La maladie d’Alzheimer

Des millions de personnes souffrent de la maladie d’Alzheimer. Et les traitements disponibles et prévisibles sont au mieux décevants. Compte tenu de l’absence de traitements modificateurs de la maladie, les efforts se sont concentrés sur des stratégies pour la prévention de la maladie en premier lieu. Même si l’on est en mesure de simplement retarder l’apparition ne serait-ce que d’un an, Il serait possible de potentiellement prévenir plus de 9 millions de cas au cours des 40 prochaines années (34). Une fois les fonctions cognitives perdues chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer, elles peuvent être perdues à jamais. Par conséquent, pour la maladie d’Alzheimer, la prévention, plus que le traitement parait être une stratégie plus réaliste pour compenser l’impact catastrophique de cette démence (32). Des preuves considérables indique maintenant que la maladie d’Alzheimer est avant tout un trouble vasculaire, sur la base d’un certain nombre de preuves qui indiquent une mauvaise circulation du sang vers le cerveau (26). Les facteurs de risques tels que l’hypercholestéromie peuvent être considérés comme une bombe à retardement pour la maladie d’Alzheimer (25). Ce qui est mauvais pour le cœur peut être mauvais pour l’esprit (33).

Une maladie génétique ?

Les taux de démences diffèrent grandement dans le monde entier. Les niveaux les plus bas sont en Afrique et en Inde, en Asie du Sud. Les niveau les plus élevés sont en Europe occidentale et en Amérique du Nord (Table 2) (1). La maladie d’Alzheimer serait-elle seulement génétique ? L’incidence de démence d’Alzheimer est significativement plus faible chez les Africains du Nigeria que chez les Afro-Américains d’Indianapolis. Elle est même jusqu’à 5 fois plus faible (2). Le taux d’Alzheimer des Japonais Américains qui habitent aux États-Unis est plus proche de celui des américains que des japonais. Quand les gens de quelque groupe ethnique migrent aux États-Unis, les risques de maladie d’Alzheimer peuvent augmenter de façon draconienne (3). Ainsi, lorsque les africains ou les asiatiques vivent aux États-Unis et adoptent un régime alimentaire occidental, l’augmentation des risques suggère que la génétique n’y est pour rien (4).

Il n’est pas utile d’aller en Occident pour y adopter son régime alimentaire. La démence au Japon a escaladé au cours des dernières décennies (fig.1). Les mécanismes pour expliquer cette hausse comprennent une augmentation du cholestérol, des graisses saturées et du fer due à une augmentation de la consommation de produits d’origine animale. Les régimes traditionnels sont majoritairement constitués de végétaux tels que les grains, et contiennent peu de produits d’origine animale. Mais depuis 1960, le régime alimentaire au Japon est allé d’une alimentation traditionnelle à base de riz à une alimentation plus riche en viande. De 1968 à 2008, la consommation de viande et de graisse animale a considérablement augmenté tandis que la demande en riz a chuté (Table 2). Le facteur alimentaire le plus fortement associé à la montée de la maladie d’Alzheimer au Japon est la hausse de consommation de graisse animale (5). Une analyse similaire effectuée en Chine en est arrivée à la même conclusion.

En se basant sur ces constats, on verra le taux de la maladie d’Alzheimer et de la démence continuer à augmenter à moins que les habitudes alimentaires ne changent vers une plus faible consommation de produits d’origine animale (5). Cette suggestion va dans le sens des données montrant que les végétariens apparaissent 2 à 3 fois moins susceptibles de devenir déments. Plus longtemps on est végétarien, plus le risque de démence diminue (Table 3) (6). Dans le monde entier, l’Inde rurale comprend le taux de maladie d’Alzheimer le plus bas. Là ou ils mangent peu de viande et beaucoup de grains et de haricots. De plus, leur régime est riche en glucides (7). Il est donc possible que la protection que semble apporter le riz contre la maladie d’Alzheimer soit causée par la chute de la consommation de riz et d’une augmentation de la consommation de viande (5). Mais d’autres études de population ont constaté que  les céréales semblent protéger contre la maladie d’Alzheimer (8). En d’autres termes, ne laissez pas tomber les grains, mangez-les afin de protéger votre cerveau (9).

