Traitement du cancer de la prostate avec la diététique

Le docteur Dean Ornish a démontré qu’un programme basé sur une alimentation végétale et un certain style de vie pourraient inverser la progression du cancer de la prostate (fig1) en faisant que la circulation sanguine des hommes soit 8 fois plus effective dans la suppression de la croissance des cellules cancéreuses (fig2) dans un stade précoce du cancer de la prostate ou il est décidé d’attendre et surveiller. Et dans ce cas là, les effets secondaires ne sont que positifs (1).
Pour des cas avancés, la littérature scientifique fait mention de quelques cas suggérant certains avantages. Un homme avec une maladie métastatique avancée avec à peu près trois ans à vivre, passe à un régime végétarien strict. Quatre an plus tard, le cancer semble avoir disparu. Six ans plus tard, il s’écarte de son alimentation végétarienne stricte à base de volaille, poisson et autres viandes. Le cancer revient et il meurt (2).  Cette étude, n’est qu’une anecdote et ne fait pas office de preuve. Elle peut, tout au plus, guider quelques travaux de recherches.
En 2001, une étude a vu le jour. Basée sur tous les rapports que le cancer de la prostate peut être sensible à l’alimentation, même après être métastasé. Pouvant prolonger la survie et même provoquer une rémission des métastases osseuses chez les hommes avec une version avancée de la maladie. Ils ont décidé de mettre à l’épreuve cette théorie pendant une période de 4 mois sur une dizaine d’hommes et leurs partenaires. Ils ont découverts que trop de graisse saturée, trop peu de fibres et trop de viande peuvent être les plus grand acteurs dans la promotion et la progression des tumeurs. Ils ont donc mis les gens à une alimentation complétement végétale de céréales complètes, haricots, graines, légumes et fruits. Cette modification suppose ici un changement drastique par rapport à leur alimentation habituelle, ils inclurent un composant de réduction du stress dans l’espoir d’améliorer la conformité alimentaire.  Les dix personnes de l’étude ont tous subi une prostatectomie radicale pour éliminer leur tumeur primaire et ont ensuite expérimenté une augmentation des niveaux de PSA (Prostate Specific Antigen ou l’Antigène Prostatique Spécifique qui est un marqueur de l’activité de la prostate qu’on peut doser avec une simple prise de sang), indicatif d’une maladie métastatique probable (voir ici). Avec l’ablation de la prostate, le niveau devrait être nul. Le fait qu’ils aient non seulement encore quelques PSA, mais qu’il était en hausse, suggère que la chirurgie a échoué et que le cancer s’est propagé et a fait son retour. En figure 1 on peut voir la vitesse à laquelle les  niveaux de PSA ont augmentés avant le commencement de l’étude pour chaque participant. Ainsi que les résultat après l’étude. Si les résultats après l’étude sont similaires au résultat avant l’étude, alors ça signifierait que l’alimentation n’a eu aucun effet. Le cancer serait toujours aussi puissant et en train de se répandre aussi vite que précédemment. Après l’étude, il semble que le cancer s’est accéléré encore plus vite pour deux hommes. Pour les 8 autres hommes, l’intervention semble avoir été marqué par une diminution de la progression, ralentissant apparemment la vitesse de croissance du cancer. Pour trois d’entre eux, il n’a pas fait que ralentir, mais semblerait s’être inversé et rétréci. L’explication de ses réponses différentes est simple. Ce n’est pas parce que vous dites aux gens de commencer à avoir une alimentation complétement végétarienne que les patients le font réellement (Comme dans l’étude d’Ornish, plus les gens respectaient les recommandations alimentaires et sur le mode de vie, plus ils réussissaient (1) ). Pour contrôler le suivi du régime des participants de l’étude, on peut utiliser l’apport en fibres comme un proxy pour la conformité alimentaire. Comme tous les aliments végétaux sont composés de fibres. On peut voir en table 4 l’évolution en fibres. Au départ, le minimum était de 14 g/jour en moyenne. Après l’étude la moyenne est montée à 19 g/ jour (qui ne correspond même pas à l’apport minimum recommandé). Ce qui est loin de correspondre à une alimentation basée strictement sur des végétaux complet. Sur les 10 hommes, seulement 4 hommes ont effectivement augmenté leur consommation de fibre, expliquant peut être les différentes réponses. On peut voir que les personnes dont l’apport en fibre s’est le plus amélioré avait le meilleur résultat de PSA tandis que l’homme dont l’apport en fibres a le plus diminué a eu le pire résultat de PSA. D’après la figure 2, il semble que plus ils ont changé leur alimentation, plus leurs résultats se sont améliorés. Les chercheurs ont conclus qu’un régime végétal livré dans le contexte de la gestion du stress peut ralentir le taux de progression de la tumeur. Et contrairement à d’autres traitements, peut donner aux patients, un certain contrôle sur leur maladie (3).

