L’infertilité masculine et les produits laitiers

Les graisses animales ont de l’œstrogène, qui sont au final des composants inévitables dans la nutrition non végétarienne. Toutes les denrées alimentaires d’origine animale contiennent de l’œstradiol (1). Qui est 10000 fois plus puissant que les xénœstrogènes et l’exposition alimentaire (viandes, produits laitiers et œufs) à ces stéroïdes sexuels naturels est donc pertinente car ces hormones chez ces animaux sont identiques aux nôtres. L’œstrogène de la vache fonctionne exactement comme l’œstrogène de l’humain (2).
Les œstrogènes sont retrouvés dans la viande et les œufs mais les principales sources restent les produits laitiers. En buvant un verre de lait, l’apport d’estradiol d’un enfant est 4000 fois la consommation de xénœstrogènes en termes d’activité hormonale. Les vaches laitières sont génétiquement modifiées pour donner du lait pendant leur grossesse. Le problème est qu’à ce moment, les niveaux d’œstrogène peuvent augmenter jusqu’à 30 fois (3).
La consommation de fromage a été associée à une moindre concentration de spermatozoïdes (4), l’apport en produits laitiers a également été associée à la forme et au mouvements anormaux des spermotozoïdes. Cela suggère que la consommation de produits laitiers serait impliquée dans des lésions testiculaires et pas seulement à la suppression potentielle de la production de spermatozoïdes due à l’œstrogène  (5).
Les produits laitiers contribuent à l’ingestion de la plupart des stéroïdes sexuels féminins, les œufs en sont également une source considérable contribuant à peu près autant que la viande ou le poisson. Cela relève d’une certaine logique puisque les œufs sont produits directement dans les ovaires des poules (6).
La viande peut également être enrichie d’hormones. Aux USA, les stéroïdes sexuels anabolisants peuvent être administrés aux animaux pour promouvoir la croissance. Cette pratique est interdite en Europe depuis 1989. Cette étude à New York a trouvé que le nombre de spermatozoïdes diminue progressivement quand elle est associée à la consommation de viande transformée (7), mais des études similaires en Europe ont trouvé la même chose après l’interdiction de 1989 (8). Donc ce ne sont peut être pas les hormones implantées, mais plutôt une conséquence d’autres choses dans la viande, tels que le gras saturé, peut-être par le cholestérol (7).
En 1989, il a été constaté que des hommes avec de hauts niveaux de cholestérol montrent des anomalies dans leurs spermogrammes, une diminution de la concentration de sperme, environ ¹/₃ du mouvement normal du sperme et la moité de la forme normale du sperme (9). En 2014, même constat, le cholestérol est mauvais pour le sperme. Des niveaux plus élevés de cholestérol dans le sang sont associés à un pourcentage significativement plus faible de spermatozoïdes normaux. Le cholestérol était aussi associé à une réduction du volume de sperme et au nombre de spermatozoïdes vivants (10). Les résultats montrent le rôle des graisses dans le sang sur la fertilité masculine (au vue des problèmes majeurs avec le cholestérol et l’obésité…). Une alimentation végétarienne est associée à un nombre bien portant de spermatozoïdes plus élevés (11).

  1. A Daxenberger, D Ibarreta, H H Meyer. Possible health impact of animal oestrogens in food. Hum Reprod Update. 2001 May-Jun;7(3):340-55.
  2. L Aksglaede, A Juul H Leffers N E Skakkebaek, A M Andersson. The sensitivity of the child to sex steroids: possible impact of exogenous estrogens. Hum Reprod Update. 2006 Jul-Aug;12(4):341-9.
  3. D Ganmaa, P Y Wang, L Q Qin, K Hoshi, A Sato. Is milk responsible for male reproductive disorders? Med Hypotheses. 2001 Oct;57(4):510-4.
  4. M C Afeiche, N D Bridges, P L Williams, A J Gaskins, C Tanrikut, J C Petrozza, R Hauser, J E Chavarro. Dairy intake and semen quality among men attending a fertility clinic. Fertil Steril. 2014 May;101(5):1280-7.
  5. M Afeiche, P L Williams, J Mendiola, A J Gaskins, N Jorgensen, S H Swan, J E Chavarro. Dairy food intake in relation to semen quality and reproductive hormone levels among physically active young men. Hum Reprod. 2013 Aug;28(8):2265-75.
  6. S Hartmann, M Lacorn, H Steinhart. Natural occurrence of steroid hormones in food. Food Chemistry Volume 62, Issue 1, May 1998, Pages 7–20.
  7. M C Afeiche, P L Williams, A J Gaskins, J MEndiola, N Jorgensen, S H Swan, J E Chavarro. Meat intake and reproductive parameters among men. Epidemiology. 2014 May;25(3):323-30.
  8. Mendiola J, Torres-Cantero AM, Moreno-Grau JM, et al. Food intake and its relationship with semen quality: a case-control study. Fertil Steril. 2009;91:812–818.
  9. R S Padron, J Mas, R Zamora, F Riverol, M LIcea, L Mallea, J Rodriguez. Lipids and Testicular Function. Int Urol Nephrol. 1989;21(5):515-9.
  10. E F Schisterman, S L Mumford, Z Chen, R W Browne, D Boyd Barr, S Kim, G M Buck Louis. Lipid concentrations and semen quality: the LIFE study. Andrology. 2014 May;2(3):408-15.
  11. S Bhushan, R C Pandey, S P Singh, D N Pandey, P Seth. Some observations on human semen analysis. Indian J Physiol Pharmacol. 1978 Oct-Dec;22(4):393-6.