouvons savoir qui apparait en premier. Peut-\u00eatre que l&rsquo;infection rend les enfants plus susceptibles au diab\u00e8te mais peut-\u00eatre que le diab\u00e8te a rendu les enfants plus susceptible \u00e0 l&rsquo;infection. Peut \u00eatre que ce parasite aime tout simplement trainer dans du sang sucr\u00e9 (50). Dans ce cas, les diab\u00e9tiques de type 2 devrait \u00e9galement en avoir. Mais non, la paratuberculose n&rsquo;est pas associ\u00e9e au diab\u00e8te de type 2, ce qui est logique, le diab\u00e8te de type 2 n&rsquo;est pas une maladie auto-immune (51). Pour que l&rsquo;id\u00e9e de d\u00e9clenchement de l&rsquo;infection soit valide, il faudrait qu&rsquo;il y est une r\u00e9ponse immunitaire chevauchant le parasite. Il y a bien une r\u00e9ponse d&rsquo;anticorps extr\u00eamement importante (fig. 1) contre les bact\u00e9ries de paratuberculose chez les diab\u00e9tique de type 1 (52). Mais, est-ce que les anticorps attaquant le parasite interagisse-t-ils avec nos cellules productrices d&rsquo;insuline pour g\u00e9n\u00e9rer cette r\u00e9action auto-immune ? Apparemment oui. Les anticorps reconnaissant les signatures mol\u00e9culaires de MAP interagissent avec les signatures mol\u00e9culaires pr\u00e9sentent sur nos cellules b\u00eata productrices d&rsquo;insuline dans le pancr\u00e9as (fig. 5) (53). Les m\u00eames r\u00e9sultats ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9s sur l&rsquo;Italie continentale (Sardaigne pour les \u00e9tudes pr\u00e9c\u00e9dentes) avec un groupe de diab\u00e9tique de type 1 de diff\u00e9rentes origines g\u00e9n\u00e9tiques, une forte corr\u00e9lation entre l&rsquo;exposition aux bact\u00e9ries de paratuberculose et le diab\u00e8te de type 1 (54). Et confirm\u00e9 encore dans d&rsquo;autres populations p\u00e9diatriques (55,56) ainsi que sur un groupe de diab\u00e9tique de type 1 adulte (50).<\/p>\n<p>Les bact\u00e9ries paratuberculeuse expliquent aussi pourquoi le risque de diab\u00e8te de type 1 est associ\u00e9 \u00e0 un g\u00e8ne sp\u00e9cifique sur le chromosome 2 appel\u00e9 SLC 11 A1. Le r\u00f4le de ce g\u00e8ne est d&rsquo;activer la cellule immunitaire qui mange des mycobact\u00e9ries. Ceci peut expliquer comment une mutation dans ce g\u00e8ne peut augmenter la susceptibilit\u00e9 au diab\u00e8te de type 1 en augmentant la susceptibilit\u00e9 aux infections mycbact\u00e9riennes comme le MAP. Toute cette accumulation de preuves pointant dans sa direction comme d\u00e9clencheur du d\u00e9veloppement du diab\u00e8te de type 1. Et il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une co\u00efncidence. Ce type de bact\u00e9ries a \u00e9volu\u00e9 pour se d\u00e9guiser et ressembler \u00e0 des prot\u00e9ines humaines dans le but explicite d&rsquo;\u00e9viter la d\u00e9tection par le syst\u00e8me immunitaire humain. Mais si le syst\u00e8me immunitaire voit \u00e0 travers le d\u00e9guisement et commence \u00e0 attaquer les bact\u00e9ries, les prot\u00e9ines d&rsquo;aspect similaire peuvent devenir victimes (57).<\/p>\n<p>La majorit\u00e9 des sp\u00e9cialistes dans le domaine ont convenus que c&rsquo;est probablement un risque pour la sant\u00e9 humaine et devrait \u00eatre une grande priorit\u00e9 pour la sant\u00e9 publique (59).