Le riz et le problème de l’arsenic [en cours]

Les effets de l’arsenic dans l’alimentation :
Une petite quantité, c’est à dire d’environ 100mg pourrait tuer en une heure et à côté de ça, il y a l’empoisonnement chronique à l’arsenic ou une dose bien plus petite (10000x) peut être nuisible si l’exposition est quotidienne durant une longue période (plusieurs années) (1). En terme de santé, c’est le cancer qui est visé le premier avec les effets de l’arsenic. L’arsenic est classé comme cancérogène de classe 1, soit le niveau le plus élevé de ce qui cause le cancer chez l’homme (au même niveau que la cigarette, l’amiante, plutonium, charcuterie… voir la liste ici ) (2). Il est impliqué dans des dizaines de milliers voir centaines de milliers de cancer dans le monde chaque année (3).
Il en va de même pour les maladies cardiovasculaires, où une exposition à long terme à des niveaux faibles ou modérés a été associée à l’incidence et à la mortalité des maladies cardiovasculaires (crises cardiaques, AVC) (4).
Il est également considéré comme un immunotoxique, c’est à dire toxique pour le système immunitaire lui même. Le rapport a été fait avec le virus de la varicelle qui entraine la varicelle la première fois qu’on l’attrape. Le système immunitaire est capable de l’atténuer mais pas de l’éliminer. Le virus se retire dans nos cellules nerveuses (ganglions) où il attend que notre fonction immunitaire se dégrade. Lorsque ça arrive, le virus refait surface et provoque une maladie appelé le zona. Quasiment tout le monde a été exposé à la varicelle, pourtant une personne sur trois aura un zona car le système immunitaire est capable de le garder à distance. Avec le vieillissement ou en cas d’immunodépressions, le virus peut revenir comme si vous receviez une chimiothérapie à l’arsenic. Le zona est un effet secondaire fréquent car les médicaments à l’arsenic non seulement tuent le cancer mais aussi les cellules immunitaires. Dans le cas du cancer, c’est à haute dose. Dans l’étude, les niveaux d’arsenic dans l’urine de patients ont été testés, ainsi que leurs niveaux d’anticorps anti-virus. Et, plus l’arsenic était passé dans leur corps, plus leurs défenses étaient abaissées (5).
L’arsenic peut également se transmettre pré-natalement de la femme enceinte au bébé à naître. Ça n’augmentera pas seulement le risque de fausse couche ou mortalité infantile, mais également susceptible d’affecter le développement immunitaire et la susceptibilité d’un enfant aux infections au début de la vie. Et plus l’exposition aura été importante, plus le risque d’infection sera élevé (6). On ignore toutefois si les changements induits par l’arsenic dans  l’expression des gènes peuvent influer sur la santé des enfants mais également des petits enfants (7). Dans tous les cas, l’exposition à l’arsenic n’est pas bon pour la mère, car elle est associée à une hypertension artérielle (8).
Le niveau de contamination à l’arsenic est associé à divers maux comme des allergies alimentaires (9), des troubles du sommeil (11). Si on demande à des patients d’évaluer leur santé, ceux qui répondent avoir une excellente santé tendent à avoir de bas niveaux d’arsenic par rapport à ceux répondant bonne, moyenne ou faible qui ont tendance à avoir des niveaux plus élevés (10).
Le lien entre l’exposition à l’arsenic et le diabète est également confirmé sur plusieurs dizaine d’études de populations (Fig 2 : tout résultat supérieur à 1 suggère un risque accru de diabète et tous ceux inférieur à 1, l’inverse). Ce qui suggère une association entre l’arsenic ingéré et le diabète (12). Cette reconnaissance a été faite par Santé publique France. Malheureusement, l’AFSSA (devenue ANSES maintenant) définie la limite de consommation acceptable pour l’homme à 10 µg/L comme un peu partout dans le monde. Et qui correspond  à un excès de risque de cancer de 300 personnes sur 1 million (20). Comparé à ce qui est habituellement toléré en terme de risque de cancer couramment accepté qui est de 1 par million. La norme de l’eau selon ses tolérances devrait être 500 fois inférieure aux normes actuelles. Soit 0.02 µg/L au lieu de 10 µg/L. Mais il est techniquement impossible d’avoir de telles références actuellement.  Le niveau technologiquement réalisable a été estimé à 3  µg/L. La décision d’avoir un seuil à 10 µg/L et non à 3 µg/L relève de decisions budgétaires. Les références actuelles de l’eau en matière d’arsenic sont plus motivée par la politique et l’économie que par la technologie et santé. Les normes ne sont qu’un compromis coût-bénéfice  (19). Vous pouvez visiter ce site pour voir les qualités de l’eau du robinet de votre secteur : Ministère des Solidarités et de la Santé : qualité de l’eau potable

Le risque de cancer avec l’arsenic contenu dans le riz :
Le riz capte particulièrement bien l’arsenic contenu dans les sols pollués, il peut être utilisé pour phytoremédiation des sols, mais ne doit par la suite, pas être destinée à la consommation. Cette faculté, montre que le riz a une grande faculté d’absorption de l’arsenic contenu dans les sols et l’eau (13).
La plupart de l’exposition à l’arsenic provient de la viande et surtout du poisson plutôt que des céréales (14). Mais, l’arsenic contenue dans les fruits de mer sont essentiellement organiques. Les composés organiques d’arsenic, à cause de la facilité avec laquelle notre corps peut en disposer, sont considérés comme relativement inoffensifs. Même si des interrogations ont été soulevés sur le sujet, la toxicité de l’arsenic inorganique ne fait plus aucun doute (15).
L’EFSA (European Food Safety Authority) a montré que le riz (ici du riz blanc) contient plus d’arsenic inorganique que les produits marins (Table 26) à l’exception d’une algue « comestible » la hijiki en contenant 100 fois plus que le riz (1 cas de cancer supplémentaire tous les 10000, soit cent fois plus que le risque de cancer acceptable normalement toléré) (16). et dont la consommation n’est pas recommandée par divers organismes étatiques européen, chinois, américains… Le Japon faisant figure d’exception en conseillant de ne pas en prendre excessivement (industrie dans cette algue plus importante, montrant ainsi, une fois de plus, la relation des états entre les intérêts de économiques et de santés sur lesquels ils essayent de jongler) (17).
Le risque de cancer supplémentaire associé à la consommation d’une demi-tasse de riz cuit par jour est d’à peu près 1/10000cas (18). Pour information, le niveau habituel de risque acceptable pour les substances cancérogènes est de 1 cas supplémentaire par million. Au vu des données, il serait peut-être raisonnable, sage de limiter fortement la consommation de riz (19).

