L’augmentation de l’apport en protéines pour les personnes âgées (valable pour les plus jeunes)

Une consommation élevée en produits animaux (viandes, œufs, produits laitiers) pourraient être aussi nocif pour la santé que le tabagisme tel que suggéré dans une étude pour les personnes de moins de 65ans. Elles seraient quatre fois plus susceptible de mourir d’un cancer ou du diabète  (1). Néanmoins, l’étude en question dans l’article, ne mentionne pas une risque 4 fois plus élevée, mais 73 fois plus élevée de mourir d’un cancer avec une consommation élevée en protéine. Lorsque c’est ingéré avec modération, le risque n’est « plus » que de 23 fois à cause du diabète (entre 10 et 19% de part de protéines dans le total des apports caloriques) par rapport à ceux qui consomment la quantité recommandée de protéines qui est de 6 à 10% des calories totales, environ 50g par jour. De sorte que ce qui est appelé régime à faible apport en protéines équivaut en fait à l’apport protéique recommandé associé à une réduction importante du cancer et de la mortalité globale pour les personnes de moins de 65 ans. Pour les personnes de plus de 65 ans, ce qui est valable pour le diabète ne l’est plus pour le cancer ou la situation s’inverse quelque peu. Pour conclure, cette étude suggère un apport réduit en protéines à l’âge mûr suivi d’une consommation modérée à forte pour les personnes plus âgée (65+) peut optimiser la durée de vie en bonne santé ainsi que la durée de vie tout court (2).
Il a été suggéré que les recommandation journalières en protéine soient de 0,8g/kg pour une personne saine. Peut être que cette recommandation est trop faible pour les personnes plus âgée. (3).
Bien qu’il y soit suggéré que les personnes âgées peuvent avoir des besoin protéiques plus élevés, il n’y avait tout simplement pas assez de preuves pour faire des recommandations différentes (4). L’étude définitive, sortie en 2008 n’a trouvé aucune différence significative dans les besoins entre les jeunes et les vieux. Les mêmes recommandations journalières devraient être suffisantes pour les personnes âgées  (5).
Adéquat, ne voulant pas dire apport optimal. Les études sur les besoins en protéines ne considèrent pas la possibilité qu’un apport protéique bien au dessus des recommandations journalières pourrait se révéler bénéfique pour la santé (étude issue d’un membre du Whey Protein Panel (groupe des protéine issue du lait) et consultant de l’association des éleveurs bovins (Cattlemens’s Beef Association))  (6).
Des chercheurs ont suivis des individus sédentaires de plus de 65 ans, qui perdent environ 1% de masse musculaire par an (7). Que plus on vieillit, lorsqu’on est alité, la perte de masse musculaire devient de plus en plus importante (8).
Une étude similaire conduite sur 12 ans au Japon a conduit à des résultats différents, en désaccord avec l’étude américaine précédente (également de 12 ans). Elle a constaté que les pertes musculaires liées à l’âge étaient triviales. La différence est que les patients avaient été informés sur les résultats de leur force musculaire et ont souvent essayé de l’améliorer en s’entrainant avant leur prochain test. Surtout les hommes, qui sont devenus tellement compétitifs que leur masse musculaire a en fait augmenté avec l’âge. Ce qui montre que la perte de masse musculaire avec l’âge n’est pas inévitable, il suffit de faire de l’exercice pour la garder (9).
L’ajout de protéines ne semble pas aider (ajout de blanc d’œufs à la diète), n’a pas influencé les réponses musculaires suite à un travail de résistance (de plus les résultats sont financés par l’industrie américaine des œufs eux mêmes (American Egg Board)) (10). L’industrie laitière (conseil national des produits laitiers) n’a pas fait mieux. Les améliorations dans la composition corporelle produite par la musculation, force, taille musculaire et le fonctionne physique ne sont pas améliorés lorsque les personnes âgées augmentent leur apport en protéines soit par l’ingestion d’aliments à teneur protéiques plus élevée ou via des suppléments protéiques (11).
La solution pour conserver, protéger les muscles lors du vieillissement trouverait sa solution dans la consommation de végétaux. Consommer les niveaux recommandés de légumes a été associée avec la moitié des risques de se retrouver avec une faible masse musculaire. Cela est dût aux effets alcalinisants des légumes qui peuvent neutraliser l’acidose métabolique légère qui se produit avec l’âge. Il se pourrait que ce soit se léger surplus d’acide dans le corps qui faciliterait la dégradation musculaire (12). Le fait que l’atrophie musculaire semble être une réponse adaptative à l’acidose (13).
