Alcool et cancer

Dès 1903, une corrélation existe entre la consommation et une mortalité excessive due au cancer (1). Le nombre de preuves n’a pas cessé d’augmenter avec le temps (l’OMS le classant également parmi les substances cancérigènes). L’alcool est associée au cancer du pancréas, de la prostate et au mélanome, mais il est certain qu’il augmente le risque de cancer de la bouche, gorge, œsophage, cancer colorectal, du foie, du larynx et du sein (2). L’alcool serait responsable, la cause de 5.8% de tous les décès par cancer de ces organes dans le monde entier (3).
La distribution des cancers attribuable à l’alcool est différent entre les femmes et les hommes. Chez les hommes, l’alcool provoque essentiellement des cancers de la tête et du cou et gastro-intestinaux. Chez les femmes, il s’agit principalement du cancer du sein. L’alcool est responsable de plus de 100000 cas de cancer du sein chaque année (4).
Il n’y a d’ailleurs pas de corrélation entre le niveau d’alcoolisme, le niveau de consommation d’alcool et le risque de cancer du sein. Il est possible d’en avoir un du fait de l’alcool même avec une faible consommation (5).
Manger sainement peut aider à moduler ce risque. Avoir un régime riche en fibres peut avoir l’effet inverse. Manger davantage d’aliments végétaux entiers peut être capable d’atténuer les effets néfastes de l’alcool. Il a été montré que l’alcool fait monter les niveaux d’hormones sexuelles, comme les œstrogènes, ce qui peut augmenter le risque de cancer du sein, le contraire se produisant avec les personnes mangeant des aliments riches en fibres. La fibre semblant se lier avec les œstrogènes dans le côlon et aider à les évacuer du corps (6,7).
Aucun niveau d’alcool n’a été trouvé comment étant sûr au point de vue du cancer (8).
La consommation d’une substance cancérigène addictive ne peut pas être considérée comme un choix de mode de vie sain (9). L’alcool est tout simplement toxique, cancérigène, cause de malformations congénitales, et potentiellement addictif. Avec des arguments contraires, les scientifiques peuvent donner au lobby de l’alcool et aux publicitaires l’occasion de manipuler les preuves scientifiques et faire passer le profit avant la santé publique (10). Ils le font en niant, déformant les preuves, en essayant de détourner l’attention du public. L’industrie de l’alcool semble être engagée dans le même genre d’allégations mensongères à grande échelle, et déformations des faits pour lesquelles l’industrie du tabac est connue (11). Les compagnies d’alcool cherchant de plus en plus à se présenter comme donnant des informations sanitaires objectives sur leurs produits, mais l’information devrait provenir des autorités sanitaires et non des « plus prospères dealers de drogue du 21ème siècle » (12). Ils arrivent même à s’approprier les causes de la prévention du cancer afin de promouvoir leur produit cancérigène (13). Ce phénomène existe dans plusieurs type d’alcool avec souvent une affiche pour le combat d’une cause (exemple avec une bière affichant son combat contre le cancer du sein (Mike’s Hard Pink Lemonade)). Ce qui paradoxalement, au nom de la prévention, contribue à augmenter le risque d’attraper la dite maladie (14). Mais, l’industrie de l’alcool reste une industrie commerciale qui doit vivre de ses produits, il est plutôt logique qu’elle cachent les faits dérangeants. Ce qui l’est vraiment, c’est le manque d’information voir même l’absence d’information du corps médical. Sur le peu d’efforts qu’il produit pour une information juste et suffisante au vue des cancers dont est responsable l’alcool. Seul le cancer du foie est correctement informé (15), mais il ne représente qu’une part mineure des cancers résultant de la consommation d’alcool (4). Le problème serait du à l’image que renvoie l’alcool dans la société. Même si la communauté scientifique et médicale fait de plus attention aux conflits d’intérêts, l’industrie de l’alcool n’est que peu mentionné contrairement à l’industrie du tabac ou pharmaceutique. L’une des raisons qui expliquerait que les dangers de ce produit restent en grande partie silencieux est que c’est un produit qui est synonyme de normalité, de fun, festivité et que les dommages de l’alcool ne le sont que pour les « gros buveurs » (16).
