Le prédiabète

La prévention du prédiabète pour l’enfant

Le prédiabète est non seulement un état à haut risque de développer le diabète, mais c’est aussi une maladie en soi. Les prédiabétiques peuvent déjà avoir des dommages aux yeux, aux reins, aux vaisseaux sanguins et au cœur (1). Les données de nombreuses études suggèrent les complications chroniques du diabète de type 2 commencent à se développer pendant l’état prédiabétique. Dès le prédiabète, il peut être déjà trop tard pour éviter les dommages aux organes. Alors, mieux vaut prévenir le prédiabète le plus tôt possible (2). Il y a 30 ans, on trouvait chez les jeunes, presque uniquement le diabète de type 1 (3,4). Mais depuis la mi-90, on a commencé à voir une augmentation du diabète de type 2 chez les jeunes dans le monde entier. Le terme « diabète de l’adulte » ayant en effet été remplacé par le terme de diabète de type 2, car certains enfants le développent dès l’âge de 8ans. Et les effets peuvent être dévastateurs. Un suivi de 15ans mené auprès d’enfants atteints du diabète de type 2 a trouvé un taux alarmant chez les jeunes adultes de cécité, d’amputation, d’insuffisance rénale et de décès (4).

Cette augmentation dramatique du diabète chez les enfants vient de l’augmentation tout aussi dramatique de l’obésité infantile. Au cours des 30 dernières années, le nombre d’enfants en surpoids a augmenté de plus de 100%. Lorsqu’un enfant obèse atteint l’âge de six ans, il est susceptible de le rester (plus de 50% de chance). Et même s’il ne le reste pas, un surpoids dans la jeunesse prédit la maladie et le décès à l’âge adulte peu importe le poids à l’âge adulte (5). Être un adolescent en surpoids peut prédire un risque de maladie 55 ans plus tard : 2 fois plus de risque de crise cardiaque, plus de cancer, de goutte, d’arthrite… En fait, le surpoids à l’adolescence était un prédicteur plus puissant de ces risques que le surpoids à l’âge adulte. Cela montre l’importance de se concentrer sur la prévention de l’obésité infantile (6).

D’après les guides de pratique clinique de l’Académie Américaine de Pédiatrie, le problème semble être que les enfants mangent trop de graisses et sucres ajoutés et ne mangent pas assez de fruits et légumes (7). Peu de temps après la naissance d’un enfant, les médecins devraient profiter de chaque occasion pour donner des conseils judicieux en matière de nutrition et de croissance de façon à réduire les risques d’obésité et ses complications (8).

Le président du département de la nutrition à l’Université Loma Linda a publié un article disant que ne manger strictement aucune viande serait une stratégie efficace. Les études de population ont toujours montré que les végétariens sont plus minces que les non-végétariens comparables. Un indice de masse corporelle supérieur à 30 est considéré comme obèse, 25 à 30 représente un surpoids et moins de 25 un poids idéal. En figure 1, les non végétariens se situaient à 28,8. À mesure qu’on mange plus de plante, l’IMC moyen diminue (NB: aux US, même le végétarien moyen est en surpoids). Les seuls ayant un poids idéal sont les vegan. C’est ici une différence de 15kg entre les végétaliens et les mangeurs de viande. Les enfants végétariens grandissent non seulement plus mince mais ils sont aussi plus grands (9). Ils deviennent de 2.0 à 2.5cm plus grands que les autres enfants. Apparemment, la consommation de viande est associée négativement à la taille. Ce n’est pas grâce à la consommation de lait, puisque les enfants végétariens consommeraient beaucoup moins de produits laitiers et de protéines animales dans l’ensemble (10). La consommation de viande est par contre associée à une croissance en largeur (fig. 3). Chez les enfants d’âge scolaire, la consommation de produits animaux (viande, produits laitiers ou œufs) est associée à un risque accru de surpoids, contrairement aux équivalents à base de plantes (hamburgers, hot-dogs et charcuteries végés), et les aliments végétaux complets (céréales, haricots et noix) ont été jugés protecteurs (fig. 3). C’est peut-être parce que les régimes à base de plantes ont une faible densité d’énergie et sont riches en amidon, en fibre et en eau, ce qui peut accroitre la sensation de satiété et la dépense énergétique au repos, et ainsi, le taux métabolique au repos. Une alimentation à base de plante semble stimuler le métabolisme,  de telle sorte qu’on brûle plus de calories au repos, même en dormant. Cependant, nous ne sommes pas sûrs dans quelle mesure les avantages sont dus à l’augmentation des aliments végétaux par rapport à la diminution de la viande. Peu importe, on devrait encourager les régimes à base de plantes pour une santé optimale. Il est essentiel que les politiques alimentaires locales, nationales et internationales appuient les messages de marketing social et réduisent les forces sociales, culturelles, économiques et politiques qui nuisent à la promotion de tels régimes (9).
Par exemple, il est judicieux de conseiller de consommer un régime à base de plantes, mais des questions se posent quant au prix relativement élevé des fruits et des légumes. Nous pourrions réduire l’obésité infantile, prévenir la propagation de la maladie, mais nous devons veiller à ce que les aliments végétaux soient abordables et accessibles pour les enfants de tous les niveaux de revenu (11).