Avec le temps, une légère acidose chronique s’installerait au fur et à mesure du vieillissement parce que nos reins commencent à s’affaiblir et parce que peut être nous avons un régime alimentaire qui favorise la production d’acide, c’est-à-dire un régime riche en poisson, porc, poulet, fromage, viandes et œufs (dans l’ordre d’acidité décroissante) et pauvre en fruits et légumes (14). Les légumineuses (haricots notamment, les lentilles ont un indice PRAL de 2,1 par contre donc acidifiant) sont la seule source importante de protéines qui forme un milieu alcalin au lieu d’acide.
Un régime plus alcalin ou à base de plantes est positivement associé à une meilleure masse musculaire chez les femmes âgées de 18 à 79 ans (15).
S’il est recommandé d’augmenter la consommation de protéines après l’âge de 65 ans, il serait plus judicieux de manger des protéines à base de plantes pour se protéger de la fragilité associée avec l’âge. Peu importe l’âge, un régime essentiellement à base de plantes est susceptible de promouvoir la santé dans tous les groupes d’âge (2).

  1. The Guardian – Diets high in meat, eggs and dairy could be as harmful to health as smoking – 2014
  2. M E Levine, J A Suarez, S Brandhorst, P Balasubramanian, C W Cheng, F Madia, L Fontana, M G Mirisola, J Guevara-Aguirre, J Wan, G Passarino, B K Kennedy, M Wei, P Cohen, E M Crimmins, V D Longo.Low protein intake is associated with a major reduction in IGF-1, cancer, and overall mortality in the 65 and younger but not older population. Cell Metab. 2014 Mar 4;19(3):407-17.
  3. J Bauer, G Biolo, T Cederholm, M Cesari, A J Cruz-Jentoft, J E Morley, S Phillips, C Sieber, P Stehle, D Teta, R Visvanathan, E Volpi, Y Boirie. Evidence-based recommendations for optimal dietary protein intake in older people: a position paper from the PROT-AGE Study Group. J Am Med Dir Assoc. 2013 Aug;14(8):542-59.
  4. W M Rand, P L Pellett, V R Young. Meta-analysis of nitrogen balance studies for estimating protein requirements in healthy adults. Am J Clin Nutr. 2003 Jan;77(1):109-27.
  5. W W Campbell, C A Johnson, G P McCabe, N S Carnell. Dietary protein requirements of younger and older adults. Am J Clin Nutr. 2008 Nov;88(5):1322-9.
  6. E Volpi, W W Campbell, J T Dwyer, M A Johnson, G L Jensen, J E Morley, R R Wolfe. Is the optimal level of protein intake for older adults greater than the recommended dietary allowance? J Gerontol A Biol Sci Med Sci. 2013 Jun;68(6):677-81.
  7. W R Frontera, V A Hughes, R A Fielding, M A Fiatarone, W J Evans, R Roubenoff. Aging of skeletal muscle: a 12-yr longitudinal study. J Appl Physiol (1985). 2000 Apr;88(4):1321-6.
  8. D Paddon-Jones, H Leidy. Dietary protein and muscle in older persons. Curr Opin Clin Nutr Metab Care. 2014 Jan;17(1):5-11.
  9. H Shimokata, F Ando, A Yuki, R Otsuka. Age-related changes in skeletal muscle mass among community-dwelling Japanese: a 12-year longitudinal study. Geriatr Gerontol Int. 2014 Feb;14 Suppl 1:85-92.
  10. H B Iglay, J W Apolzan, D E Gerrard, J K Eash, J C Anderson, W W Campbell. Moderately increased protein intake predominately from egg sources does not influence whole body, regional, or muscle composition responses to resistance training in older people. J Nutr Health Aging. 2009 Feb;13(2):108-14.
  11. W W Campbell, H J Leidy. Dietary protein and resistance training effects on muscle and body composition in older persons. J Am Coll Nutr. 2007 Dec;26(6):696S-703S.
  12. J Kim, Y Lee, S Kye, Y S Chung, K M Kim. Association between healthy diet and exercise and greater muscle mass in older adults. J Am Geriatr Soc. 2015 May;63(5):886-92.
  13. B Dawson-Hughes, S S Harris, L Ceglia. Alkaline diets favor lean tissue mass in older adults. Am J Clin Nutr. 2008 Mar;87(3):662-5.
  14. J Pizzorno, L A Frassetto, J Katzinger. Diet-induced acidosis: is it real and clinically relevant? Br J Nutr. 2010 Apr;103(8):1185-94.
  15. A A Welch, A J MacGregor, J Skinner, T D Spector, A Moayyeri, A Cassidy. A higher alkaline dietary load is associated with greater indexes of skeletal muscle mass in women. Osteoporos Int. 2013 Jun;24(6):1899-908.