 

Le commencement

En 1985, un pathologiste suisse a noté des changements similaires à la maladie d’Alzheimer, des plaques et enchevêtrements dans le cerveau d’environ les ¾ d’un petit groupe d’hommes et de femmes morts d’autres causes entre 50 et 70 ans (10), alors que la plupart des cerveaux recueillis avant l’âge de 30 ans étaient propres (11). Mais ces études n’ont impliqués que quelques dizaines de personnes. En se basant sur des milliers d’autopsies, on peut voir ce qui semble être les premiers stades silencieux commençant même entre 20 et 30 ans dans environ 10% de la population, et environ 50% avant l’âge de 50ans. Tout comme les premières cellules malignes du cancer ne produisent aucun symptôme cliniquement détectable, mais représentent un processus de maladie plus important et potentiellement mortel, la présence de ces enchevêtrements dans le cerveau peut constituer une véritable menace (12).

La forte prévalence du premier stade de la maladie, même chez les jeunes, et sa durée extraordinairement longue (la plupart des gens ne recevant pas un diagnostic d’Alzheimer avant 70 ans) n’avait pas été pleinement reconnu jusqu’à présent (13). Nous comprenons maintenant que des changement neurodégénératifs cérébraux comment dès qu’on atteint un certain âge. Et le déclin cognitif aussi (19). Nous commençons à perdre de la fonction cérébrale à la quarantaine (14). Avant un diagnostic d’Alzheimer les gens reçoivent d’abord un diagnostic de ce qu’on appelle DCL, déficience cognitive légère. C’est au moment où le déclin cognitif devient cliniquement apparent. Quelques années plus tard, on peut diagnostiquer la maladie d’Alzheimer, qui ensuite entraine la mort. Mais rien n’était su de ce qui se passait avant que la DCL soit diagnostiqué jusqu’à cette étude de 2007. Il semble y avoir une baisse lente de la fonction cérébrale et l’accumulation de plaques et d’enchevêtrements dans le cerveau pendant des décennies avant que la maladie d’Alzheimer soit diagnostiquée (fig.3) (15). Cette découverte a potentiellement de profondes implications pour la prévention de la sénilité. Il faut commencer tôt, avant qu’une perte notable de cerveau soit produite (16). La bonne nouvelle est que les maladies du cerveau ne sont pas inévitables, même après 100 ans. La femme la plus âgée du monde a gardé la puissance cérébrale de gens qui ont pratiquement la moitié de son âge. Si elle n’était pas morte d’un cancer de l’estomac, elle aurait pu continuer de la même façon (17). Il s’avère que mourir de vieillesse n’existe pas. Plus de 42000 autopsies consécutives ont été étudiées, et les centenaires, même si la plupart étaient considérés en bonne santé juste avant leur mort (même par leurs médecins) avaient succombé à des maladies dans 100% des cas examinés. Aucun n’était mort de « vieillesse ». Jusqu’à récemment, l’âge avancé était considéré comme une maladie en soi, mais les gens ne meurent pas juste parce qu’ils sont vieux, comme on le suppose généralement, mais à cause de maladies, le plus souvent de crise cardiaque (Table 2) (18). Mais pas dans le cas de la dame de 115 ans. L’une des découvertes les plus curieuses a été que son corps n’a montré aucune athérosclérose significative, et aussi que les artères dans son cerveau étaient nettes (17). Cela a peut-être été l’un des secrets de sa clarté mentale. Il y a un consensus qui se développe et qui dit que « Ce qui est bon pour notre cœur est aussi bon pour notre tête » (14).

Les possibles raisons de la maladie

C’est un 1901, année de la découverte de la maladie par le docteur Alzheimer que nous vient un premier indice. Cette même année, Auguste, sa patiente lui ayant permis la découverte de la maladie et qui allait le rendre illustre, fut emmenée dans un asile de fous à Francfort par son mari. Elle avait été décrite comme délirante, perdant la mémoire, désorientée, qui « ne pouvait pas effectuer ses tâches ménagères », constamment apeurées (20)…

À l’autopsie, il a décrit les plaques et les enchevêtrements dans son cerveau qui allaient caractériser la maladie. Mais, noyé dans l’excitation de la découverte d’une nouvelle maladie, un indice a peut-être été négligé. Il a décrit les changements d’artériosclérose  (durcissement des artères dans son cerveau) (21). Car l’athérosclérose n’implique pas uniquement le cœur, mais implique virtuellement tout l’organisme humain, tout notre arbre vasculaire. Et l’un des exemples les plus frappants de cette nature systémique est le lien entre la maladie coronarienne, la maladie cérébrale dégénérative et la démence (22).