Avoir le diabète pendant l’enfance, enlève près de 20 ans de leur vie (18,7ans) (3).

Médecine et prédiabète

Pour les gens avec du prédiabètes, les modifications du style de vie est considéré comme la pierre angulaire de la prévention du diabète (1). Au niveau de l’alimentation, ceci veut dire que les individus avec du prédiabète ou du diabète devraient envisager de réduire leurs apports en calories excessives et en gras trans (12). Trop d’entre nous consomment une alimentation avec trop de ces gras solides en plus des sucres ajoutés. Heureusement, les dernières directives alimentaires visent à changer la consommation vers des aliments davantage basés sur les plantes (13). Ces modifications du mode de vie sont recommandées sous formes de directives par l’Association américaine de l’endocrinologie clinique (14), des directives de l’association européenne du diabète (15), ainsi que du standard officiel de soins pour l’Association américaine du diabète (16,17). Les stratégies alimentaires incluent une réduction dans l’apport en gras, et une augmentation de l’apport en fibre signifiant des aliments végétaux non transformés, incluant les grains entiers (16). Ces recommandations sont basés sur des recherches comme celle-ci. Nous savons que manger beaucoup de grains entier est associé avec une réduction du risque de développer le diabète de type 2. Cette étude démontre même que la consommation de grains entiers pourraient également protéger contre le prédiabète en premier lieu (18). Pour aider à prévenir la mort chez les diabétiques, les recommandations devraient se concentrer sur la réduction de gras saturé, du cholestérol et des gras trans, ce qui revient au même que de dire la viande, les produits laitiers, les œufs et la malbouffe en général. Ainsi que d’augmenter les oméga-3, les fibres solubles et les phytostérols, tous des ingrédients pouvant être trouvés dans les graines de lin par exemple (16).
Les graines de lin restent une intervention efficace mais encore peu commune pour le prédiabète. Ils ont découvert qu’environ 2 cuillères à thé de graines de lin moulues par jour pouvaient réduire la résistance à l’insuline qui est la caractéristique de cette maladie (19).

Alors si les normes de soins de tous les groupes majeurs pour le diabète disent que les changements de mode de vie sont le traitement de choix pour le prédiabète parce que sécuritaire et hautement efficace, pourquoi n’y a-t-il pas plus de recommandations de la part du corps médicales (20) ? Malheureusement, l’opportunité de traiter cette maladie naturellement est souvent non reconnue. Seulement 1 patient sur 3 rapporte s’être déjà fait parler de l’alimentation et l’exercice. Les raisons possibles pour ne pas avoir conseillé leurs patients inclus le manque de remboursement, le manque de temps et le manque de compétence (12).

L’insuffisance de l’éducation clinique est une conséquence de l’échec de l’éducation médicale et des soins de santé de s’adapter aux transformations majeures d’une maladie aiguë à chronique. Les maladies chroniques sont maintenant la principale cause d’invalidité, consommant les trois quarts des systèmes de soins de maladies des pays occidentaux. Pourquoi n’y a-t-il pas eu un peu de réponses académiques à cette montée prévalente de maladies chroniques (21) ? Peut-être est-ce parce que les docteurs ne sont pas payé pour le faire. Tenter de changer à un modèle de soin rationnel est pratiquement impensable en l’absence de changement radical de compensation. Pourquoi est-ce que les politiques de remboursement n’ont pas été modifiées ? Une raison cruciale pourrait être l’échec de la direction dans la profession et l’éducation médicale de reconnaître et répondre à ces changements dans la nature des profils des maladies (21).

