Quel type de conseils alimentaires est le plus efficace.

Vaut-il mieux recommander une consommation accrue en végétaux (fruits et légumes) ou conseiller de manger moins de malbouffe. En 2013, l’OMS estime que plus d’un million de décès dans le monde entier sont liés à une faible consommation de fruits et légumes. Aux USA, si la moitié de la population augmentait sa consommation de fruits et de légumes d’une portion chacun par jour, environ 20000 cas de cancer pourraient être évités chaque année. Le département de l’agriculture des États-Unis (USDA) recommande que la moitié des assiettes soit remplie de fruits et légumes colorés, mais seulement moins de 10% des américains atteignent l’objectif (1).
En Norvège, un programme de consommation gratuit de fruit dans les écoles fut introduit pour les classes du CP à la première. La consommation de fruit était tellement bénéfique que si un enfant ne mangeait que 2.5g/jour de fruits, le programme s’autofinancerait en terme d’économie pour le pays. En supposant que cette consommation de fruits soit maintenue tout au long de la vie de l’individu. L’expérience fut concluante pour la durée de l’expérience avec une forte augmentation du nombre d’élèves mangeant des fruits (2). Un an après l’arrêt du programme, les enfants mangeaient toujours plus de fruits (3). Trois ans plus tard, ils mangeaient environ un tiers de portion, soit beaucoup plus que le nécessaire pour que le programme s’autofinance (4).
Des effets secondaires positifs ont été observés suite à cette expérimentation. Leurs parents s’étaient eux aussi mis à consommer plus de fruits (5). Ils ont pu observer une réduction de la consommation de snack, bien que le but de ce programme n’était pas de réduire la prise de collations malsaines. Les fruits ont remplacé une partie de la malbouffe. L’augmentation des choix sains pour contrer ceux malsains semble être plus efficace que de dire aux enfants de ne pas manger certains produits. Pouvant potentiellement provoquer l’effet inverse de celui recherché (6). Si l’on interdit certains produits aux enfants, ils peuvent le vouloir encore plus (7).
Une expérience a été fait dans des cadres familiaux. Les familles furent assignés au hasard à l’un des deux groupes. Pour le premier groupe, un encouragement de consommer au moins deux portions de fruits et légumes par jour, sans faire mention de la malbouffe ainsi que de réduire sa consommation. Et le second groupe a été encouragé à diminuer sa consommation de malbouffe à moins de 10 portions par semaine, sans mention de fruits et de légumes. Le premier groupe, celui de l’augmentation de fruits a naturellement réduit sa consommation de malbouffe à teneur élevé en graisses et sucre. Le second a seulement réduit sa consommation de malbouffe, sans pour autant se reporter sur une consommation plus grande de fruits et légumes (8).
L’effet reste limité voir inexistant sur une population adulte contrairement à ce qu’il est possible d’obtenir avec les enfants. Les adultes consommant plus de fruits, ne consommaient pour autant pas moins d’alcool, soda, sucreries, gâteaux et snack salé. Montrant que pour les adultes, l’effet de recommander de manger plus de fruits et légumes reste limité pour la diminution de la consommation de malbouffe. Il peut être politiquement plus opportun de favoriser une augmentation de la consommation d’aliments sains plutôt qu’une diminution de la consommation d’articles malsains, mais cela peut être moins efficace. En terme de nutrition, le message apporté par les campagnes de santé publique est différent des autres. Généralement, le message est direct et explicite ( ne pas fumer, ne pas boire, ne pas prendre de drogues). Quant à elles, les campagnes alimentaires sont axées sur »manger des aliments sains au lieu d’ éliminer la malbouffe, de s’en abstenir. Les messages contre la malbouffe ne sont que rarement explicites (9).
Au vu des résultats et de la faible consommation en aliments sains des populations occidentales, vaut-il toujours mieux recommander de consommer 5 fruits et légumes par jour ? Ou la simple recommandation d’en consommer une de plus que d’habitude serait plus effective. Les chercheurs pensent que la seconde option est plus réaliste (Juste 1 de plus) et serait plus efficace que l’objectif ambitieux de « 5 par jour ». Les résultats montre qu’ils avaient tort. En effet, l’on peut observer que le gens avec le conseil « juste un de plus » ont consommé environ un de plus, tandis que ceux à l’objectif plus ambitieux ont respecté cette consigne de 5. Une semaine après l’expérience, le groupe des 5 portions a continué a manger une portion de plus alors que le groupe « 1 de plus » est revenu à sa consommation initiale. Des objectifs ambitieux peuvent être plus motivant. Pour cette raison, qu’au États-Unis, la recommandation de cinq par jour à été remplacée par « de 7 à 13 portions de fruits et légumes ». Mais lorsque c’est trop ambitieux, les gens auront peut être tendance à abandonner. La question est de savoir, quelle est la portion qui pourrait être considérée comme menaçante (10).
L’amélioration de la consommation alimentaire devrait peut être passer en priorité par l’éducation des jeunes qui semble être positif aussi bien pour eux que pour la cellule familiale.

  1. Rekhy R, McConchie R. Promoting consumption of fruit and vegetables for better health. Have campaigns delivered on the goals? Appetite. 2014 Aug;79:113-23.
  2. Bere E, Hilsen M, Klepp KI. Effect of the nationwide free school fruit scheme in Norway. Br J Nutr. 2010 Aug;104(4):589-94,
  3. Bere E, Veierød MB, Bjelland M, Klepp KI. Free school fruit–sustained effect 1 year later. Health Educ Res. 2006 Apr;21(2):268-75.
  4. Bere E, Veierød MB, Skare Ø, Klepp KI. Free School Fruit–sustained effect three years later. Int J Behav Nutr Phys Act. 2007 Feb 19;4:5.
  5. Øvrum A, Bere E. Evaluating free school fruit: results from a natural experiment in Norway with representative data. Public Health Nutr. 2014 Jun;17(6):1224-31.
  6. Øverby NC, Klepp KI, Bere E. Introduction of a school fruit program is associated with reduced frequency of consumption of unhealthy snacks. Am J Clin Nutr. 2012 Nov;96(5):1100-3.
  7. Fisher JO, Birch LL. Restricting access to palatable foods affects children’s behavioral response, food selection, and intake. Am J Clin Nutr. 1999 Jun;69(6):1264-72.
  8. Epstein LH, Gordy CC, Raynor HA, Beddome M, Kilanowski CK, Paluch R. Increasing fruit and vegetable intake and decreasing fat and sugar intake in families at risk for childhood obesity. Obes Res. 2001 Mar;9(3):171-8.
  9. Cohen DA, Sturm R, Scott M, Farley TA, Bluthenthal R. Not enough fruit and vegetables or too many cookies, candies, salty snacks, and soft drinks? Public Health Rep. 2010 Jan-Feb;125(1):88-95.
  10. Ungar N, Sieverding M, Stadnitski T. Increasing fruit and vegetable intake. « Five a day » versus « just one more ». Appetite. 2013 Jun;65:200-4.