Dans les années 70, le concept de démence cardiogénique a été proposé : démence générée par le système cardiovasculaire. Puisque le cerveau vieillissant est très sensible au manque d’oxygène et puisque les problèmes cardiaques sont si communs, il était facile d’imaginer que la démence pouvait en résulter (23). Il y a maintenant un ensemble significatif de preuves qui associe fortement la maladie vasculaire athérosclérotique avec la cause principale de démence, la maladie d’Alzheimer. Les études d’autopsie ont démontré par exemple que les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer avait significativement plus d’athérosclérose rétrécissant les artères dans leur cerveau. On peut observer un fort rétrécissement du flux des artères cérébrales encrassées par la graisse et le cholestérol, fermant les artères, limitant le flux sanguin dans le cerveau (fig.1 B), alors que des artères saines sont ouvertes, propres, permettant une bonne circulation du sang (fig.1 A) (24).

Le flux sanguin cérébral normal au repos, la quantité du flux sanguin circulant dans nos cerveaux, est d’environ 60 à 70 mL/100g/minutes, mais nous perdons un ½% par an, donc, à l’âge de 65 ans, nous pourrions avoir perdu de 15 à 20%, mais cela n’affecte pas nécessairement la fonction cérébrale comme nous avons un tampons intégré. Cependant, ce déclin du flux sanguin cérébral lié à l’âge peut devenir critique pour la survie des cellules du cerveau si une charge supplémentaire réduisait encore plus ce flux (25). Cette réduction du flux sanguin peut priver le cerveau d’oxygène, causer de petits mini-coups silencieux, atrophie cérébrale, rétrécissement, dont les effets cumulatifs semblent jouer un rôle central en accélérant et en augmentant le développement et l’évolution de la maladie d’Alzheimer. Si l’on regarde la quantité d’athérosclérose dans les artères qui fournissent spécifiquement le sang à la mémoire critique et les centre d’apprentissage du cerveau, c’est la quantité d’athérosclérose sévère qu’on voit pour des contrôles en bonne santé non déments par rapport à ceux atteints de la maladie d’Alzheimer (fig.2 D) (24).

À la lumière de ces constatations, certains ont même suggéré que la maladie soit reclassée comme un trouble vasculaire (26). C’est une bonne nouvelle, parce que l’athérosclérose est potentiellement réversible (27). Ces résultats ont été confirmés dans deux études plus importantes : plus de 1000 autopsies chacune, qui ont trouvé la même chose. L’athérosclérose dans le cerveau est significativement plus fréquente et sévère chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Cela suggère que les stratégies prouvées pour retarder la progression de la maladie coronarienne, comme les régimes à base de plantes, peuvent être utiles pour prévenir ou traiter la maladie d’Alzheimer (28,29).

Les études d’autopsie étant un peu tard pour ce genre de test. Donc pour évaluer l’impact du rétrécissement artériel intracrânien sur la progression de la déficience cognitive légère à la maladie d’Alzheimer, les chercheurs ont suivis 400 personnes avec une déficience cognitive pendant quatre ans en utilisant l’angiographie CT (tomodensitométrie spéciale pour évaluer la quantité de blocage de l’artère cérébrale). La cognition de ceux qui ont le moins d’athérosclérose dans la tête est restée plutôt stable au fil des années. Mais ceux qui ont accumulé plus de cholestérol étaient pires, et ceux qui ont eut le plus d’obstructions ont décliné rapidement (fig.1 A). Et la même chose avec la capacité d’effectuer des activités de la vie quotidienne (fig.1 B). Ça a doublé la progression vers la maladie d’Alzheimer (fig.2). Un apport sanguin inefficace au cerveau a des conséquences très graves sur le fonctionnement du cerveau (30).

Mais le traitement des facteurs de risque vasculaire comme l’hypertension artérielle et l’hypercholestérolémie fait-elle réellement une différence ? Une étude avec pour sujets 300 patients atteints de la maladie d’Alzheimer, et ceux avec tous les facteurs de risque vasculaires traités ont démontrés significativement moins de déclin, une progression ralentie de leur maladie, que ceux qui ne sont pas traités (fig.2) (31). Il est dit que « l’objectif de la médecine est de fournir aux patients de l’espoir, et quand il n’y a pas d’espoir, d’offrir sa compréhension ». Pour la première fois dans l’histoire de cette maladie, il est possible de donner de l’espoir aux patients atteints d’Alzheimer (26).

Le cholestérol et les plaques amyloïdes

Traditionnellement, il existe deux théories concurrentes pour la cause de l’Alzheimer, le modèle de la cascade amyloïde qui implique l’accumulation de plaques amyloïdes dans le cerveau (fig.2), et le modèles vasculaire qui soutient que c’est le manque de flux sanguin adéquat vers le cerveau, dû à l’athérosclérose. Les deux théories ne s’excluent pas mutuellement et que la maladie artérielle peut mettre en place un cercle vicieux dans lequel les plaques d’athérome dans les artères peuvent contribuer aux plaques d’Alzheimer dans le cerveau (fig.3) (35).

