Les bains de forêts où une aide contre le cancer.
Existe-t-il des effets bénéfiques sur la santé du fait de l’exposition à la nature ? Notre espèce a séjourné la plus grande partie de son temps sur terre dans la nature (99,99% du temps). La question est de savoir, s’il y a un bénéfice sur la santé à y retourner de temps à autre (1). Des urbanistes se sont posés la question de savoir si des personnes vivants dans des zones vertes étaient ou non en meilleur santé. Dans un environnement plus vert, c’est à dire ayant plus d’espace vert comme des parcs, les gens signalent moins de symptômes de maladie. et sentent avoir une meilleure santé générale, mentale et physique. Et de manière non négligeable, puisque 10% d’espaces verts en plus crée du nombre de symptômes comparable à un rajeunissement de 5 ans. Ceci étant une hypothèse. Cependant, trois mécanismes potentiels pourraient expliquer ce bénéfice important. Plus d’espaces verts, signifie une pollution moindre de l’air, permet d’offrir plus d’opportunités de faire du sport, ou alors, que quelque chose de spécial se passe lorsqu’on est dans un espace vert (2). Deux de ces points peuvent facilement être expliquer. La pollution de l’air est la cinquième cause de mort sur la Terre. Causant a elle seule, cinq millions de décès environ par an, bien que le régime alimentaire reste le premier facteur de risque (3). Mais également, que les espaces naturels favorisent les comportements sains plutôt que d’avoir des effets spécifiques et directs sur la santé (difficile de faire du jogging quand il n’y a pas de parc par exemple). Mais à part la promotion d’activités saines, l’exposition à des environnements naturels a-t-elle des effets bénéfiques ? (4).
Ces effets ont été testés par des études relativement simples. Dans une étude, ils ont trouvés une corrélation entre la végétation non arbustive et le taux de réussite scolaire (5). Ou alors comme la vue d’une chambre, qui peut influencer la récupération après une chirurgie. Les patients opérés ayant des chambres ayant vu sur une scène plus naturelle restaient moins longtemps à l’hôpital, prenaient moins d’antidouleurs que des patients similaires ayant eu une vue sur un mur de brique (6). De ce fait, l’apport de la vitamine D peut-être écarté sur les effets positifs. Que peut-il donc se passer lorsqu’on regarde les arbres ? Une théorie annonce la vitamine G ou autrement plus parlant en français, la vitamine V(erte) (7). Partant de là, des chercheurs ont fait faire de l’exercice en regardant une vidéo simulant un parcours à travers la verdure avec ses couleurs naturels, et la même vidéo en noir et blanc ou tout en rouge. Pas de différence observés, sauf avec la couleur rouge qui rendait les gens en colère (8). Une autre hypothèse a été d’expliquer cette effet par les fractales (les branches d’un arbres ayant à peu près la même forme que l’arbre lui-même). Les modèles fractals sont présents dans la nature, où on peut voir une cascade de schémas similaires à différentes échelles (9-10). Avec l’observation d’encéphalogrammes, on constate que le cerveau humain semble les apprécier (11).
Mais qu’en dehors des mécanismes inhérents à ces bénéfices, on constate les effets bénéfiques que procure la nature sur l’organisme, la santé. Les bénéfices constatés sont surtout psychologique, les bénéfices physiques sont moins évidents (12). Avec des études simples comme les changements d’humeurs lors d’observations soit d’une structure organique ou synthétique (13).
Néanmoins, plus que des changements d’humeurs, on a pu observer des changements objectifs sur les effets des niveaux de l’hormone de stress, la cortisol dans la salive de ceux participants à des « bains de forêts ». Le niveau de cortisol dans la salive étant considéré comme un indicateur du niveau de stress. Et, après avoir marché dans un forêt, comparé à une marche urbaine, ou simplement observer dans les deux mêmes cas. Comparativement, les niveaux de cortisol dans la salive des gens étant plus bas chez les gens du groupe de la forêt (fig.3), mais le plus curieusement, c’est que ce même effet a été trouvé avant qu’ils aillent en forêt (fig.2). Le bain de forêt était associé avec significativement moins de cortisol dans la salive, autant avant qu’après par rapport à ceux visitant une aire urbaine. Il semblerait que le simple fait de penser à passer la journée en forêt, suffit à diminuer le stress. Montrant ici, que l’effet placebo de l’anticipation peut jouer un rôle plus important en influençant les niveaux de stress comparativement à l’expérience de base qui était une marche physique dans les lieux respectifs. Les visites dans des forêts sont responsable d’une augmentation des cellules tueuse permettant d’avoir une certaine immunité contre les cancers (14).