L’alcool est un des produits les moins mis en avant pour le cancer. La raison est que c’est peut être parce que les médecins sont eux mêmes des buveurs et ainsi veulent rester dans le déni. L’industrie de l’alcool reconnait le message que l’alcool cause le cancer comme une grande menace. Ils ont tout intérêt à maintenir ce statu quo de l’ignorance relative et du déni parmi la population générale et leurs conseillers de santé de confiance. Les professionnels de la santé devraient mettre de côté leur penchant pour l’alcool et informer sans réserve leur patient ou la population que l’alcool provoque des cancers (17).
La plupart reconnaissent également boire sur leur lieu de travail pendant qu’ils sont de garde et signalent avoir rencontré des collègues médecins qui consultaient alors qu’il était apparent qu’ils n’avaient pas toutes leurs facultés. Et sur les 53% des médecins qui pensaient avoir une obligation d’informer les patients de cette situation, seul 12% ont reportés boire à leurs patients (18).

  1. Newsholme A. The possible association of the consumption of alcohol with excessive mortality from cancer. Br Med J. 1903;2(2241):1529-1531.
  2. Bagnardi V, Rota M, Botteri E, et al. Alcohol consumption and site-specific cancer risk: a comprehensive dose-response meta-analysis. Br J Cancer. 2015;112(3):580-593.
  3. Connor J. Alcohol consumption as a cause of cancer. Addiction. 2017;112(2):222-228.
  4. Praud D, Rota M, Rehm J, et al. Cancer incidence and mortality attributable to alcohol consumption. Int J Cancer. 2016;138(6):1380-1387.
  5. Shield KD, Soerjomataram I, Rehm J. Alcohol use and breast cancer: a critical review. Alcohol Clin Exp Res. 2016;40(6):1166-1181.
  6. Romieu I, Ferrari P, Chajès V, et al. Fiber intake modulates the association of alcohol intake with breast cancer. Int J Cancer. 2017;140(2):316-321.
  7. Romieu I, Chiara S,Chajes V Alcohol intake and breast cancer in the European prospective investigation into cancer and nutrition. Int J Cancer. 2015;10.1002/ijc.29469
  8. Bagnardi V, Blangiardo M, La Vecchia C, Corrao G. Alcohol consumption and the risk of cancer: a meta-analysis. Alcohol Res Health. 2001;25(4):263-270.
  9. Braillon A. Consumption of alcohol, an addictive carcinogen, cannot be a healthy lifestyle choice!. J Stud Alcohol Drugs. 2016;77(5):838.
  10. Testino G, Leone S, Sumberaz A, Borro P. Alcohol and cancer. Alcohol Clin Exp Res. 2015;39(11):2261.
  11. Petticrew M, Maani Hessari N, Knai C, Weiderpass E. How alcohol industry organisations mislead the public about alcohol and cancer. Drug Alcohol Rev. 2017.
  12. Moodie AR. Big alcohol: the vector of an industrial epidemic. Addiction. 2014;109(4):525-526.
  13. Stockwell T. Minimum unit pricing for alcohol: the most cost-effective of cancer prevention strategies? 2017;Expert Review of Anticancer Therapy
  14. Mart S, Giesbrecht N. Red flags on pinkwashed drinks: contradictions and dangers in marketing alcohol to prevent cancer. Addiction. 2015;110(10):1541-1548.
  15. Burki TK. Low public awareness of link between cancer and alcohol. Lancet Oncol. 2016;17(5):e184.
  16. Let’s Be Straight Up about the Alcohol Industry
  17. Slevin T, Chikritzhs T. Why is alcohol cancer’s best-kept secret?. Addiction. 2017;112(2):229-230.
  18. Peterman JF, Desbiens NA. Should physicians be allowed to use alcohol while on call?. J Med Ethics. 2005;31(1):21-26.