Cancer et alimentations

Dès 1982, un rapport sur l’alimentation et le cancer a été publié par l’académie national des sciences (USA), le premier rapport institutionnel sur le sujet (1). Le rapport commençait avec des recommandations pour les scientifiques. Les auteurs du rapport conseillaient aux scientifiques de choisir avec soin les mots qu’ils allaient utiliser chaque fois qu’ils n’ont pas une totale confiance en leurs conclusions. L’exemple de la cigarette, pour lequel il était absolument certain que les cigarettes tuaient des gens. Mais si la population avait été persuadée d’arrêter de fumer quand l’association avec le cancer du poumon a été signalée pour la première fois, ces décès par cancer ne se serait pas produits.  Si on attend d’avoir une certitude absolue, des millions de personnes pourraient mourir entre temps. Le public demande maintenant des réponses sur les causes de cancers autres que celles associées au tabagisme. Quels sont ces causes et comment ces cancers peuvent-ils être évités ? Malheureusement, il n’est pas possible de faire des déclarations scientifiques fermes à propos de la relation entre l’alimentation et le cancer. Nous sommes dans cette étape intermédiaire de la connaissance similaire à celle des cigarettes il y a vingt ans. Par conséquent, selon le jugement du comité, il est maintenant temps d’offrir quelques lignes directrices provisoires sur l’alimentation et le cancer (2).
Ce rapport était écrit en 1982, ce fut identique en Europe. Il aurait fallu faire application du principe de précaution. Rapporté aux cancer, ce principe devrait faire mettre l’accent sur le fait que les fruits et les légumes peuvent réduire le risque de plusieurs formes courantes de cancer sachant qu’il n’y a pas de désavantage à manger plus de fruits et de légumes, pas d’effets secondaires.
Par exemple (p252 doc 2), des préoccupations au niveau des viandes transformés avaient été émises en 1982 (2). 30 ans plus tard, cela a été confirmé, la viande transformée était officiellement déclarée cancérogène chez l’homme (3). L’application encore du principe de précaution aurait permis de sauver des vies.
Les résultats de ce rapport basé sur les recherches publiés après les années 40 sur le régime alimentaire et le cancer ont généré un niveau frappant d’incrédulité de la part de la communauté du cancer et l’hostilité pure des gens et des industries dont les moyens de subsistance dépendaient des aliments en question. Au point d’accuser l’un des auteurs du rapport de tuer des gens (4).
L’American Meat Science Association et d’autres membres du Conseil de la Science et Technologies Agricoles ont critiqués le rapport de 1982. L’argumentation était que oui, peut-être que ça sauverait des vies, mais les recommandations de réduire la consommation de viande réduiraient fortement les revenues des industries du bétail et de transformation de la viande (p13 ou p21 pdf). Les industries des fruits et légumes bénéficieraient clairement si les consommateurs devaient en suivre les lignes directrices. Cependant les fruits et les légumes ne comptent que pour moins de 15% des recettes monétaires. La majeure partie de l’argent vient des bovins, porcs, produits avicoles,  céréales fourragères et cultures oléagineuses (p14 ou p22 PDF). Peut-être que ce n’est pas la viande qui cause le cancer pour l’industrie de la viande, mais la consommation de marijuana que les gens fument quotidiennement (p29 ou p37 PDF). Vous ne pouvez pas nous dire de supprimer la viande « L’un des rares plaisirs restant à l’humanité est celui de la table » (p39 ou p47 PDF). « Le jour ou la nourriture a été Déclarée un Poison » . (Titre de Thomas H. Jukes qui a découvert que la croissance des volailles pouvait être accéléré avec des antibiotiques) qui demande comment l’Académie Nationale des Sciences ose-t-elle recommander aux gens de manger tous les jours des fruits, légumes et des grains entiers, qu’on a dit contenir des composés encore non identifiés qui peuvent nous protéger contre certains cancers. Comment peut-on sélectionner des aliments contenant des composés non identifiés ? Ce n’est pas une recommandation scientifique; Ça ressemble à de la littérature de « magasin d’aliments de santé » (p42 ou 50 PDF).Comment peut-on prétendre qu’un régime aussi abondant cause le cancer ?  Peut-être êtes-vous tous jaloux de toute la bonne nourriture que nous mangeons, comme les puritains qui condamnaient l’appatage des ours, non pas à cause de la douleur infligée à l’ours  mais à cause du plaisir que cela donnait aux spectateurs (p47-48 ou p55-56 PDF). Un fait souvent négligé dans le régime alimentaire, dans la relation entre la maladie et la graisse est le fait que les tissus humains produisent de grandes quantités de graisses. Comment la graisse animale peut être mauvaise pour nous, si les femmes qui allaitent en produisent autant. Comment pouvons-nous être intolérant à propos de la graisse et particulièrement de la graisse animale, spécialement quand celle-ci est très similaire ? (p69 ou p77 PDF) (5). Ces arguments aussi drôles qu’ils peuvent l’être sont encore utilisés aujourd’hui (notamment dans le reportage « Le lait Mensonges et vérités » via le professeur Jean-Michel Lecerf qui va donner comme argument phare « l’aspect symbolique de l’aliment« , c’est un bon ).
Avec les dernières découvertes scientifiques sur la nutrition et le cancer, les recommandations sont de manger plus de fruits et légumes. Que la consommation de produits à base de soja peut non seulement réduire le risque de développer un cancer du sein mais augmente aussi les chances d’y survivre. De réduire (ou mieux supprimer) de son alimentation les produits laitiers pour réduire le risque de cancer de la prostate, l’alcool pour réduire le risque de cancer de la bouche, gorge, œsophage, côlon, rectum et sein. Éviter la viande rouge et la viande transformée pour réduire le risque de cancer du côlon et du rectum. Et éviter les produits (végétaux ou animaux) frits, cuits au barbecue ou grill pour réduire le risque de cancer du côlon, rectum, sein, prostate, rein et pancréas  (6). Pour faire simple, d’éviter totalement les produits animaux dans le meilleur cas ou réduire un maximum leurs consommations en privilégiant les fruit, légumes, légumineuses… complets.
Nous ne pouvons pas attendre l’évolution du consensus scientifique. Jusqu’à ce que nous en sachions plus pour nous protéger nous et nos familles. Tout ce que nous pouvons faire, c’est agir selon les meilleurs données disponibles actuellement (6).