<\/p>\n<h2>Un traitement permettant d\u2019am\u00e9liorer les conditions de vie<\/h2>\n<p>Il est montr\u00e9, qu\u2019il est possible d\u2019am\u00e9liorer les conditions de vie des personnes ayant un diab\u00e8te, plus souvent de type 2 (mode de vie), mais \u00e9galement du type 1 qui est pourtant comme nous l\u2019avons vu pr\u00e9c\u00e9demment, une maladie autoimmune, dans laquelle le corps attaque son propre pancr\u00e9as, tuant les cellules produisant l\u2019insuline, condamnant ainsi \u00e0 s\u2019injecter de l\u2019insuline \u00e0 vie. \u00c0 moins, comme vu das une \u00e9tude qu\u2019on puisse l\u2019attraper suffisament t\u00f4t. S\u2019il est possible de modifier pr\u00e9cocement l\u2019alimentation, il est possible de modifier la maladie en att\u00e9nuant l\u2019inflammation autoimmune. On sait \u00e0 la base qu\u2019il est possible pour une personne atteinte du diab\u00e8te de type 1 de r\u00e9duire ses besoins en insuline et atteindre de meilleurs taux de sucre gr\u00e2ce \u00e0 une meilleure alimentation (60). En randomisant des enfants et adolescents \u00e0 une intervention nutritive, dans laquelle on augmente de mani\u00e8re significative la part d\u2019aliments v\u00e9g\u00e9taux dans l\u2019alimentation. Et plus il y a d\u2019aliments v\u00e9g\u00e9taux entiers, meilleur est le contr\u00f4le du taux de sucre. Le fait est que la consommation de fruits entiers est associ\u00e9 avec un meilleur contr\u00f4le du taux de sucre (61). Mais dans l\u2019\u00e9tude pr\u00e9c\u00e9dente, ils ont \u00e9t\u00e9 plus loin que le simple fait de mieux contr\u00f4ler un des sympt\u00f4mes du diab\u00e8te de type 1, c\u2019est \u00e0 dire un haut taux de sucre dans le sang, mais \u00e9galement un meilleur contr\u00f4le de la maladie en elle-m\u00eame, sugg\u00e9rant que l\u2019effet anti-inflammatoire d\u2019aliments v\u00e9g\u00e9taux entiers peut ralentir ou pr\u00e9venir une destruction suppl\u00e9mentaire des cellules produisant l\u2019insuline du pancr\u00e9as, si l\u2019intervention alimentaire est faite assez t\u00f4t. Dans l\u2019\u00e9tude des cas, on a donc un patient qui a commenc\u00e9 une alimentation riche en l\u00e9gume \u00e0 3 ans, d\u00e8s le diagnostic de diab\u00e8te de type 1. Trois ans apr\u00e8s le diagnostic, il n\u2019avait pas encore eu besoin d\u2019insulinoth\u00e9rapie, tout en exp\u00e9rimentant une diminution continue des niveaux d\u2019anticorps, marqueurs de la destruction de cellules d\u2019insuline. Un second cas a commenc\u00e9 a manger plus de v\u00e9g\u00e9taux quelques mois apr\u00e8s le diagnostic, maintient une dose faible d\u2019insuline avec un bon contr\u00f4le. Et \u00e7a, m\u00eame si les cellules produisant l\u2019insuline on \u00e9t\u00e9 compl\u00e9tement d\u00e9truites, les diab\u00e9tiques de type 1 peuvent appr\u00e9cier la diminution significative des besoins en insuline et la diminution d\u2019inflammation et de risques cardiovasculaires (60). Les probl\u00e8mes cardiovasculaires sont la cause premi\u00e8re de d\u00e9c\u00e8s des diab\u00e9tique de type 1 de plus de 30\u202fans. Avec 11 \u00e0 14 fois le risque de d\u00e9c\u00e9d\u00e9 via une maladie cardiaque par rapport au reste de la population, alors qu\u2019il s\u2019agit d\u00e9j\u00e0 de la deuxi\u00e8me cause de mortalit\u00e9 en France et premi\u00e8re dans le monde (62).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li><a href=\"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/Nielsen_et_al-2014-FEBS_Letters.pdf\">Nielsen DS, Krych \u0141, Buschard K, Hansen CH, Hansen AK. Beyond genetics. Influence of dietary factors and gut microbiota on type 1 diabetes. FEBS Lett. 2014 Nov 17;588(22):4234-43.<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/harlan2010.pdf\">Harlan DM, Lee MM. Infant formula, autoimmune triggers, and type 1 diabetes. N Engl J Med. 2010 Nov 11;363(20):1961-3.<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/diet.erwangueguen.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/beyan2012.pdf\">Beyan H, Wen L, Leslie RD. 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