Quel est au final le retard de la profession médicale ? Un rapport de l’institut de médecine sur la formation médicale concluait que l’approche fondamentale de l’éducation médicale n’avait pas changé depuis 1910 (22).

  1. A G Tabak, C Herder, W Rathmann, E J Brunner, M Kivimaki. Prediabetes: a high-risk state for diabetes development. Lancet. 2012 Jun 16;379(9833):2279-90.
  2. R E Pratley. The early treatment of type 2 diabetes. Am. J. Med. 2013 126(9 – Suppl – 1):S2 – 9.
  3. A M G Cali, S Caprio. Prediabetes and type 2 diabetes in youth: An emerging epidemic disease? Current opinion in endocrinology, diabetes and obesity 2008 15(2):123 – 127.
  4. T Reinehr. Type 2 diabetes mellitus in children and adolescents. World J Diabetes 2013 4(6):270 – 281.
  5. T S Hannon, G Rao, S A Arslanian. Childhood obesity and type 2 diabetes mellitus. Pediatrics 2005 116(2):473 – 480.
  6. A Must, P F Jaques, G E Dallai, C J Bajema, W H Dietz. Long-term morbidity and mortality of overweight adolescents. N Engl J Med. 1992 Nov 5;327(19):1350-5.
  7. SC Springer, J Silverstein, K Copeland, J Silverstein, K R Moore, G E Prazar, T Raymer, R N Shiffman, S C Springer, V V Thaker, M Anderson, S J Spann, S K Flinn. Management of newly diagnosed type 2 Diabetes Mellitus (T2DM) in children and adolescents. Pediatrics 2013 131(2):364 – 382.
  8. N D Spector, S F Kelly. Pediatrician’s role in screening and treatment: Bullying, prediabetes, oral health. Current opinion in pediatrics 2006 18(6):661 – 670.
  9. J Sabaté, M Wien. Vegetarian diets and childhood obesity prevention. Am. J. Clin. Nutr. 2010 91(5):1525S – 1529S.
  10. J Sabaté, K D Lindsted, R D Harris, A Sanchez. Attained height of lacto-ovo vegetarian children and adolescents. Eur J Clin Nutr. 1991 Jan;45(1):51-8.
  11. P K Newby. Plant foods and plant-based diets: Protective against childhood obesity? Am. J. Clin. Nutr. 2009 89(5):1572S – 1587S.
  12. J D Eikenberg, B M Davy. Prediabetes: a prevalent and treatable, but often unrecognized, clinical condition. J Acad Nutr Diet. 2013 Feb;113(2):213-8.
  13. Type 2 Diabetes—time to change our approach. Lancet. 2010 Jun 26;375(9733):2193.
  14. American Association of Clinical Endocrinologists – Prediabetes algorithm
  15. Authors/Task Force Members, and more. ESC Guidelines on diabetes, pre-diabetes, and cardiovascular diseases developed in collaboration with the EASD: the Task Force on diabetes, pre-diabetes, and cardiovascular diseases of the European Society of Cardiology (ESC) and developed in collaboration with the European Association for the Study of Diabetes (EASD). Eur Heart J. 2013 Oct;34(39):3035-87.
  16. American Diabetes Association. Standards of medical care in diabetes—2014. Diabetes Care. 2014 Jan;37 Suppl 1:S14-80.
  17. Correctif / Erratum de 16
  18. T Wirstrom, A Hilding, H F Gu, C G Ostenson, A Bjorklund. Consumption of whole grain reduces risk of deteriorating glucose tolerance, including progression to prediabetes. Am J Clin Nutr. 2013 Jan;97(1):179-87.
  19. A M Hutchins, B D Brown, S C Cunnane, S G Domitrovich, E R Adams, C E Bobowiec. Daily flaxseed consumption improves glycemic control in obese men and women with pre-diabetes: a randomized study. Nutr Res. 2013 May;33(5):367-75.
  20. R E Pratley. The early treatment of type 2 diabetes. Am J Med. 2013 Sep;126(9 Suppl 1):S2-9.
  21. H Holman. Chronic disease—the need for a new clinical education. JAMA. 2004 Sep 1;292(9):1057-9.
  22. Institute of Medicine (US) Committee on Quality of Health Care in America. Crossing the Quality Chasm: A New Health System for the 21st Century. Washington (DC): National Academies Press (US): 2001.