Bien que parfois dépeint comme équivalent à un poison, le cholestérol est un composant essentiel de toutes nos cellules, mais s’il y en a trop, il peut devenir un facteur majeur de diverses maladies telles que les maladies des coronaires, les AVC et les maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer (36). Il est unanimement reconnu que l’hypercholestérolémie est un facteur de risque pour le développement de la maladie d’Alzheimer (37) et que le cholestérol peut aussi jouer un rôle actif dans la progression de la maladie d’Alzheimer (36).

Les études autopsiques ont montré que les cerveaux atteints d’Alzheimer ont beaucoup plus de cholestérol que les cerveaux normaux (fig2.1 B) (38), et, plus précisément, qu’ils s’accumulent dans les plaques du cerveau malade par Alzheimer (39).

On pensait que les stocks de cholestérol dans le cerveau était séparé de celui de notre sang, mais les preuves du contraire s’accumulent. Par exemple, le LDL peut être en mesure de traverser la barrière hémato-encéphalique dans le cerveau. Ainsi, une alimentation riche en matières grasses peut non seulement augmenter le taux de cholestérol dans le sang, mais aussi l’afflux de cholestérol dans le système nerveux central (40). En outre, une hypercholestérolémie peut même endommager la barrière hémato-encéphalique et permettre à encore plus de cholestérol de passer dans le cerveau, ce qui fournit le chaînon manquant entre le taux élevé de cholestérol et la maladie d’Alzheimer (37).

Les personnes ayant des taux élevés de cholestérol à la quarantaine ont un risque supérieur de développer la maladie d’Alzheimer (24). Un cholestérol de plus de 250 pourrait tripler les risques d’Alzheimer (41). Et maintenant, avec le PET-scan cérébral qui peut corréler directement la quantité de ce qu’on appelle le mauvais cholestérol dans notre sang, avec la quantité d’amyloïde dans notre cerveau (42). Dans une boite de Pétri, l’ajout de cholestérol fait produire plus de substance amyloïde qui compose des plaque d’Alzheimer, tandis qu’enlever du cholestérol peut diminuer le niveau d’amyloïde libéré par les cellules (43). En outre, la dégradation d’amyloïde est moins efficace dans un environnement chargé en cholestérol (42). Le cholestérol peut alors aider à démarrer l’agglutination de l’amyloïde (44). Avec un microscope électronique, il est possible de voir le regroupement des fibres amyloïdes sur et autour de petits microcristaux de cholestérol (fig.2.3 a) (38).

Une fois dans le cerveau, le cholestérol peut également subir une auto-oxydation, provoquant la formation de radicaux libres hautement toxiques (45). On pense donc qu’une hypercholestérolémie augmente le risque de démence non seulement en induisant l’athérosclérose et en altérant le flux sanguin, mais en affectant directement la neurodégénérescence dans le cerveau (46).

L’excès de cholestérol alimentaire pourrait en principe contribuer au développement de la maladie d’Alzheimer, et les preuves reliant le cholestérol élevé à la maladie d’Alzheimer augmentent régulièrement (37).

Une partie de ces travaux ont été financés par les compagnies pharmaceutiques dans l’espoir de capitaliser sur la maladie d’Alzheimer avec les statines, le médicament anti-cholestérol. Ce qui est ironique, étant donné que les statines elles-mêmes peuvent causer des troubles cognitifs. Bien que rares, les effets secondaires des statines peuvent inclure une perte de mémoire à court et long terme, des changements de comportement, des troubles de la concentration et de l’attention, de la paranoïa et de l’anxiété, dès cinq jours après le début du traitement, mais parfois même des mois plus tard, bien qu’on récupère généralement dans le mois qui suit l’arrêt des médicaments (47). Une meilleure stratégie peut-être de modifier les habitudes de vie qui conduisent à des taux élevés de cholestérol, en premier lieu, en particulier les graisses saturées de l’alimentation,  mais, pour les médecins, il ne suffit pas de le dire aux patients individuellement (48). La mise en œuvre systématique de campagnes d’éducation faisant la promotion de changements radicaux des valeurs culturelles et sociétales peut être nécessaire à l’adoption de stratégies pour vaincre la maladie d’Alzheimer par les patients dans un sens plus large et de telles actions peuvent permettre potentiellement de réaliser d’énormes économies en empêchant à la fois les maladies cardio-vasculaires et de la démence (24), qui représentent deux des principales causes de décès.

