La diverticulite

L’origine de la diverticulite

Ce sont des poches de notre intestin. En faisant l’analogie entre les diverticulites et les pneus, des pressions élevées dans l’intestin peuvent forcer les intestins à gonfler à travers les points faibles de la paroi intestinale comme une chambre à air sortant de la bande de roulement d’un pneu usé (1). Ces poches peuvent devenir enflammées et infectées, et pour pousser plus loin l’analogie du pneu, peuvent exploser avec un déversement de matières fécales dans l’abdomen ou la vessie et ainsi conduire à la mort (fig. 3) (2). Les symptômes peuvent aller de pas de symptômes du tout, à quelques crampes et ballonnements jusqu’à une douleur invalidante qui devient une urgence médicale (1). Presque 90% de ceux qui meurent de la maladie n’ont même jamais su qu’ils l’avaient (3). Il existe un moyen heureusement de prévenir la maladie qui est le désordre intestinal le plus commun, touchant jusqu’à 70% des personnes âgées de 60 ans. Et ce n’est pas une maladie du vieillissement, c’est une nouvelle maladie issue de l’industrialisation (1). La maladie qui jusqu’à alors était inexistante, est devenue l’affliction la plus commune du côlon dans le monde occidental en une génération. Les chirurgiens de l’étude ont suggérés que la diverticulite était une maladie de carence, causée par une carence en fibres. À la fin des années 1800, le broyage au rouleau a été introduit, ce qui a enlevé davantage de fibre au grain, ainsi qu’une consommation accrue d’aliments dénués de fibres comme la viande ou le sucre. Quelques décennies plus tard, la diverticulite se généralisa. Pour eux, il était plus facile de déplacer de gros contenus intestinaux mous et humides dans l’intestin. En revanche, lorsque nous mangeons des régimes pauvres en fibres, nos matières fécales peuvent devenir petites et fermes, et donc nos intestins doivent se contracter fortement pour le déplacer, et cette accumulation de pression peut créer des renflements (fig1) (4)(5). Un régime pauvre en fibre peut parfois conduire à une rupture du côlon (5).

Si cette théorie est vraie, les populations suivant des régimes riches en fibres devraient avoir de faibles taux de diverticulose. C’est ce qui a été constaté, avec plus de 50% des Afro-Américains dans la cinquantaine ont été diagnostiqués avec une diverticulose, contre moins de 1% chez les Africains vivant en Afrique, qui mangeaient selon des régimes traditionnels à base de plantes. Et par moins de 1%, nous parlons de zéro sur une série de 2000 autopsies.

À contrario, une nouvelle étude conclue qu’un régime pauvre en fibre n’est pas associé à la diverticulose (7) Cette étude, massivement relayée dans les médias et revues scientifiques. Heureusement, certaines revues ont vu le problème majeur de cette étude, qui est que la comparaison de l’étude entre un régime riche en fibres (25g/jour) et un régime pauvre en fibres (8g/jour) est totalement faussé car le régime riche en fibres est en réalité un régime bas en fibres, un régime qui n’atteint même pas les recommandations nationale (32g/jour dans le cas des USA (mesure différente avec l’Europe)) (8). Sachant que nous avons évolué en mangeant très majoritairement des plantes, que la moyenne ingérée doit être autour des 100g/jour (Table 3) (9). Comparativement au groupe de consommation le plus élevé dans l’étude de la Caroline du Nord, ils ne mangeaient au maximum que 25g/jour, n’atteignant pas la valeur minimale recommandée, ils ont comparés un régime pauvre en fibres à un autre régime pauvre en fibres, expliquant ainsi l’absence de différence entre les taux de diverticulose (8).