    1. Munera-Picazo S, Cano-Lamadrid M, Castaño-Iglesias MC, Burló F, Carbonell-Barrachina ÁA. Arsenic in your food: potential health hazards from arsenic found in rice. Nutrition and Dietary Supplements. 9 January 2015 Volume 2015:7 Pages 1—10.
    2. Hettick BE, Cañas-Carrell JE, French AD, Klein DM. Arsenic: A Review of the Element’s Toxicity, Plant Interactions, and Potential Methods of Remediation. J Agric Food Chem. 2015 Aug 19;63(32):7097-107.
    3. Oberoi S, Barchowsky A, Wu F. The global burden of disease for skin, lung, and bladder cancer caused by arsenic in food. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev. 2014 Jul;23(7):1187-94.
    4. Moon KA, Guallar E, Umans JG, Devereux RB, Best LG, Francesconi KA, Goessler W, Pollak J, Silbergeld EK, Howard BV, Navas-Acien A. Association between exposure to low to moderate arsenic levels and incident cardiovascular disease. A prospective cohort study. Ann Intern Med. 2013 Nov 19;159(10):649-59.
    5. Cardenas A, Smit E, Houseman EA, Kerkvliet NI, Bethel JW, Kile ML. Arsenic exposure and prevalence of the varicella zoster virus in the United States: NHANES (2003-2004 and 2009-2010). Environ Health Perspect. 2015 Jun;123(6):590-6.
    6. Farzan SF, Li Z, Korrick SA, Spiegelman D, Enelow R, Nadeau K, Baker E, Karagas MR. Infant Infections and Respiratory Symptoms in Relation to in Utero Arsenic Exposure in a U.S. Cohort. Environ Health Perspect. 2016 Jun;124(6):840-7.
    7. Potera C. Arsenic and Latent Disease Risk: What’s the Mechanism of Action? Environ Health Perspect. 2016 Feb;124(2):A36.
    8. Farzan SF, Chen Y, Wu F, Jiang J, Liu M, Baker E, Korrick SA, Karagas MR. Blood Pressure Changes in Relation to Arsenic Exposure in a U.S. Pregnancy Cohort. Environ Health Perspect. 2015 Oct;123(10):999-1006.
    9. Shiue I. Association of urinary arsenic, heavy metal, and phthalate concentrations with food allergy in adults: National Health and Nutrition Examination Survey, 2005-2006. Ann Allergy Asthma Immunol. 2013 Nov;111(5):421-3.
    10. Shiue I. Urinary arsenic, heavy metals, phthalates, pesticides, polyaromatic hydrocarbons but not parabens, polyfluorinated compounds are associated with self-rated health: USA NHANES, 2011-2012. Environ Sci Pollut Res Int. 2015 Jun;22(12):9570-4.
    11. Shiue I. Urinary arsenic, pesticides, heavy metals, phthalates, polyaromatic hydrocarbons, and polyfluoroalkyl compounds are associated with sleep troubles in adults: USA NHANES, 2005-2006. Environ Sci Pollut Res Int. 2017 Jan;24(3):3108-3116.
    12. Sung TC, Huang JW, Guo HR. Association between Arsenic Exposure and Diabetes: A Meta-Analysis. Biomed Res Int. 2015;2015:368087.
    13. Sultana R, Kobayashi K, Kim KH. Comparison of arsenic uptake ability of barnyard grass and rice species for arsenic phytoremediation. Environ Monit Assess. 2015 Jan;187(1):4101.
    14. Tao SS, Bolger PM. Dietary arsenic intakes in the United States: FDA Total Diet Study, September 1991-December 1996. Food Addit Contam. 1999 Nov;16(11):465-72.
    15. Molin M, Ulven SM, Meltzer HM, Alexander J. Arsenic in the human food chain, biotransformation and toxicology–Review focusing on seafood arsenic. J Trace Elem Med Biol. 2015;31:249-59.
    16. EFSA. Dietary exposure to inorganic arsenic in the European population. EFSA Journal 2014;12(3):3597 [68 pp.].
    17. Yokoi K, Konomi A. Toxicity of so-called edible hijiki seaweed (Sargassum fusiforme) containing inorganic arsenic. Regul Toxicol Pharmacol. 2012 Jul;63(2):291-7.
    18. Islam S, Rahman MM, Islam MR, Naidu R. Arsenic accumulation in rice: Consequences of rice genotypes and management practices to reduce human health risk. Environ Int. 2016 Nov; 96:139-155.
    19. Sauvé S. Time to revisit arsenic regulations: comparing drinking water and rice. BMC Public Health. 2014;14:465.
    20. Lai PY, Cottingham KL, Steinmaus C, Karagas MR, Miller MD. Arsenic and Rice: Translating Research to Address Health Care Providers’ Needs. J Pediatr. 2015 Oct;167(4):797-803.