La sous évaluation des recommandations en fibres

La période paléolithique ne remonte qu’à deux millions d’années. Période relativement courte en comparaison des vingt millions d’années au cours duquel les humains et grands singes ont évolués à partir de l’époque miocène. La nutrition paléolithique, qui figure parmi les types de régime à la mode, ne représente que le dernier 10% de l’évolution des hominidés. Reste à savoir ce qu’il y avait lors des 90 premiers pourcents (1).
Le régime alimentaire du miocène est connu pour être riche en fibres, à base de plantes. Période qui concerne la grande majorité de notre évolution. Nous mangions ce que les autres grands singes mangent actuellement, c’est à dire des feuilles, tiges, pousses qui peuvent être traduits par des légumes, des fruits, des graines et noix (2).
Anatomiquement, le tube digestif humain et celui des grands singes sont très similaires, tout comme l’ADN. Leurs régimes alimentaires est composé en grande partie de régimes végétariens, de feuilles vertes et de fruits. À contrario, les chimpanzés ont été connus pour chasser et tuer des proies, mais la consommation de denrées d’origines animales a un niveau très bas. Seul 1.7% des selles fournissent des preuves d’aliments d’origine animale (3). Une étude de huit années de travail, basée sur près de 2000 échantillons fécaux montre que même le plus carnivore des singes à une alimentation basée à 98% de plantes (4). Les bonobos ont peut être le régime alimentaire le plus proche du notre. Ayant un régime alimentaire presque exclusivement à base de plantes (5).
Les cueilleurs chasseurs du Paléolithiques avait une consommation en fibres comprise entre 70 et 120g par jour. Montrant la forte prédominance d’un régime à base de plantes et très réduites concernant les produits d’origine animale (6).
Une étude a fait l’essai de ce régime du Miocène en testant les effets d’une alimentation riche en fibres (150g/jour), de cinq fois les recommandations françaises (30g/jour). Ce qui mange par ailleurs des populations d’Afrique rurale mangeaient. Populations exemptes de beaucoup des maladies de mortelle chronique de civilisations telles que le cancer du côlon, maladies cardiaques… En table 1, les portions de ce qui fut ingéré montre un régime exclusivement à base de végétaux (fruits, légumes, noix…). Les régimes ont été conçu pour que les participants maintiennent leurs poids, d’où les doses très importantes, ne voulant pas de perte de poids pour confondre les données (l’effet de satiété fut maximal bien entendu). Les participants devaient manger environ 5kg de nourriture par jour (quantité de selles record dans la littérature scientifique sur le sujet de nutrition pouvant dépasser 1kg par jour). Ils ont observés une baisse de cholestérol LDL de 33% en deux semaines (sans perte de poids), le régime à base de féculent ayant une baisse de 20% et les régimes végétarien (faible en gras saturé recommandé par l’AHA) de moins de 10%. Une amélioration semblable à des doses thérapeutique de médicaments de type statine (sans les effets secondaires) (7).
Cette consommation de fibre a été faite pendant des millions d’années et ce sont des doses semblables aux populations ne souffrant de plusieurs des maladies chroniques occidentales (8)
Cette consommation jugée important de fibre devrait peut-être être considérée comme une dose normale et de considérer ce que l’occident recommande à minima comme très pauvre. Car une quantité importante de maladies touchent les populations ayant une consommation basse en fibres, elles souffrent en autre de constipation, hémorroïdes, diverticulites, cancer de l’appendicite, cancer du côlon, de l’obésité, du diabète de type 2, thromboses coronaires… Tout un tas de maladies touchant en masse la civilisation occidentale (9). Ce qui ne peut pas être caractérisé comme normal tout comme la consommation excessivement basse en fibre.

  1. S B Eaton, M Konner. Paleolithic nutrition. A consideration of its nature and current implications. N Engl J Med. 1985 Jan 31;312(5):283-9.
  2. D J Jenkins, C W Kendall. The garden of Eden: plant-based diets, the genetic drive to store fat and conserve cholesterol, and implications for epidemiology in the 21st century. Epidemiology. 2006 Mar;17(2):128-30.
  3. D G Popovich, D J Jenkins, C W Kendall, E S Dierenfeld, R W Carroll, N Tariq, E Vidgen. The western lowland gorilla diet has implications for the health of humans and other hominoids. J Nutr. 1997 Oct;127(10):2000-5.
  4. C E G Tutin, M Fernandez. Composition of the diet of chimpanzees and comparisons with that of sympatric lowland gorillas in the lopé reserve, gabon. American Journal of Primatology Volume 30, Issue 3, pages 195–211, 1993.
  5. R E Ley, C A Lozupone, M Hamady, R Knight, J I Gordon. Worlds within worlds: evolution of the vertebrate gut microbiota. Nat Rev Microbiol. 2008 Oct;6(10):776-88.
  6. K M Tuohy, L Conterno, M Gasperotti, R Viola. Up-regulating the human intestinal microbiome using whole plant foods, polyphenols, and/or fiber. J Agric Food Chem. 2012 Sep 12;60(36):8776-82.
  7. D J Jenkins, C W Kendall, D G Popovich, E Vidgen, C C Mehling, V Vuksan, T P Ransom, A V Rao, R Rosenberg-Zand, N Tariq, P Corey, P J Jones, M Raeini, J A Story, E J Furumoto, D R Illingworth, A S Pappu, P W Connelly. Effect of a very-high-fiber vegetable, fruit, and nut diet on serum lipids and colonic function. Metabolism. 2001 Apr;50(4):494-503.
  8. K M Tuohy, C Gougoulias, Q Shen, G Walton, F Fava, P Ramnani. Studying the human gut microbiota in the trans-omics era–focus on metagenomics and metabonomics. Curr Pharm Des. 2009;15(13):1415-27.
  9. HC Trowell, DP Burkitt. The development of the concept of dietary fibre. Mol Aspects Med. 1987;9(1):7-15.