Les populations africaines qui n’avaient pratiquement pas de diverticulose, mangeaient selon un régime composé en partie de grandes assiettes de légumes à feuilles, qui était très proche de ce qui était mangé il y a quelques millions d’années. Ils suivaient un régime à base de plantes apportant de 70 à 90 grammes de fibres par jour (10). En occident, les végétariens n’atteignent même pas ces valeurs, mais au moins, ils atteignent la dose minimale et ont moins de diverticulose (fig.3)(11). Confirmé plus tard par l’étude EPIC, avec une étude sur 47000 personnes, confirmant qu’un régime végétarien, ainsi qu’un apport élevé en fibres alimentaires sont associés à un risque plus faible d’hospitalisation et de décès causés par la diverticulose. Ceux qui avaient moins d’une demie-portion semblaient avoir un risque inférieur de 16%, alors que les végétariens avaient 35% de risques en moins. Et ceux mangeant uniquement des végétaux avaient un risque inférieur de 78% (Table 4) (12-13)

 

  1. J Y Wick. Diverticular disease: eat your fiber! Consult Pharm. 2012 Sep;27(9):613-8. doi: 10.4140/TCP.n.2012.613.
  2. Fujii T, Nakabayashi T, Hashimoto S, Kuwano H. A Delayed Recrudescent Case of Sigmoidocutaneous Fistula due to Diverticulitis. Case Rep Gastroenterol. 2007 Oct 12;1(1):116-22.
  3. J Chapman, M Davies, B Wolff, E Dozois, D Tessier, J Harrington, D Larson. Complicated diverticulitis: is it time to rethink the rules? Ann Surg. 2005 Oct;242(4):576-81; discussion 581-3.
  4. N S Painter, D P Burkitt. Diverticular disease of the colon: a deficiency disease of Western civilization. Br Med J. 1971 May 22;2(5759):450-4.
  5. N S Painter. Diverticular disease of the colon. The first of the Western diseases shown to be due to a deficiency of dietary fibre. S Afr Med J. 1982 Jun 26;61(26):1016-20.
  6. D P Burkitt, J L Clements Jr, S B Eaton. Prevalence of diverticular disease, hiatus hernia, and pelvic phleboliths in black and white Americans. Lancet. 1985 Oct 19;2(8460):880-1.
  7. A F Peery, R S Sandler, D J Ahnen, J A Galanko, A N Holm, A Shaukat, L A Mott, E L Barry, D A Fried, J A Baron. Constipation and a low-fiber diet are not associated with diverticulosis. Clin Gastroenterol Hepatol. 2013 Dec;11(12):1622-7. doi: 10.1016/j.cgh.2013.06.033.
  8. R E Burgell, J G Muir, P R Gibson. Pathogenesis of colonic diverticulosis: repainting the picture. Clin Gastroenterol Hepatol. 2013 Dec;11(12):1628-30. doi: 10.1016/j.cgh.2013.08.046.
  9. S B Eaton, S B Eaton 3rd, M J Konner. Paleolithic nutrition revisited: a twelve-year retrospective on its nature and implications. Eur J Clin Nutr. 1997 Apr;51(4):207-16.
  10. T M Wolever, D J Jenkins. What is a high fiber diet? Adv Exp Med Biol. 1997;427:35-42.
  11. J S Gear, A Ware, P Fursdon, J I Mann, D J Nolan, A J Brodribb, M P Vessey. Symptomless diverticular disease and intake of dietary fibre. Lancet. 1979 Mar 10;1(8115):511-4.
  12. F L Crowe, P N Appleby, N E Allen, T J Key. Diet and risk of diverticular disease in Oxford cohort of European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition (EPIC): prospective study of British vegetarians and non-vegetarians. BMJ. 2011 Jul 19;343:d4131. doi: 10.1136/bmj.d4131.
  13. F L Crowe, P N Appleby, N E Allen, T J Key. Diet and risk of diverticular disease in Oxford cohort of European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition (EPIC): prospective study of British vegetarians and non-vegetarians. BMJ. 2011 Jul 19;343:d4131. doi: 10.1136/bmj.d4131.