Combiner les protéines, un mythe bien ancré

Combiner les protéines, principe que l’on peut encore lire dans des cours de diététique ou médecine. Pourtant, cette théorie a été réfutée dans les années 80 par l’instigateur lui même.
Les protéines contiennent des acides aminés essentiels, que notre corps ne peut fabriquer (tout comme d’autres animaux) et qu’il doit obtenir via l’alimentation. Tous les acides aminés essentiels proviennent de plantes et microbes. Toutes les protéines végétales ont tous les AAE.
La seule protéine incomplète est la gélatine qui ne contient pas la tryptophane. Quel que soit le régime alimentaire, la couverture moyenne en protéine est environ de deux fois les besoins quotidiens en ce qui concerne la quantité de protéine (1).
En terme de qualité, le concept de la protéine végétal inférieure est née d’une étude de 1912 réalisée sur des rongeurs. L’étude montre que des bébés grandissent moins bien avec des plantes (2). Mais les bébés rats se développent moins bien avec du lait maternel également (3). La comparaison n’a pas lieu d’être, elles sont ridicules car le lait de rat contient dix fois plus de protéines que le lait maternel car il grandit aussi bien plus vite (environ dix fois plus vite) que les bébés humains (4).
L’idée reçue sur le fait qu’il fallait combiner les protéines végétales est apparue avec Frances Moore Lappé en 1971. Cette erreur fut réfutée depuis des décennies aussi bien par son auteur que la communauté scientifique. Ce mythe des protéines végétales qui sont incomplètes, imparfaites et que l’on doit les combiner des protéines aux repas. Ces concepts ont été rejetés comme mythes. Les végétaliens/végan ou autres régimes à base de végétaux complets n’ont pas à se préoccuper de déséquilibre en acides aminés avec les protéines végétales de leur régime (5).
Pourtant, son existence est toujours visible chez des professionnels de la santé (que ce soit envers des patients ou formant d’autres personnes). Le docteur McDougall a appelé l’Association Américaine du Cœur (AHA : American Heart Association) pour l’aspect complet des protéines végétales (6). l’AHA a corrigé et reconnue que les protéines végétales peuvent fournir tous les acides aminés essentiels sur leur site à la page Vegetarian Diets. L’ADA (American Diétetic Association) le reconnait également (7).
Le corps permet d’avoir des réserves d’acides aminés libres qui peuvent être utilisés pour faire toute la complémentarité dont nous avons besoin (8).
De plus, notre corps recycle les protéines de notre corps. En effet, chaque jour des protéines sont déversées dans le tube digestif (environ 90g) qui sont ensuite décomposées et réassemblées pour que le corps puisse combiner les acides aminés aux proportions nécessaires quelque soit la nourriture ingérée (9). Il est de ce fait presque impossible de concevoir un régime d’aliments végétaux complets mais carencés en protéines (6). Comme écrit précédemment, les végétaliens/végan ou autres régimes à base de végétaux complets n’ont pas à se préoccuper de déséquilibre en acides aminés avec les protéines végétales de leur régime (5).

  1. N Rizzo, K Jaceldo-Siegl, J Sabate, G E Fraser. Nutrient Profiles of Vegetarian and Nonvegetarian Dietary Patterns. Journal of Academy of Nutrition and Dietetics. 2013 Dec;113(12):1610–1619.
  2. T B Osborne, L B Mendel. Amino-acids in nutrition and growth. Abtlerhdden: Zeitschr. f. phvsiol. Chem., Ixxvii, p. 27, 1912.
  3. T A Davis, H V Nguyen, R Garcia-Bravo, M L Fiorotto, E M Jackson, D S Lewis, D R Lee, R J Reeds. Amino acid composition of human milk is not unique. J Nutr. 1994 Jul;124(7):1126-32.
  4. P Sengupta. The Laboratory Rat: Relating Its Age With Human’s. Int J Prev Med. 2013 Jun;4(6):624-30.
  5. V R Young, P L Pellett. Plant proteins in relation to human protein and amino acid nutrition. Am J Clin Nutr. 1994 May;59(5 Suppl):1203S-1212S.
  6. J McDougall. Plant foods have a complete amino acid composition. Circulation. 2002 Jun 25;105(25):e197; author reply e197.
  7. Position of the American Dietetic Association: Vegetarian Diets
  8. H N Munro. CHAPTER 34 – Free Amino Acid Pools and Their Role in Regulation. Mammalian Protein Metabolism. 1970. 299–386.
  9. P J Moughan, S M Rutherfurd. Gut luminal endogenous protein: implications for the determination of ileal amino acid digestibility in humans. Br J Nutr. 2012 Aug;108 Suppl 2:S258-63.