Le sel, synonyme de pression artérielle
Durant les 90% de temps de notre évolution, nous avons eu une alimentation contenant moins d’1g de sel par jour (1) car notre régime alimentaire était basé sur les plantes. Passant plusieurs millions d’années sans salière (2).
L’évolution de nos corps permettent de conserver le sel, ce qui a bien servi l’humanité jusqu’à la découverte du sel, utilisé alors pour la conservation des aliments. Bénéfique pour son évolution et maintient en l’empêchant de mourir de faim à certaines époques quand bien même, cela a pu conduire à une augmentation générale de la pression artérielle. L’Homme est toujours programmé pour manger 10 fois moins de sel que ce qui est mangé actuellement (note : l’étude compte une consommation de 10g/j en moyenne aux USA). De nombreux régimes faibles en sel peuvent être considérés comme riche en sel (3).
Il faut comprendre que la notion de « normal » en ce qui concerne le sel. Avoir une consommation de sel « normal » peut conduire à une pression artérielle « normale » et tous les problèmes « normaux » qui en découlent (crises cardiaques, AVC). Il est enseigné aux médecins (USA toujours) qu’une pression artérielle systolique « normale » est d’environ 100 + âge. Pouvant dans la normalité, avoir une pression artérielle très élevée alors qu’à partir de la quarantaine, il est normal d’avoir une pression de 140 (limite de l’hypertension) (4). Car il est « normal » d’avoir des crises cardiaques et des AVC car le risque augmente une fois qu’on dépasse les 100 des bébés. Ils devraient peut-être considérés comme anormal, peut-être causé par notre consommation excessive de sel. 10 fois plus (8-9X en France) que ce que notre corps devrait avoir à ingérer. Manger une quantité naturelle de sel, quantité présente naturellement dans les végétaux complets, il n’y aurait pas d’augmentation et ainsi une protection contre ces problèmes.
On peut prendre en exemple, une culture sans sel, les Yanomami (indiens d’Amérique du Sud). Ils ont la plus basse consommation de sel sur Terre. C’est à dire un apport normal pour notre espèce (soit 1g/j ou moins). Au niveau de la pression artérielle, ils commencent avec une pression artérielle de 100 / 60 et vieillissent avec la même pression artérielle. Bien que leur régime soit considéré comme déficient en sel les divers organismes, au vu des résultat, ce sont eux qui semblent consommer des quantités normales de sel. Sachant que des personnes de 50-60 ans ont la même pression artérielle que des personnes de 20 ans ! Le nombre d’individus testés ayant une pression artérielle élevée était de 0%. Au Brésil, ce n’est pas loin de 38% de la population qui est en hypertension. Cette culture représente probablement le meilleur exemple à suivre en termes de consommation de sel et de pression sanguine. Montrant ainsi l’importance du sel sur la pression artérielle (5,6).
D’autres facteurs peuvent expliquer ses résultats positifs. Ils ont une alimentation riche en fibres et à base de plantes, ne boivent pas d’alcool, ne sont pas frappés par l’obésité (7).
D’autres populations ont un régime faible en sel et ayant un régime à base de plantes et ne connaissent pas d’augmentation de la pression artérielle à mesure qu’ils vieillissent (8).
Avant l’apparition des médicaments, en 1940, les patients sont arrivés avec des pressions artérielles de 210 / 140 descendant à 80 /60 avec le nouveau régime alimentaire. Il n’était pas seulement à très faible teneur en sel, mais aussi strictement à base de plantes, très faibles en graisses, protéines et calories (9). L’étude de Roberts en faisait référence en le félicitant des résultats obtenus par le régime riz de Kempner et qui a montré la voie comme quoi l’hypertension artérielle peut être abaissée par un régime suffisamment pauvre en sel (3).
En 1976 il a été jugé probant, voire même très concluant qu’une réduction suffisante du sel dans l’alimentation se traduirait par la prévention de l’hypertension, de l’augmentation de la pression artérielle à mesure que nous vieillissons et sa disparition en tant que problème majeur de santé publique (10).
Bien que des solutions existent et sont connues depuis plus de quarante ans, elles ne sont actuellement pas appliquées et les problèmes demeurent et sont caractérisée comme normal.
- SK Ha. Dietary salt intake and hypertension. Electrolyte Blood Press. 2014 Jun;12(1):7-18.
- F Delahaye. Should we eat less salt? Arch Cardiovasc Dis. 2013 May;106(5):324-32.
- WC Roberts. High salt intake, its origins, its economic impact, and its effect on blood pressure. Am J Cardiol. 2001 Dec 1;88(11):1338-46.
- DS Celermajer, B Neal. Excessive sodium intake and cardiovascular disease: a-salting our vessels. J Am Coll Cardiol. 2013 Jan 22;61(3):344-5.
- WJ Oliver, EL Cohen, JV Neel. Blood pressure, sodium intake, and sodium related hormones in the Yanomamo Indians, a « no-salt » culture. Circulation. 1975 Jul;52(1):146-51.
- J Mancilha-Carvalho Jde, NA Souza e Silva. The Yanomami Indians in the INTERSALT Study. Arq Bras Cardiol. 2003 Mar;80(3):289-300.
- JJ Mancilha-Carvalho, DE Crews. Lipid profiles of Yanomamo Indians of Brazil. Prev Med. 1990 Jan;19(1):66-75.
- R Friedman, J Iwai. Hypertension–salt poisoning? Lancet. 1978 Sep 9;2(8089):584.
- W Kempner. Treatment of heart and kidney disease and of hypertensive and arteriosclerotic vascular disease with the rice diet. Ann Intern Med. 1949 Nov;31(5):821-56, illust.
- ED Freis. Salt, volume and the prevention of hypertension. Circulation. 1976 Apr;53(4):589-95.
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