Recommandations fruitières

Une étude a étudié la prolifération de cellules cancéreuses exposées à des concentrations croissantes d’extraits des 11 fruits les plus consommées aux États-Unis (qui reste très commun à l’Europe encore une fois). Ils ont choisi d’utiliser le cancer du foie humain pour cette étude. Si on dépose de l’eau (élément de contrôle) sur ces cellules cancéreuses, rien ne se produit. Elles débutent une croissance de 100% et continuent de croitre au même rythme (100%). L’ananas, l’orange et la poire ne font pas mieux. La pêche , à forte concentration, permet une diminution d’environ 10% des cellules cancéreuses. La banane et le pamplemousse ont quatre fois mieux en abaissant ce taux à 40%. Puis vient le raisin rouge, la fraise et la pomme qui réduisent de 50% avec seulement une demie dose. Deux fruits sortent du lot en étant responsable d’une chute dramatique de la prolifération des cellules cancéreuses à faible dose. Ces fruits sont le citron et la canneberge (7).

  1. Campbell TC. Nutrition and Cancer: An Historical Perspective.-The Past, Present, and Future of Nutrition and Cancer. Part 2. Misunderstanding and Ignoring Nutrition. Nutr Cancer. 2017;69(6):962-968.
  2. National Research Council (US) Committee on Diet, Nutrition, and Cancer. Diet, Nutrition, and Cancer. National Academy Press (US). 1982.
  3. Bouvard V, Loomis D, Guyton KZ, et al. Carcinogenicity of consumption of red and processed meat. Lancet Oncol. 2015;16(16):1599-600.
  4. Campbell TC. The Past, Present, and Future of Nutrition and Cancer: Part 1-Was A Nutritional Association Acknowledged a Century Ago?. Nutr Cancer. 2017;69(5):811-817.
  5. Council for Agricultural Science and Technology. Diet, Nutrition, and Cancer: A Critique. CAST Special Publication No. 13. 1982.
  6. Gonzales JF, Barnard ND, Jenkins DJ, et al. Applying the precautionary principle to nutrition and cancer. J Am Coll Nutr. 2014;33(3):239-46.
  7. J. Sun, Y.-F. Chu, X. Wu, R. H. Liu. Antioxidant and antiproliferative activities of common fruits. J. Agric. Food. Chem. 2002 50(25):7449 – 7454