Comment prévenir la maladie d’Alzheimer via la diététique

En reprenant l’étude sur l’importante augmentation de la démence au Japon au cours des dernières décennies, on avait vu que c’était peut-être l’augmentation des taux d’obésité ou les augmentations du cholestérol, de la graisse saturée, et du fer, dû à une augmentation de la consommation des produits d’origine animale. Globalement, les calories ont augmenté d’environ 10% au Japon, considérant que la consommation de graisses animales et de viande a augmenté de plus de 500% (598%), environ 10 fois l’augmentation de la malbouffe sucrée (Table 2). Et pendant cette période, la consommation de riz a baissé, mais l’idée est que plutôt que le riz blanc ayant un effet protecteur, peut-être qu’ils mangeaient quelque chose de pire à la place (5). Un peu comme comme quand la consommation de poisson est corrélé avec moins de maladie, il est légitime de se demander si c’est parce que le poisson était protecteur, ou si la nouvelle nourriture est plus nocive.

Si l’on observe à travers plusieurs pays, on observe une tendance similaire avec le lien le plus important lié à la maladie d’Alzheimer semblant être la consommation de viande, d’œufs et les produits laitiers riches en matières grasses pouvant également y contribuer. Il semble avoir une corrélation très étroite entre la maladie d’Alzheimer et la quantité de viande par habitant (fig.1). Puis les études au sein des pays révèlent des résultats similaires, avec la maladie d’Alzheimer et le déclin cognitif associé à des régimes charnus, sucrés, gras, alors que la plupart des aliments végétaux étaient associés à une réduction des risques (Table 3). Cela pourrait être pour une variété de raisons que les produits animaux ont tendance à avoir plus de cuivre, de mercure, de plomb et de cadmium, et pas de folate. Mais contiennent des graisses saturées et du cholestérol, et des produits finaux de glycation avancés pro-inflammatoires (Table 4). Tant de mécanismes que la modification diététique semble être la meilleure solution pour réduire le risque de maladie d’Alzheimer. Mais comment est-il possible de savoir que c’est la cause et l’effet, la preuve que la consommation de viande  est causalement lié à la maladie d’Alzheimer. Il y a la force d’association, la cohérence entre différents types d’études, le fait que les changements alimentaires précèdent le risque de démence, la réponse à la dose (plus de viande, plus de risque), un tas de mécanismes plausibles, nous savons que la viande est un facteur de risque pour d’autres maladies chroniques (Table 5) (49).

Lorsqu’on lit les commentaires sur les effets d’endommagement, des régimes riches en graisses, du cerveau et de la cognition, un certain nombre de facteurs sont proposés pour tenir compte d’un régime alimentaire riche en graisses sur les dommages au cerveau. Stress oxydatif, résistance à l’insuline, inflammation, et les changements dans les vaisseaux sanguins et l’intégrité de la barrière hémato-encéphalique. Mais, ils sont principalement basés sur des études effectués sur des rongeurs (Table 1) (50). Oui, les régimes riches en graisses peuvent causer un dysfonctionnement énergétique dans le cerveau, basé sur des techniques IRM sophistiquées (fig.1), mais toujours sur des cerveaux de rats (51).

Lorsqu’on observe les artères dans le cerveau on peut constaté que les artères des personnes âgées non démentes sont non obstruées (fig.2 A) contrairement aux artères des patients souffrant d’Alzheimer qui sont bouché, presque complétement fermé avec des plaques athéroscléreuses remplies de graisse et de cholestérol (fig.2 B) (52). Exactement comme ça avait été observé précédemment (24).

Avec les tomodensitogrammes, il est possible de suivre cette sténose de l’artère intracrânienne, cette obstruction de l’artère cérébrale au fil du temps, et suivre la progression de la déficience cognitive légère jusqu’à la maladie d’Alzheimer. Ceux qui ont seulement une sténose légère étaient assez stable au fil du temps en termes de leur fonction cognitive, ainsi que pour la capacité d’effectuer des activités de la vie quotidienne. Alors que ceux ayant une obstruction modérée, plus d’athérosclérose, ont commencés à décliner au fil des années. Tandis que ceux ayant une forte obstruction des artères cérébrales, beaucoup d’athéroscléroses, ont sombré, dégénéré rapidement (fig.1). Et avaient deux fois plus susceptible d’avoir la maladie d’Alzheimer (fig.2) (30).

La consommation chronique de régimes occidentaux standard, et riche en graisse saturées et en cholestérol, peut compromettre notre intégrité cérébrovasculaire, compromettre les vaisseaux sanguins dans le cerveau. Ici, les auteurs recommandent la médication pour moduler le dysfonctionnement induit par l’alimentation (53). Alors qu’il serait plus simple et judicieux d’essayer ou plutôt de manger plus sainement.

 

 

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