Le régime alimentaire naturel de l’Homme
Il existe trois grandes théories sur l’évolution et la nourriture. La première est que les humains se sont adaptés aux produits de la révolution agricole au cours des 10000 dernières années. La deuxième est le point de vue paléo selon lequel 10000ans sont un clignement d’œil au regard de l’évolution et que les humains sont adaptés aux régimes Paléolithiques avec beaucoup de viande maigre. La troisième prend en compte les 200000 dernières années, principalement pendant l’âge de pierre représentant seulement 1% des 20 millions d’années, ou plus, d’évolution depuis notre grand ancêtre commun avec les grands singes (1). Au cours de ces années véritablement formatrices, c’est-à-dire les premiers 90% de notre existence, nos besoins nutritionnels reflètent un passé ancestral dans lequel nous avons principalement mangé des feuilles, des fleurs et des fruits garnis de quelques insectes grâce aux pommes véreuses pour obtenir notre vitamine B12. Pour cette raison, une autre approche des meilleures pratiques alimentaires pour les humains modernes est d’attirer l’attention non pas sur le passé, mais plutôt sur le présent qui est l’étude des aliments consommés par nos plus proches parents vivants (2). Compte tenu de la majeure partie de nos régimes ancestraux et le manque de preuves indiquant des modifications notables liées à l’alimentation et le manque de preuves indiquant des modifications notables liées à l’alimentation quand aux besoins en nutriments, au métabolisme ou la physiologie de l’humain comparé à nos confrères, les grands singes (3). Cela pourrait expliquer pourquoi les fruits et les légumes ne sont pas seulement bon pour l’Homme, mais vitaux pour la survie (4). Nous sommes en fait l’une des rares espèces si adaptée à un régime alimentaire à base de plantes, que nous pouvons réellement mourir de ne pas manger des fruits et légumes, à cause de la carence en vitamine C, le scorbut. Alors que la plupart des animaux fabriquent leur propre vitamine C, ce qui n’est pas le cas des herbivores (5). Mais pourquoi le corps humain se gaspillerait à fabriquer de la vitamine C, alors qu’elle se trouvait directement dans les végétaux et fruits ingurgités toute la journée (6). Ce n’est sans doute pas une coïncidence que les quelques autres mammifères incapables de synthétiser leur propre vitamine C (comme les cobayes, quelques lapins, les roussettes) sont tous, comme nous les grands singes, fortement herbivores (2). Même pendant l’âge de pierre, nous avons ingéré jusqu’à dix fois plus de vitamine C que nous n’en ingérons aujourd’hui (Table 1) (6). Et dix fois plus de fibres alimentaires essentiellement d’après l’étude de matières fécales humaines fossilisés réhydratées (2). Ces apports nutritionnels incroyablement élevés sont-ils simplement un sous-produit inévitable d’une alimentation permanente de végétaux entiers où remplissent-ils un rôle important comme une protection anti-oxydante (2) ? Les plantes créent des antioxydants pour défendre leurs propres structures contre les radicaux libres. Le corps humain doit se défendre contre les mêmes types de pro-oxydants et notre évolution a généré aussi un ensemble de surprenantes enzymes antioxydantes, qui est efficace mais pas infaillible. Les radicaux libres peuvent violer nos défenses, causer des dommages qui s’accumulent avec l’âge conduisant à une variété de maladies, provoquant finalement des changements fatals. Les aliments végétaux riches en antioxydants forment historiquement la majeure partie de notre alimentation, et ainsi nous n’avons pas beaucoup eu à évoluer vers un système anti-oxydant. L’utilisation de plante comme une béquille pourrait bien avoir soulagé la pression pour le développement ultérieur de nos propres défenses, ce qui signifie que nous sommes devenus dépendants d’une grande quantité de végétaux dans notre alimentation, et quand ce n’est pas fait, l’Homme peut subir des conséquences néfastes pour sa santé (6).
Même pendant l’âge de pierre, cela peut ne pas avoir été un problème. C’est seulement dans l’histoire récente que la consommation des végétaux entiers à été réduite (Table V) (7). Même les partisans du régime Paléo et pauvre en glucides, mangeraient plus de légumes que les adeptes du régimes occidental. Seulement 5% de ceux ayant un régime LC (Low Carb) ont augmentés leurs consommations de bœuf, bacon et beurre. Ce qu’ils mangent le plus c’est de la salade (8). Ce qui est positif, le point négatif reste cependant le passage à des aliments d’origine animale, une plus grande adhésion à un régime faible en glucides, riche en sources de matières grasses et protéines animales a été associée à une mortalité plus élevée par exemple après une crise cardiaque (9).
