Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)
Depuis deux décennies, les preuves se multiplient, soutenant l’importante contribution de ces dérivés alimentaires, c’est à dire les produits de glycosylation avancée (AGEs), aussi appelés glycotoxines, au stress oxydatif et à l’inflammation, des processus qui jouent un rôle clef dans la genèse des maladies chroniques (1), y compris, possiblement, le syndrôme des ovaires polykystiques. Les femmes atteintes de SOPK ont tendance à avoir presque deux fois plus d’AGE circulant dans le sang (Table 2) (2). Le syndrôme des ovaires polykystiques est une des anomalies hormonale les plus courantes chez les jeunes femmes et une cause répandue d’infertilité. de dysfonctionnement menstruel, et d’une pilosité excessive du visage et du corps. L’obésité est également plus fréquente chez les femmes atteintes de SOPK (3). La prévalence de la SOPK est entre 5 à 10% des femmes en âge de procréer. Et comme on trouve plus d’AGEs dans les aliments grillés, frits et rôtis, pour la plupart d’origine animale, se pourrait-il que tout commence par un mauvais régime alimentaire conduisant à l’obésité et menant au SOPK ? (1). Non, car le même rapport entre des niveaux d’AGEs élevés et le SOPK se manifeste aussi chez les femmes fines. Étant donné que l’inflammation chronique et le stress oxydatif accru portent une responsabilité dans la genèse du SOPK, les AGEs, en tant que médiateurs d’inflammation et d’oxydation, pourraient être liés aux anomalies métaboliques et du système reproductif qui font partie du syndrome (4). Qui plus est, le fait que les AGEs s’accumulent au sein même d’ovaires polykystiques suggère que les AGEs contribuent peut-être à la genèse de la maladie elle-même, et non seulement à certaines de ses conséquences. La RAGE (Récepteur de l’AGE) se manifeste fortement dans le tissu ovarien. Le récepteur qui détecte ces produits de glycosylation avancée dans le corps est fortement concentré dans les ovaires, si bien que les ovaires peuvent être particulièrement sensibles à leurs effets (5). Il se peut donc que les AGEs contribuent directement aux causes du SOPK et à l’infertilité. Une alimentation riche en protéine, gras tel que la viande, fromage et œuf sont riches en AGEs. Alternativement aux changement alimentaires, cette étude suggère la création d’un nouveau médicament pour bloquer l’absorption d’AGEs (6).
Il est su que l’AGE est responsable de nombreuses maladies chroniques. En particulier les AGEs dérivés d’aliments jouent un rôle particulièrement important ; l’alimentation est une source importante d’AGEs avec leurs propriétés inflammatoires. En effet, réduire ces glycotoxines alimentaires fait baisser la réponse inflammatoire. Pour cela, il suffit d’absorber un médicament à chaque fois qu’on veut se manger une nourriture riche en AGEs tel que son poulet frit pour en limiter l’absorption de ces toxines (7). Et ça fonctionne, puisqu’il fait réellement baisser les taux d’AGEs dans le sang. L’AST-120, un médicament oral, n’est en fait qu’une préparation de charbon actif (8). C’est ce qui est donné aux gens en cas d’overdose de drogue ou en cas d’empoisonnement (9).
Le meilleur moyen pour faire baisser les taux d’AGEs est de réduire l’apport dès le départ. La première chose est d’arrêter de fumer (les glycotoxines dans la fumée de cigarette contribuent peut-être à l’augmentation des maladies du cœur et du cancer chez les fumeurs). Vous pouvez ensuite diminuer la consommation d’aliments riches en AGEs tout en augmentant votre consommation d’aliments pouvant aider à soutirer les AGEs comme le riz complet et les champignons, d’aliments riches en antioxydants. L’apport d’AGEs alimentaire peut être réduit rien qu’en changeant la méthode de cuisson, en abandonnant la cuisson à sec et à des températures élevées pour préférer la cuisson à basse températur, et en intégrant plus d’humidité. Autrement dit, en faisant moins griller et frire, et plutôt mijoter, cuire à la vapeur ou bouillir (10). Mais ce que nous mangeons compte peut-être plus que la manière de cuisiner les aliments. Par exemple, le poulet bouilli a moins de la moitié de glycotoxines que le poulet rôti, mais les pommes de terre en frite, on ont toujours moins que de la viande bouillie (Table 1) (1). La nourriture crue en possède également beaucoup moins, les noix crues pouvant en avoir 30 fois moins que leurs homologues grillées. Mais, il est plus efficace de se tenir à l’écart des aliments transformés qui sont riches en AGEs tel que les céréales soufflés du petit déjeuner (11 chapitre 8).
Mettre une personne sous un régime faible en AGEs peut réduire l’inflammation au sein de son corps (12). Un seul repas riche en AGEs peut à lui tout seul, nuire profondément au fonctionnement artériel dans l’espace de deux heures, ou l’on voit les mêmes ingrédients, mais avec des modes de cuissons différents (fig.1 A) (13). Néanmoins, on voit que le repas de l’étude, présente toujours de haut degrés d’inflammation à cause de la présence de poulet dans les deux cas. Montrant tout de même l’importance de la méthode de cuisson.
Nous pouvons faire baisser l’inflammation chez les gens, en les faisant suivre un régime faible en AGEs. Mais une hausse de l’inflammation apparait moins clairement lorsque les gens passent de leur alimentation normale à un régime fort en AGEs, puisqu’ils ont déjà un régime riche en AGEs, avec tellement de glycotoxines dans leur alimentation normale (12).
Concernant le SOPK, il existe des preuves montrant que la diminution de la consommation d’AGEs peut aider. En seulement 2 mois, en passant d’une alimentation de référence à un régime fort en AGEs, ou à un régime faible en AGEs, on voit changer en parallèle la sensibilité à l’insuline, le stress oxydatif, et le statut hormonal (fig.1), la conclusion étant que les personnes atteintes de SOPK qui pourraient vouloir essayer un régime faible en AGEs, ce qui dans l’étude revient à limiter la viande à une fois par semaine avec seulement de la viande bouillie, pochée, en ragoût ou à la vapeur. Et éliminer la nourriture du genre fast-food et les boissons gazeuses (14).
Au lieu de mesurer le taux sanguin qui varie à chaque repas, on peut mesurer les glycotoxines qui s’accumulent dans les tissus corporels au fil du temps à l’aide d’un appareil qui mesure la quantité de lumière dégagée par la peau, comme les AGEs sont fluorescents (15). Il s’avère que c’est un bon prédicteur de la mortalité globale. Ainsi, le moins on en a, le mieux c’est (16). Et le seul facteur associé de manière constante à un moindre risque de fluorescence de la peau du fait d’avoir moins d’AGEs qui émanent du corps, est un régime végétarien, ce qui suggère que manger une alimentation plus riche en végétaux peut réduire l’exposition à ces AGEs alimentaires préformés, réduisant potentiellement les AGEs présents dans les tissus ainsi que le risque de maladie chronique (15).
- Uribarri J, del Castillo MD, de la Maza MP, Filip R, Gugliucci A, Luevano-Contreras C, Macías-Cervantes MH, Markowicz Bastos DH, Medrano A, Menini T, Portero-Otin M, Rojas A, Sampaio GR, Wrobel K, Wrobel K, Garay-Sevilla ME. Dietary advanced glycation end products and their role in health and disease. Adv Nutr. 2015 Jul 15;6(4):461-73.
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