Les bains de forêts et l’immunité cancéreuse
On peut voir avec cette étude, que la fonction immune a été augmentée. L’étude consistait en douze homme pour marcher en forêt durant un long week-end. Et presque tous les sujets (11/12) ont montré une activité plus élevée de cellule naturelle tueuse après le voyage et pas seulement une petite augmentation, qui représentait environ 50% de plus après le périples en comparaison d’avant le voyage (fig.1). L’exercice seul peut affecter la fonction immune et ils ont été emportés ailleurs que dans des forêts (15). D’autres études ont donc randomisé les sujets pour aller en voyage dans une ville versus dans une forêt pour voir s’il y a des effets spéciaux pouvant être attribué à la forêt seule (16).
Une étude mieux menée, dans lequel il existe un groupe de contrôle. Il s’avère alors, que visiter une forêt, mais pas une ville, augmente l’activité des cellules tueuses naturelles (fig.1). Les deux voyages ont été associés à l’activité physique, l’alcool et d’autres activités pouvant affecter la fonction immune. On a donc une confirmation ici de l’augmentation de l’immunité, mais seulement pour les voyages en forêt, indiquant que le bain de forêt améliore en effet l’activité des cellule tueuse naturelle. De plus, ils ont trouvé que l’activité augmentée durait jusqu’à 30 jours après le voyage (fig.1). Suggérant qu’une promenade mensuelle en forêt pourrait être capable de maintenir une activité correcte des cellules tueuses naturelles (17).
Il s’agit maintenant de connaître le mécanisme, la raison qui fait que les « bains de forêts » boost l’immunité anti-cancer. Pourquoi cette activité cellulaire est-elle stimulée ? L’idée première est que cette stimulation peut être liée à une réduction du stress. La mesure du taux d’adrénaline dans le corps des gens, on voit une chute significative (fig.9) (16-17). Peut-être encore s’agit-il d’une exposition à certains corps étrangers différents de ceux qu’on peut trouver dans des environnements synthétiques modernes (« old friends » dans le texte) comme les microbes, bactéries (18). Mais peut-être s’agit-il simplement des plantes en elles-mêmes, voir les odeurs de la forêt. Sachant que les arbres produisent des composés aromatiques volatiles appelés phytoncides (17). Mais ces composés arrivent-ils dans le flux sanguin ? Une heure en forêt et on multiplie par 6 les taux de pinène circulant dans tout notre système (fig.4) (19). Et on voit que les phytoncides induisent l’activité des cellules tueuses. Si on met des cellules tueuses naturelles dans une boîte de Pétri, avec des cellules de leucémie, les tueuses peuvent éliminer quelques cellules cancéreuses. Mais si on ajoute un peu de cyprès, de cèdre blanc, d’eucalyptus ou de pin, les cellules cancéreuses tombent comme des mouches (20). Chez les souris, un mélange d’arômes boisés ont stimulé leur guérison qui y ont été soumises (21).
Un test permettant de voir si c’était vraiment les senteurs de la forêt, via la vaporisation d’huile essentielle d’un des arbres dans une chambre d’hôtel pendant une nuit. Ça a fonctionné, avec une hausse notable de l’activité des cellules tueuses naturelles (fig.2) (22), mais ça n’a boosté que leur activité et non leur nombre alors qu’être en forêt fait les deux (fig.1) (15). Les chercheurs pensent que ces composés peuvent jouer un rôle dans le fait que les régions plus fortement boisées au Japon semblent avoir des taux de mortalités moindres pour le cancer du sein ou de la prostate (fig.1) (24). Il a été montré que passer du temps dans la nature est une importante stratégie d’adaptation parmi les patients cancéreux, il se trouve que cela pourrait aider plus que juste pour l’adaptation grâce aux senteurs des arbres (25).
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