Pourquoi les études montrent des bénéfices au régime Paléo
Des études sur le régime paléolithique ont émergés il y a une vingtaine d’année. 10 Australiens aborigènes diabétiques ont été déposés dans un endroit isolé afin de se débrouiller par eux mêmes, chassant, cueillant des aliments comme des figues et des crocodiles (10). On peut d’ailleurs voir que la viande de kangourou provoque un pic d’inflammation significativement plus faible comparé à la viande au détail. Le gibier, reste ici significativement mieux que la viande au détail (mais pas face aux végétaux) (11). Si faible en graisse, qu’il est possible de concevoir un régime alimentaire basé sur le gibier avec moins de 7% des calories provenant de lipides. La poitrine de poulet sans peau contient 14 fois plus de graisses que la viande de kangourou. Il est donc possible de manger du kangourou et de faire baisser son taux de cholestérol presque autant qu’en mangeant végétarien (12). Mais presque toutes les alimentations auraient été préférables à l’alimentation d’origine des aborigènes diabétiques qu’ils avaient centrés sur les glucides raffinés, les sodas, la bière, lait et viande grasse de mauvaise qualité. Ils s’en sont au final plutôt bien sortis avec une meilleure réponse du taux de sucre dans le sang, grâce à une perte de poids importante car ils étaient affamés avec un régime moyen de 1200 kcal/jour. Il est probable qu’avec une quantité énergétique aussi importante, avec leur régime d’avant l’étude, ils auraient probablement fait aussi bien (impossible de le savoir sans groupe témoin) (10).
Ce problème est visible avec d’autres études sur le régime paléolithique qui sont courtes, petites, sans groupe de contrôle, mais avec des résultats favorables. Mais c’est sans surprise car ils ont diminué de moitié la consommation de graisses saturées (Table 2), probablement car ils ont éliminés le fromages, saucisses et crèmes glacées (13). Même chose avec un régime paléolithique suivi par 9 personnes pendant 10 jours qui réduisent leur apport de graisses saturés et de sel de moitié (table 1). Ainsi leur taux de cholestérol (table 3) et leur pression artérielle (table 4) diminuent également (14). La plus longue étude dure 15 mois mais sur des porcs (3 mois pour la plus longue sur l’homme) qui s’en sont mieux sorti car le groupe de porc paléo avait une restriction calorique de 20% (15). L’amélioration de la sensibilité à l’insuline chez le porc n’a cependant pas été reproduite chez les humains. Il y avait tout de même un bénéfice comme une amélioration de la tolérance au glucose, grâce à une modification du régime alimentaire. Le groupe paléo mangeant moins de produits laitiers, de céréales, d’huile, de margarine et plus de fruits et de noix (table 5) et sans changement significatif dans la consommation de viande (16). Une étude de suivi a également échoué à trouver une meilleure tolérance au glucose comparé au groupe de contrôle, mais a montré d’autres avantages sur les facteurs de risque. Mais ce n’est pas étonnant encore une fois (fig.1), car tout régime diminuant les produits laitiers, les sucreries, le sucre raffiné, les bonbons, les sodas, la bière et le sel (17).
Ces régimes alimentaires sont forcément meilleurs comparativement au régime occidental classique (fig.1) en comprenant beaucoup plus de végétaux. Ce type de régime est bien meilleur que le régime classique (18). Cependant, il est choquant de voir des restrictions sur les légumineuses (17) car elles sont peut-être le prédicateur alimentaire de survie le plus important (19). Les haricots et les céréales complètes sont les pierres angulaires de l’alimentation des populations sur Terre qui vivent le plus longtemps. Les régimes basés sur les plantes en général, et les légumineuses en particulier, sont un dénominateur commun au sein des zones bleues de la longévité à travers le monde (20).
En conclusion, il est peut être plus sain d’attraper une portion de kangourou que de manger n’importe quel gâteau ou pâtisserie mais que manger une pomme peut être le choix le plus thérapeutique de tous. Et s’il y a une chose à retenir des études sur les régimes alimentaires préhistoriques, peut-être est-ce que les régimes basés principalement sur les aliments végétaux assurent santé et longévité (21).
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