Étude similaire à la précédente et pas le même chercheur, mais cette fois-ci sur 6 mois avec des patients dans la même situation et le même protocole.  Avec un niveau de PSA toujours croissant malgré la prostatectomie. La prochaine étape à cet état serait ce qui est appelé la « thérapie hormonale » qui est une castration chimique ayant une liste d’effets secondaires  comme la libido, force, vitalité, fonction sexuelle. Par conséquent, l’étude va tenter d’éviter ce processus via un régime alimentaire. Les participants ont du augmenter leurs apports en céréales complètes, fruits, légumes, haricots et de réduire leurs apports en viandes, produits laitiers, produits sucrés transformés. Comme dans l’étude précédente, même type de résultats (4).
Le choix d’un changement de régime alimentaire est dicté par les grandes différences de taux de prostates parmi les différentes population du monde (5). Notamment entre l’Asie et d’autres pays occidentaux. Le facteur génétique n’entrant ici, pas en compte, puisque des asiatiques ayant immigrés dans les pays les plus touchés, le seront tout autant pour les générations suivantes. Toute une série de facteurs de styles de vies ont été examinés, mais c’est la nutrition qui semble avoir le plus grand impact. Plus précisément la consommation de viandes, produits laitiers qui semble augmenter les risques et la consommation de végétaux semble réduire les risques(6).

 

  1. Ornish D, Weidner G, Fair WR, Marlin R, Pettengill EB, Raisin CJ, Dunn-Emke S, Crutchfield L, Jacobs FN, Barnard RJ, Aronson WJ, McCormac P, McKnight DJ, Fein JD, Dnistrian AM, Weinstein J, Ngo TH, Mendell NR, Carroll PR. Intensive lifestyle changes may affect the progression of prostate cancer. J Urol. 2005 Sep;174(3):1065-9; discussion 1069-70.
  2. Carter JP, Saxe GP, Newbold V, Peres CE, Campeau RJ, Bernal-Green L. Hypothesis: dietary management may improve survival from nutritionally linked cancers based on analysis of representative cases. J Am Coll Nutr. 1993 Jun;12(3):209-26.
  3. Saxe GA, Hébert JR, Carmody JF, Kabat-Zinn J, Rosenzweig PH, Jarzobski D, Reed GW, Blute RD. Can diet in conjunction with stress reduction affect the rate of increase in prostate specific antigen after biochemical recurrence of prostate cancer? J Urol. 2001 Dec;166(6):2202-7.
  4. Saxe GA, Major JM, Nguyen JY, Freeman KM, Downs TM, Salem CE. Potential attenuation of disease progression in recurrent prostate cancer with plant-based diet and stress reduction. Integr Cancer Ther. 2006 Sep;5(3):206-13.
  5. Quinn M, Babb P. Patterns and trends in prostate cancer incidence, survival, prevalence and mortality. Part I: international comparisons. BJU Int. 2002 Jul;90(2):162-73.
  6. Nguyen JY, Major JM, Knott CJ, Freeman KM, Downs TM, Saxe GA. Adoption of a plant-based diet by patients with recurrent prostate cancer. Integr Cancer Ther. 2006 Sep;5(3):214-23.